DzActiviste.info Publié le lun 12 Nov 2012

Mourad Goumiri. «La gabegie dans toute sa splendeur»

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Dr en économie, maître de conférences , président de l’ASNA (*)

Quid de la gestion «politique» des carrières des hauts fonctionnaires et cadres de l’État pris qu’ils sont au cœur d’une mécanique clientéliste ? La notion de «commis de l’État» a-t-elle encore une quelconque signification dans ce contexte d’embellie financière ?

La gestion des ressources humaines et notamment celle de l’encadrement est au cœur de l’échec de tout l’édifice institutionnel de notre pays ! Même si l’appareil de formation, à tous les niveaux, prête à débat et notamment en termes qualitatif et en adéquation entre les besoins réels et les produits de formation, la gravité de la gestion se trouve dans la mauvaise utilisation (ou la non-utilisation) des ressources humaines, par un système opaque qui verrouille la distribution de la ressource et de sa promotion sociale. La conséquence directe de ce système, c’est l’émergence de la médiocrité et la déperdition des élites d’excellence. L’habilitation opaque par des appareils des ressources humaines et sa soumission à des centres de décision de cooptation directe ou indirecte, fragilise l’encadrement et le rend vulnérable au niveau intérieur mais, plus grave encore, vis-à-vis de l’étranger.

La sanction positive ou négative des cadres ne se mesure pas sur des critères universels de compétence, d’intégrité, de dynamisme mais sur l’unique et seul critère d’allégeance envers le pouvoir versatile du moment, ce qui émascule l’encadrement de notre pays et l’enferme dans une problématique d’exil (intérieur et extérieur) ou de courtisanat obséquieux, ce qui, dans les deux cas, est une catastrophe pour notre pays. La gouvernance s’en ressent terriblement aujourd’hui, à tous les niveaux et le recours à l’étranger pour encadrer notre pays est la solution choisie par le pouvoir, tant qu’il disposera de moyens financiers pour le faire. Le reste est connu, les chantiers qui ne finissent pas de se terminer, les surcoûts et les avenants successifs, la corruption comme mode normalisé de gestion, le gaspillage systématique, bref la gabegie dans toute sa splendeur.

(*) Association des universitaires algériens pour la promotion des études de sécurité nationale

Mohand Aziri
El Watan 12/11/2012


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