DzActiviste.info Publié le lun 31 Mar 2014

Mohand Saïd Ziad tire sa révérence (Allah yerahmou)

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 Mohand Saïd Ziad tire sa révérence (Allah yerahmou)

Légendaire journaliste, Mohand Saïd Ziad est décédé, hier vers 2h, trois jours après son admission à l’hôpital de Azazga (Tizi Ouzou). Né le 10 février 1934 à Djemaâ Saharidj (Kabylie), le défunt a travaillé dans plusieurs rédactions des médias nationaux avant de se retirer dans son village natal en 1994. Journaliste exemplaire et très estimé dans la corporation, Mohand Saïd Ziad faisait partie d’un quatuor détonant : le maquisard Ali Zamoum, l’écrivain Kateb Yacine et l’artiste peintre M’hamed Issiakhem. Les témoignages à son propos sont éloquents. Boudjemaâ Karèche, ancien directeur de la Cinémathèque d’Alger, témoigne dans une de ses chroniques pour El Watan : «Mohand Saïd Ziad était fort apprécié dans notre milieu, non seulement pour ses articles de qualité, mais aussi pour sa personnalité sympathique et généreuse. Comment donc ne pas rendre hommage à notre ami MSZ qui nous a appris à connaître des gens et des lieux, à aimer notre pays ? Cet homme, qui a terminé sa vie en cultivant des roses en Kabylie, dans son village natal, Djemaâ n’Saharidj, n’a jamais éprouvé ni rancœur ni animosité à l’encontre des patrons de presse qui l’avaient injustement licencié au crépuscule de sa vie. Une grande leçon d’humanité.»

Mohand Saïd Ziad, un parfait anonyme pour les nouvelles générations, était connu surtout pour ses chroniques dans l’hebdomadaire Algérie Actualités dans les années 1980 qui publiait aussi des dessins d’Issiakhem, légendés par Kateb Yacine, ce qui donnait à la publication une certaine insolence. Lors des nombreuses visites qu’il effectuait au bureau d’El Watan Tizi Ouzou, il réitérait sans cesse son intention de reprendre du service, mais hélas, sans réellement se décider. «J’aimerais bien me remettre à écrire, mais je n’y arrive pas pour le moment. Ce sera pour bientôt», disait-il avec un air pensif. Le lecteur d’aujourd’hui aurait certainement apprécié l’éloquence discrète et l’émotion poétique qu’il mettait dans ses écrits.

Avant d’embrasser sa carrière dans la presse à l’âge de 16 ans en qualité de correspondant du journal La Dépêche quotidienne-champion, chargé de la couverture des rencontres de football à Tizi Ouzou, Mohand Saïd Ziad avait suivi sa scolarité à l’école communale puis au collège moderne de Tizi Ouzou. C’est à Paris qu’il fait la connaissance du peintre M’hamed Issiakhem et de Kateb Yacine. Deux ans après l’indépendance, il est recruté à la Chaîne II de la Radio télévision algérienne (RTA) et rejoint, la même année, le service sportif de l’Agence presse service (APS). En 1965, il est affecté à Constantine pour travailler à Ennasr et Révolution africaine. Cinq ans plus tard, il part à Oran pour collaborer au journal La République avant de retourner à Alger pour intégrer la rédaction de l’hebdomadaire Algérie Actualités, où il anime la rubrique «Sagesse du terroir» dont une chronique intitulée «L’âne devenu lionceau» lui a valu une détention d’une semaine en 1985 dans une caserne de la Sécurité militaire à Ben Aknoun. Les responsables politiques se sont reconnus dans l’histoire. De déboire en suspension, Mohand Saïd Ziad décide de prendre sa retraite en 1994. Avec l’arrivée de la presse privée, il avait collaboré au sein l’hebdomadaire Le Pays-Tamurt, publié à Tizi Ouzou, dont le directeur de rédaction était un certain… Ali Zamoum. En novembre dernier, il avait fortement apprécié la visite que l’association des journalistes et correspondants de Tizi Ouzou lui a rendue chez lui, à Djemaâ Saharidj où il repose désormais de son sommeil éternel.


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