DzActiviste.info Publié le jeu 6 Déc 2012

Morsi et les élucubrations de la presse aux ordres.

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Par Said Radjef

L’Algérie est elle en train de soutenir l’offensive de la haute finance internationale en Egypte ? Ce qui se passe en ce moment en Egypte et ce qui s’est passé quelques mois plutôt en Libye ne semblent pas inspirer outre mesure les dirigeants algériens. Ces derniers sont beaucoup plus soucieux de la pérennité de leur pouvoir que de ce qui se passe autour d’eux.

Ce qui est rapporté quotidiennement par la presse algérienne donne une lecture en filigrane sur les préoccupations qui agitent la junte au pouvoir. Les islamistes ne sont pas les adversaires du peuple égyptien. Les adversaires de l’Egypte et des peuples arabes, en plus de l’ignorance, de la maladie, des inégalités, sont la haute finance internationale et la grosse industrie militaire qui ont toujours manifesté un soutien indéfectible à leur allié naturel, le sionisme. Ce qui se passe en ce moment en Egypte est la contre offensive du grand capital international et des grandes multinationales. Ce qui se passe en ce moment en Egypte vient d’ailleurs. Il obéit à une logique et à une dynamique bien ficelées: Reprendre des mains d’un rais, Morsi, qui a mal manœuvré depuis son investiture, les espaces perdus en Egypte.

Inéluctablement le printemps arabe soufflera sur l’Algérie, tard ou trop tard. Pour une raison ou une autre, l’Algérie finira comme les autres pays arabes. D’abord les dirigeants algériens refusent de regarder les choses en face. Comme l’indiquent si bien les deux derniers scrutins, le régime des généraux préfère l’intrigue et les complots pour affronter une conjoncture internationale riches en imprévus.

Ensuite, La crise alimentaire et la crise énergétique sont également à l’origine de véritables explosions de révolte. En plus du manque d’emplois et de perspectives pour des couches importantes de la population, en particulier les jeunes, s’ajoutent les conséquences de l’augmentation brutale des prix des aliments au niveau mondial. Selon les données de l’Organisation pour l’agriculture et l’alimentation des Nations unies (FAO), la valeur sur le marché des principaux biens alimentaires a augmenté de 138% dans les huit dernières années. En décembre 2010, les prix du blé, de l’huile, du maïs, du riz, de la viande et du lait ont atteint des prix record et on s’attend à de nouveaux records cette année. Le maïs a augmenté de 60%, le blé de 43% et le sucre de 77%. Conséquence générale de l’aggravation de la crise structurelle du capitalisme, de telles augmentations ont eu, et continuent d’avoir, des effets dévastateurs du point de vue social dans une région qui importe près de 60 à 70% de ses aliments, en particulier dans le monde arabe, où près de la moitié des budgets des familles est réservé à l’alimentation. A cela s’joute l’épuisement progressif des ressources énergétiques. L’avenir est contre les régimes dictatoriaux.
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Dans les médias algériens, emboitant le pas à la propagande occidentale, est lancée depuis quelques jours une campagne de diabolisation du Gouvernement Morsi et d’incitation à la violence et à la rébellion morale et intellectuelle. Hormis la mouvance islamiste qu’il estime indomptable, le pouvoir algérien pense avoir domestiqué et maté toute la classe politique. Exclure les islamistes du champ politique national et les diaboliser là ou la démocratie leur permet d’accéder au pouvoir, n’est pas une réponse aux attentes du peuple algérien. C’est une fuite en avant. La réponse aux attentes du peuple est dans la construction d’une véritable démocratie, de nouveaux espaces régionaux et non dans la diabolisation d’une expérience « égyptienne » contre laquelle tous les salopards semblent se léguer à tour de rôle pour la discréditer et la faire haïr aux peuples arabes.


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