DzActiviste.info Publié le dim 7 Fév 2016

Monsieur Devaurien, on le lèche, on le lâche, on le lynche !

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par Omar Chaalal *

arton29751-7d7f7Dans mes voyages j’ai appris trois choses. Les mensonges ne mènent pas loin. En politique on ne choisit pas son Romeo ou sa Juliette. Les intérêts étroits vous imposent un Romeo quand vous préférez une Juliette.

De cette manière, Amar remplace Aziz quand Ouyahya déloge Bensaleh. Tout est mal dans le pire des mondes possibles. Enfin la troisième chose, les objets de valeur se gardent dans un coffre-fort et les hommes qui dénoncent l’injustice se garent dans une prison spéciale. Mandela et les héros de notre révolution de libération justifient ce que j’ai appris dans ma jeunesse.

Les voyages forment la jeunesse et nos jeunes ne voyagent plus. La stagnation et l’austérité accélèrent la perte du potentiel facilitateur de progrès intellectuel dans nos écoles et nos universités. Les jeunes qui ne progressent pas intellectuellement utilisent leur génie pour manipuler la bombe à retardement. Le retardement justifie leur existence et stimule leur caprice. À retardement, se dit d’un engin muni d’un dispositif qui en retarde l’explosion jusqu’à un moment déterminé. L’engin peut être un système politique. Le dispositif ne peut être autre que le mensonge politique. Le mensonge est toujours synonyme de duplicité, comme l’explique saint Augustin « Ment celui qui énonce par ses paroles ou toute autre manière de signifier sa pensée autre chose que ce qu’il a dans l’esprit ».

Aujourd’hui le FLN a la tête dans les mensonges politiques que les vents obscurs lui ramènent des rives de Marseille.

Que faire pour freiner ces vents qui nous entrainent vers l’inconnu ? La question agite depuis quelques années la barque les élus honnêtes qui naviguent contre ces vents chez Devaurien.

La politique est pleine de contradiction.

Un ministre annonce qu’il exécute à la lettre le programme du président. En réalité, ce ministre n’a même pas eu la chance de serrer la main à son Excellence Monsieur le Président dans le couloir de la Moravia. J’utilise Moravia au lieu de Mouradia pour rappeler au lecteur la séduction du mystère chez Alberto Moravia dans son œuvre les voyages en roman. En négatif, l’image de ce ministre, se divulgue le prototype du voyageur hâté, superficiel, incapable de centrer son attention, alerté à décider sans les nuances les plus délicates, délié d’esprit de système dans son approche des phénomènes.

Un autre, symbole de l’arrogance et de l’antipathie, ne fait pas la distinction entre la Finlande et les îles Falkland. Avec son sens original, il prévoir toujours ce qui n’arrivera pas. Pour cacher son incompétence de gérer convenablement un débat économique parlementaire, il qualifie le boxing chez les députés comme une santé politique ! Cette honte image le désordre et l’incivisme. Elle a parcourue le monde en quelques minutes. La roulette du FLN a choisi cet élu pour représenter le peuple.

Une députée FLN le qualifie d’arrogant et de dictateur. Elle le surnomme monsieur Devaurien qui refuse de recevoir les députés dans son bureau. Même les députés FLN. Elle affirme qu’au casino politique de Devaurien le hasard guide les décisions et le peuple est absent. Elle nous raconte que le comportement de monsieur Devaurien lui rappelle l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cent étages. Au fur et à mesure qu’il descend, il se répète sans cesse pour se rassurer: jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Monsieur Devaurien oublie que la chute libre est un sport mais l’atterrissage sans parachute est un suicide.

Une fois sur le parterre, Monsieur Devaurien n’est plus vivant pour se rassurer qu’il n’est pas mort. Les gens du sommet de l’immeuble regardent sa chute. Quand Devaurien cogne le parterre ils disent « Il est mort le pauvre menteur. Ils vont l’enterrer comme un héros. Le peuple gravera sur sa tombe Monsieur Devaurien est mort et le peuple est vivant. Les visiteurs du cimetière liront cette phrase et se rappelleront les paroles d’Abraham Lincoln : On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.

Les anciens du système qui incarnent l’opposition ne sont pas mieux. Ils font comme les curés du temps colonial. Un ancien ministre dans l’opposition se prend pour un curé. Il s’adresse au peuple et répète les parole de Jésus « J’aurais encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pourriez pas les porter maintenant ». Ce politicien prend le peuple pour un enfant crétin qui croit aux promesses du père Noël. Je m’excuse du lapsus je veux dire un enfant chrétien.

Je continue mon voyage idéologique et je cite un passage extrait du voyage en Orient de Hermann Hesse pour orienter mes idées. « Qui voyage au loin verra plus d’une fois des choses très éloignées de ce qu’il tenait pour vérité. S’il les raconte ensuite dans ses prairies natales, on se moquera de lui, le traitant de menteur, car la foule bornée refusera de croire, ce qu’elle n’aura pas vu de ses propres yeux ».

Je ne peux pas définir d’une manière exacte les limites de la fonction qui décrit les délires des traqueurs de mensonges et les cultivateurs de choux. Nos politiciens ont l’art de transformer leurs défaites en victoires, même Amar en a fait ses choux gras. Les Amar possèdent les techniques de transformer les rumeurs en agenda politique. Les rumeurs biscornues et les théories conspirationnistes du silence fleurissent parfaitement sur les terres où tout le monde ment. L’image des champs sur ces terres montre les choux pour les chouchous du système spécialistes des complots.

Toujours est-il que, par aversion ou par antipathie, de nombreux citoyens, qui votaient FLN par habitude ou par amour du passé, rejettent l’idée même de s’intéresser à la politique du FLN de Amar et de Devaurien. Une politique obscure éclairée par les phares de personnages mystérieux. Des personnages zingués qui immobilisent le pays.

La répétition forme le bon comédien et transforme les idiots en acteur. De la même manière l’usure polit les menteurs. La répétition est mère de l’usure. En mécanique, on relie toujours l’usure à la répétition du mouvement des pièces métalliques. Le film d’huile entre les pièces en mouvement facilite le déplacement et minimise l’usure.

Les montagnards de Djebel Hamar Khadou ne sont des mécaniciens de formation mais ils ont compris la technique de la machine politique chez nous. Ils dénoncent le temps des complots claniques. Ils dévoilent les intentions les détenteurs du pouvoir quand ces derniers pratiquent la conspiration du silence pour cacher la vérité au peuple. Ils parlent des gens qui répètent les mêmes paroles pour commercialiser la bravoure des morts dans cette montagne durant la guerre de libération. Par manque de film lubrifiant, ce commerce illicite fait vivre les menteurs politiques et les fixe dans le fauteuil du pouvoir. La fixation est un phénomène naturel en Afrique. Ce phénomène existe même en France. Alain Jupé est un bon exemple. Juppé a bien dit «Un Premier Ministre, on le lèche, on le lâche, on le lynche». La fixation se termine par le lynchage chez Juppé.

Imaginez-vous dans un endroit sombre où le silence absolu règne. Dans cet endroit vous expérimentez le néant. Dans ce vide imaginaire vous essayez de comprendre ce qui se passe autour de vous. La peur vous prend et le silence vous fait peur. Vous vivez l’incertain et vous avez besoin d’un petit bruit pour casser ce néant.

Ma mère me disait que le silence noir était dangereux pour la santé. Aujourd’hui je réalise que ma mère parlait du silence politique. Ma mère ne parlait pas du groupe de musique québécois Noir Silence. Ma mère préférait les chansons religieuses et ce groupe est récent. Elle parlait du silence du groupe musical qui compose la musique politique chez nous. Les paroles de ma mère coïncidaient quelques fois avec les paroles de Zohra Drif mais renvoyaient vers l’infini des paroles de Louisa.

En conclusion : L’immobilisme est un terme politique qui veut dire fixation éternelle au même endroit. Quand on se fixe au même endroit on ne s’use pas. On grippe. L’immobilisme est bien défini dans les paroles de Charles De Gaulle « l’avenir dure longtemps».

La galvanisation des cerveaux ne permet de démesurer la proportion du danger de la politique du silence noir qui conduit notre pays vers l’inconnu. En prenant la décision de couronner le FLN par ce vide on cède aux caprices de Marseille et on repousse à plus tard le jour où les vrais hommes passeront à l’action. Le mystère s ‘approfondi lorsque nous essayons de définir le rôle exact du leadership chez nous ces temps-ci. Le flou enveloppe la Moravia et les mystérieux envahissent les lieux. Quelques personnes se sentent déjà leaders alors qu’ils ignorent les abc de cette tâche. D’autres se dirigent vers la France pour un nettoyage cervical. Une fois le cerveau bien nettoyé, ils reviennent délavés pour jouer le Devaurien chez nous.

* Professeur

Le quotidien d’Oran le 13 janvier 2016


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