DzActiviste.info Publié le mar 18 Fév 2014

Monde arabe : la transition démocratique et le lourd héritage socialiste.

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revolution-arabe-d4707Quatre régimes viennent de chuter jusqu’ici dans le monde arabe.

Benali a fait les frais de la révolution du jasmin en Tunisie et le soulèvement populaire massif du 25 janvier 2011 en Egypte a abouti au départ de Moubarak comme ultime concession faite par le régime pour résister à la fureur populaire et à la chute du régime du moins dans la mémoire collective des égyptiens qui viennent de rejeter unanimement et définitivement la dictature qui perdure grace aux soutiens financiers des monarchies pétrolières du golf sous la ,pression des israéliens par Washington interposé et de l’occident qui voit dans l’accession des freres musulmans au pouvoir une menace certaine pour la sécurité de l’Etat hébreux,et qui entendent à travers leurs aides aux putschistes anticiper su les évènements et prévenir que le printemps arabe ne gagne , tel un feu de foret, la péninsule arabique,déjà mis à l’épreuve des soulèvements du Yemen et de Bahrein réprimés dans le sang par le grand voisin Séoudien se prévalant du pacte de défense mutuelle et ou couve la contestation populaire présageant un mauvais avenir pour le royaume wahabite et prédestinent la monarchie à l’implosion.

D’où cette détermination à se ranger inconditionnellement du coté du coup de force du 03 juillet 2013 indépendamment du caractère incontestablement illégitime de ce dont on veut en faire une révolution contre vent et marée et de la barbarie des nouveau pharaons d’Egypte qui peinent désespérément à convaincre l’opinion publique internationale du caractère salvateur pour le monde libre de cette action en tenant à diaboliser le président Morsy et le gouvernement de Hicham KENDIL pourtant souverainement élus par le peuple pour la première fois dans l’histoire du pays du Nil, sur fond d’agitation de l’épouvantail du terrorisme intégriste.

Mais il parait que le recours par les forces de sécurité à la violence excessive pour juguler la révolution a pris des proportions telles qu’il n’est plus possible pour les grandes capitales occidentales , sollicitées par la diplomatie Egyptienne pour cautionner le putsch ,de l’assimiler à une contre révolution malgré le trucage médiatique et qui n’est en fait que le retour en force du régime de Moubarak avec beaucoup plus d’atrocités que durant son règne …

Sissi,le ministre égyptien de la défense ,homme fort du régime et imposture de Morsy,convaincu que ses tentatives de séduction des grandes capitales ne semblent pas aboutir au résultat escompté , est en pèlerinage à Moscou apparemment pour négocier un contrat d’armement mais au fait dans le but de persuader « Poutine »de placer l’Egypte dans le prolongement de la Syrie sur l’échiquier russe.Surtout qu’à l’intérieur l’étau se resserre au fur de la recrudescence des manifestations pronant le retour à la légitimité et la libération des détenus politiques.

Humilié ou pas par « Poutine »,Sissi n’a d’autres soucis que de sauver sa peau d’une fin tragique semblable à celle de KADAFI et de SADAM HUSSEIN, l’autre tartuffe de l’arabisme tout autant que le fut NASSER D’égypte.

Pris dans le piège pour avoir suivi les conseils de HEIKEL ,le chantre du communisme de l’intelligentsia arabe qui a à son palmarès la culture de la fracture sociale relayé par une ligue arabe dont la finalité parait ne pas etre la prise en charge les difficultés ,les contradictions et les incohérences des Etats membres , Sissi n’a d’autre alternative qu’à faire en sorte à ce que l’Egypte sombre dans la guerre civile et d’accentuer la violence à cet effet et au regard de laquelle la contestation pacifique perd tout son sens, en attendant de songer à une issue honorable pour quitter le pouvoir et échapper ainsi au sort de MILLOSEVIC.

En annonçant sa candidature aux présidentielles, Sissi vient d’ajouter un nouveau paramètre dans l’équation déjà irrésoluble du pouvoir.

En effet, il vient de se fourvoyer dans un sérieux dilemme :

S’il opte pour le siège présidentiel , il serait contraint de quitter l’institution militaire et deviendrait ainsi vulnérable et perd son dernier retranchement qui lui assure jusque-là une sécurité provisoire avant l’issue fatale étant donné qu’il serait automatiquement remplacé –si ce n’est déjà fait à en croire certaines rumeurs-

S’il renonce ,cette attitude risque d’etre interprétée comme une trahison par ceux qui l’ont jusque-là soutenu à la grande joie non seulement des freres musulmans qui mettent les bouchées et sont plus que jamais déterminés à maintenir la pression pour rétablir la légitimité, mais également des »baltaguias » de l’armée et du ministère de l’intérieur qui cautionnent le putsch et qui en sont eux-memes victimes en répondant à l’appel de Sissi le 03 juillet 2013 dans une Egypte qui traine les tares du sinistre règne de Nasser.

Les lybiens tout autant que les irakiens n’ont pas fait la révolution bien qu’ils l’ont souhaitée et se réjouissent de la chute de deux des plus grands tyrans car la coalition s’est substituée aux deux peuples pour mettre fin au règne de ces deux barbares caractériellement sadiques et moralement pervers et qui se croyaient indéboulonnables et pour lesquelles les ressources ont contribué au moins pour une fois à les soulager de leurs atrocités.

Conjugué à la fin tragique de NERON de lybie et SADAM EL OUROUBA, le drame syrien prouve, si besoin est, que la transition démocratique dans les pays satellites de l’ex-URSS ne peut se faire que douloureusement dans le chaos, car surmonter plusieurs décennies de persécution et de tyrannie est loin d’etre une phase rudimentaire du processus de transition mais constitue un défi qu’il faut gérer séparément au préalable avant la poursuite du processus en question surtout les régimes s’appuyant sur une classe politique nostalgique et profondément attachée au socialisme caduc et ayant fait de leur peuple des prolétaires dans leur propre pays comme substitut à une dynamique de la pensée et destinés à un long et rude combat libérateur dont ils sont encore loin d’en avoir payé le tribut .

Les plus optimistes parmi nos intellectuels parlent de regain de conscience dans une société arabe jusque-là considérée impotente et irrécupérable et comme coupée des réalités internationales, tandis que d’autres parmi les relais des régimes arabes trouvent à redire en imputant le sursaut libérateur de la rue arabe aux impératifs de l’agenda US.

Cette controverse à propos de la question démocratique procède justement de l’esprit qui fait de tout souffle novateur une subversion et est la preuve de la décadence de la pensée arabe.
En algérie,il a fallu que 250 mille citoyens payent de leur vie pour que le système daigne enfin reconnaitre aux algériens le statut de peuple.

Malek BENNABI (Allah yarhamou) n’a pas réussi à éveiller la conscience nationale dont pourtant la pensée est aisément perceptible ailleurs par ce qu’il s’adressa à une élite qui en fait n’existe pas en tant que telle au lieu de composer avec le citoyen, le sensibiliser, l’éduquer pour le rendre apte à faire face aux grands défis aussi bien intérieurs qu’extérieurs.

Un second 1er novembre est plus que nécessaire pour la restructuration de la société algérienne afin qu’elle ne reste pas l’écart des bouleversements géostratégiques régionaux.

Ce schéma meme si au demeurant touche les pays en phase de mutations socio-politiques reste le dénominateur commun de tous les pays arabes y compris ceux dont les régimes sont en sursis de rupture.Excepté la Tunisie qui ,pour beaucoup de facteurs, a déjà franchi la phase critique de ce parcours et semble prendre déjà son destin en main.

HAMMANA Mahmoud
15 février 2014, 18:55


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