DzActiviste.info Publié le mar 27 Août 2013

Mustafa Bougouba, ancien moudjahid et écrivain, à Mon Journal : L’affaire « des faux moudjahidine » n’a pas livré tous ses secrets!

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MonJournalDz.com lundi 26 août 2013
Entretien réalisée par : Sabrina Aksouh

11-1-357L’objectif premier de ce militant de la première heure, à travers notamment ses nombreux ouvrages, est de préserver vivante la mémoire des « véritables Chouhada ». Ces martyrs qui ont tout donné pour la mère patrie, pour toutes celles et ceux qui ont sacrifié leur vie, non pas seulement entre 54 et 62, mais durant les 132 années d’un très long combat, un combat pour la liberté, certes, mais un combat pour retrouver avant tout la souveraineté de tout un pays et la dignité de tout un peuple.

C’est donc à travers les méandres des corridors profonds, souvent méconnus, d’une histoire quelque peu obscure et complexe, emplie de non-dits et entachée de nombreux mensonges de toutes les couleurs, que nous conduit Mustapha Bougouba, pour nous faire revivre une partie de sa formidable épopée, à travers plus d’un demi-siècle de vie contée dans son dernier ouvrage, intitulé ; « Nos félons et les colons».
Né en 1939 dans la ville de Koléa, Mustatpha Bougouba fréquenta entre 1944 et 1954, l’école indigène, la Médersa ainsi que les Scouts musulmans.

En novembre 1954, lorsque la Révolution armée éclata, il avait à peine quinze ans. Dès le début de la guerre, il fut remarqué par les nationalistes locaux, qui avaient vu en lui un grand potentiel patriotique de par son activisme et ses prises de position en faveur de la lutte armée contre le colonialisme.
C’est ainsi qu’il fut enrôlé au sein d’une cellule de soutien aux maquisards dès mars 1956. Cette même année, comme il le raconte si bien dans son livre, il fut arrêté et torturé par les forces coloniales, mais en réchappa heureusement vivant.

Tout d’abord, parlons de vos références bibliographiques. Pensez-vous que les informations que vous tirez de la presse coloniale ainsi que d’autres documents d’époque auxquels vous vous référez dans votre ouvrage, sont réellement des sources fiables dans la mesure où leur véracité et leur pertinence restent encore à prouver ?

Malheureusement, nous n’en possédons pas d’autres. C’est-à-dire que j’ai voulu attirer l’attention du grand public à l’arrivée du multipartisme en Algérie.

Ainsi, de nombreux partis politiques, fraîchement débarqués dans les sphères du pouvoir, ont commencé à dénigrer l’époque du « Djihad » et ont même critiqué la gestion durant la période 62-88. Certains membres de ces partis ont entrepris de réécrire l’Histoire de l’Algérie et de sa Révolution, notamment celles d’illustres personnages qui ont brillé par leur bravoure durant cette lutte sanglante.

Comment ces gens-là peuvent-ils prétendre rapporter le parcours de colonels aussi prestigieux, qu’ils n’ont pas connus, pour la simple et bonne raison qu’ils n’étaient même pas encore nés en ce temps-là.
Par ailleurs, les archives de la Bibliothèque nationale à laquelle je me suis rendu pour effectuer mes recherches, ne m’ont rien apporté. En plus d’être pauvres en documentation historique, il est très difficile d’y accéder à cause de la bureaucratie qui y sévit.

On aura tenté par tous les moyens imaginables de m’empêcher d’y accéder. Certaines personnes voyaient mes recherches d’un très mauvais œil. J’ai dû forcer les portes pour pouvoir y accéder, en faisant intervenir certaines de mes connaissances, entre autres. De plus, à chaque fois que je m’y rendais, on trouvait toujours un quelconque prétexte pour me mettre des bâtons dans les roues, comme par exemple, la photocopieuse est en panne, tel document est indisponible, et j’en passe. J’ai même eu recours aux services d’un photographe professionnel, que j’ai amené spécialement de Koléa pour les mettre devant le fait accompli et pouvoir enfin obtenir des copies de certains documents.

D’autre part, et ce que je n’ai appris que plus tard, j’ai été suivi par les services de sécurité pendant un long moment, et ce, à mon insu. Grâce à ce que j’ai pu tirer des maigres références de la Bibliothèque nationale, j’ai organisé une exposition en 1989.

Celle-ci a aussi été suivie par les services de sécurité, ce qui était encore une fois tout à fait normal à cette époque. Cette exposition, je l’ai faite pour démontrer à ceux qui prétendent refaire l’Histoire, que nous détenons encore des preuves.

Même l’ennemi a reconnu notre cause et notre combat. Par cette parade, mon but était de marquer le point à ceux, nouvellement installés dans les APC, l’Assemblée populaire nationale et autres grandes institutions de l’Etat, en leur faisant clairement comprendre, que si eux, refusent ou même réfutent la vérité sur le dur combat que nous autres, les « vrais moudjahidine » avons livré jusqu’au sang, nous possédons les preuves nécessaires pour les contredire.

Pour cette raison, j’ai eu recours à la presse coloniale, d’autant plus que c’était la seule disponible à cette époque-là. J’ai même gardé certains exemplaires d’éditions se référant à la guerre de Libération.
J’ai eu la chance aussi d’avoir reçu une éducation aussi bien à la « Madrassa » que chez les Scouts musulmans, ajoutez le fait que j’ai séjourné durant plus d’une année en France pour mon stage d’apprentissage de carreleur. Tous ces éléments ont fait que, contrairement à beaucoup de jeunes Algériens de mon âge à cette époque-là, je maîtrisais très bien, et l’arabe et le français, ce qui me permettait de me documenter et de me renseigner au niveau de la presse.

De plus, à Koléa, ma ville natale, on avait la chance d’avoir, non pas un mais deux cinémas, ce qui a grandement contribué à m’enrichir en informations de toutes sortes.

J’ai commencé à fréquenter le cinéma très jeune, je ne devais pas dépasser les 13-14 ans. Avec les autres « Indigènes » comme nous appelaient les colons et autres pieds-noirs de l’époque, l’on nous entassait dans des espaces très étroits, que l’on nommait « la cage à poules».

Nous y étions certes à l’étroit, mais nous pouvions tout de même assister à la projection et donc avoir des nouvelles du reste du pays et de la France, même si ces informations étaient distillées au compte-gouttes.

Votre longue pratique et vos recherches dans les couloirs oubliés de l’histoire de l’Algérie, vous ont amené à découvrir des objets cachés, souvent méconnus ou même carrément ignorés, dans de nombreux cas, du grand public, et qui vont à l’encontre de l’histoire officielle. Quelles peuvent être pour vous les plus importantes découvertes de la face cachée de cette histoire tant controversée, en tant que l’un des derniers témoins de cette sombre époque ?

Comme je l’ai cité dans mon livre, il y en a plusieurs. L’un des points marquants de cette guerre, qui est aussi très peu connue de beaucoup d’Algériens, parce que omise dans de nombreux ouvrages historiques, est le dénigrement qu’a subi la Wilaya V historique, à savoir «l’Oranie », durant la Révolution. C’était pourtant la plus vaste d’entre toutes, puisqu’elle était composée de neuf zones, alors que les autres wilayas n’en comptaient pas plus de cinq du nord au sud.

Et quelles sont, selon vous, les raisons de ce dénigrement ? Par quoi pouvez-vous l’expliquer ?
Cet acharnement s’explique essentiellement par le fait qu’on ait voulu mettre au pas cette région. Je m’explique : la vie que menaient les dirigeants de l’époque n’est pas ce que la plupart des Algériens pensent qu’elle était.

Comme exemple, je vous cite celui du Congrès historique de la Soummam de 1956, que beaucoup d’anciens révolutionnaires, à l’instar du colonel Benaouda, commencent sérieusement à critiquer. D’abord, parce que tous les organisateurs du 1er Novembre 54 auraient dû y être présents, ce qui n’a pas été le cas. Mostafa Ben Boulaïd était déjà mort (paix à son âme). Son frère Omar s’est présenté à sa place en tant que responsable de la Wilaya I historique, on l’en a tout simplement empêché, refusant de le reconnaître, alors qu’il avait déjà été parmi les combattants de sa région.

Ce refus de le laisser accéder à cette réunion, trouve sa source dans les manigances de certains révolutionnaires qui agissaient surtout de l’extérieur du pays, de l’Egypte d’abord, de la Tunisie par la suite. Ces derniers ont accaparé le pouvoir et se sont arrangés pour mettre à l’écart les combattants de la première heure. Il faut savoir aussi, que le premier responsable d’une wilaya, avant d’être accepté par les dirigeants du CCE (Comité de coordination et d’exécution), devait être reconnu par les trois B, à savoir, Belkacem, Boussouf et Bentobbal, qui étaient en charge de la gestion de la lutte armée et qui représentaient chacun l’état-major d’une région : Est, Ouest et Centre…

Personne n’avait dans l’idée d’écrire l’histoire à cette époque là.

Peut-on considérer la proposition « La paix des braves » élaborée et mise en place par le général Charles de Gaulle, comme l’un des plus grands points de divergence au sein du commandement militaire au vu de toutes « les liquidations internes» (exécutions) qui l’ont suivie ?

A un moment de la guerre, il y a eu des personnes qui étaient fatiguées de lutter, et donc, étaient tentées par cette proposition de «Paix des braves». Mais cela ne s’est pas produit au sommet, je n’ai jamais eu vent d’un colonel qui aurait été tenté par cela, sauf bien sûr, comme je l’ai dit, là où c’était gangréné comme au Centre. L’un des exemples les plus marquants, est celui de Si Salah qui, avec l’assentiment du colonel de la Wilaya III historique, Oulhaj, avait rencontré le général De Gaulle.
Cette entrevue n’a pourtant pas abouti, ce qui a poussé le Gpra (Gouvernement provisoire de la République algérienne) à se débarrasser des participants à cette rencontre. Dans ce contexte, il a fallu « liquider » Si M’hamed Bouguerra, et ce, afin d’étouffer le complot qui s’était tramé dans cette obscure affaire et qui avait surtout secoué les wilayas historiques III et IV.

D’ailleurs, à ce propos, la France n’a jamais révélé l’emplacement où a été enterré feu colonel Bouguerra, malgré l’insistance de plusieurs grands noms, dont celui du commandant Lakhdar Bouregaâ, qui a adressé une lettre à ce sujet au président de la République française, Jacques Chirac, lors de sa visite en Algérie en 2004.

Dans votre dernier livre « Nos félons et les colons », vous parlez énormément de révolutionnaires de la « 25e heure ». Etait-ce la course aux privilèges ou simplement un autre gros mensonge de l’Histoire ? Ou encore la revanche des félons restés trop longtemps dans l’ombre sur les maquisards, les véritables héros de la guerre de Libération ?

Oui, c’est une revanche, si on veut, parce qu’il est arrivé un moment, où presque tous les « véritables » révolutionnaires, même ceux qui ont été recrutés un peu plus tard, c’est-à-dire à partir de 1957, ont été éjectés de l’ANP (l’Armée nationale populaire) et remplacés par de soi-disant officiers, à la tête des Régions militaires, que ce soit la première ou la quatrième.

Ces combattants de la 25e heure, se sont vu octroyer de grandes responsabilités, alors qu’en réalité, ils n’étaient que des « Beni oui-oui » à la solde de l’armée française. J’ai même été contacté par le général Abdelmadjid Sahab, qui a eu peur que l’affaire des faux moudjahidine ne prenne de l’ampleur.

Celui-ci m’a reçu au siège de l’ONM (Organisation nationale des Moudjahidine), et, a fait pression pour que je sois reçu par le ministre des Anciens moudjahidine, afin d’étouffer cette affaire qui effrayait beaucoup de monde. Des milliers de braves combattants ont été évincés de l’ANP au profit de félons sans scrupules. En parlant de Larbi Belkheir, il est important de préciser qu’avant d’arriver à Oran, il était à Constantine, à la 6e Région militaire, sous le commandement de feu colonel Chadli.

C’est d’ailleurs là que je l’ai connu. Chadli ainsi que son adjoint, Atayliya, n’ayant aucune notion de la gestion administrative à l’époque, les hautes instances leur ont imposé Larbi Belkheir, un ancien sous-officier de l’armée française. Les ordres émanant de hautes instances, à savoir de Houari Boumediene, ils ne pouvaient se permettre de passer outre.

Chadli et les autres ont, certes, accepté Belkheir, mais ça ne les a pourtant pas empêchés de le mettre quelque peu de côté. Boumediene, lui, ne pouvait pas faire autrement, ce n’est pas lui qui a recruté les premiers officiers, mais les trois B, ce sont eux qui ont enrôlé les anciens officiers de Baden-Baden.
A l’Indépendance, il y a eu recrudescence de ces taupes, parce que l’on avait conseillé à Boumediene, alors ministre de la Défense sous la présidence de Ben Bella, de les engager pour renforcer les rangs, alors qu’ils ne les connaissaient pas. Ils ont été dispersés à travers le pays pour préparer le terrain aux Français, ce qui a abouti au 5 octobre.

En plus de Larbi Belkheir, il y avait parmi les félons Bouchouareb Slimane et Touati, que l’on a collés à Bouteflika.

Ces derniers étaient également des taupes au service de la France. Comme je l’ai écrit dans mon livre, un Moudjahid est un volontaire, ce n’est ni un appelé, ni un engagé et encore moins un mercenaire.

A la page 117 de votre livre, vous parlez d’un responsable des Moudjahidine, placé officier à la tête de l’organisation au niveau de votre région après l’Indépendance, et qui a été condamné à mort et exécuté pour trahison. Comme dans beaucoup d’autres chapitres de votre livre, vous restez quelque peu vague ; distant et même évasif, en ne citant que très rarement des noms et des villes. Pourquoi toutes ces précautions ?

Certains de ces félons sont encore au pouvoir, ils sont encore puissants et ont mobilisé beaucoup d’autres comme eux, afin de dénigrer les «vrais » moudjahidine. Vous devez savoir que c’est comme ça qu’on a abattu des hommes, seulement en usant de dénigrement. Pour répondre à votre question, je dirais que je garde mes précautions parce que je sais de quoi sont capables ces gens-là. Je me suis battu durant des années pour que la vérité ne soit pas perdue, et je continue à me battre jusqu’à ce jour. Lors de la visite du ministre des Moudjahidine dans ma région, je me suis habillé en militaire, et armé de mon fusil, je me suis rendu devant la mairie pour l’accueillir.

A cette époque, je pensais encore qu’il allait constituer une commission d’enquête pour faire la lumière sur toute cette affaire. Bien mal m’en a pris. On a même fait taire les journalistes. Le ministre s’est défilé, il ne pouvait absolument rien faire, tout simplement parce qu’il était pieds et poings liés. Ils sont tous prisonniers d’un cercle vicieux qu’ils ont eux-mêmes créé, celui du chantage. Je suis une personne honnête, c’est pour cette raison que, dès ma première conférence sur ce sujet épineux, le dossier a été classé affaire d’Etat.

Des dirigeants, envoyés par d’autres hauts responsables d’Alger sont venus à Koléa. Par la suite, d’autres moudjahidine, leurs complices, sont eux, venus de Hadjout, où ils se sont réunis et ont donné ordre de m’abattre. Je n’étais pas au courant, ce sont des amis de l’ONM qui m’ont prévenu.

Cependant, je savais que ces gens-là n’étaient pas de notre région. Mes amis moudjahidine, dont je ne citerai pas les noms par souci de sécurité et de loyauté surtout, m’ont appris que ces étrangers ont demandé à ce que soit monté un groupe de trois ou quatre hommes armés, qui seront chargés de me liquider. Mais mes compagnons n’ont pas marché dans leur combine. C’est pour cela que rares sont les personnes auxquelles je fais confiance et je suis encore, à ce jour armé.

Dans « Nos félons et les colons », vous parlez d’un vaste complot fomenté par la France, les hommes du « Premier Collège » -antinationalistes- et menés par des traîtres restés en Algérie après l’Indépendance. C’est réellement un gros dossier, mais à l’intérieur c’est presque vide, ne s’agit-il pas là d’un sujet fourre-tout qui pourrait en fin de compte aboutir à tout et à rien ? Surtout qu’au chapitre 13, dans votre dernier livre, intitulé « Les Larbins de la colonisation », on reste sur notre faim, là aussi très peu de noms, très peu de révélations.

Savez-vous que pour faire partie du Premier Collège à l’époque, il fallait renier sa religion et avoir collaboré avec les autorités françaises d’une manière ou d’une autre. Je peux vous citer comme exemple Abderrahmane Farès, que j’ai d’ailleurs bien connu, vu qu’il possédait un bureau notarial à Koléa à cette époque, était un membre très actif du fameux Collège.

On ne pouvait pas faire pire, même les pieds-noirs n’étaient pas comme lui, c’est simple, cet homme n’avait rien d’Algérien. Malgré tout cela, les trois B avaient accepté qu’il soit à la tête de l’exécutif à Rocher Noir au cessez-le-feu en 1962. C’est même par l’intermédiaire de ce monsieur, qu’il y a eu encore plus d’infiltration, s’appuyant pour cela sur de nombreux collaborateurs et autres renégats.

D’autres comme lui n’ont pas eu cette chance, comme Ali Chakal, auquel on a envoyé un fidaï en 1957. Il a été abattu au stade de Colombes justement parce qu’il était membre du Premier Collège, c’était un bachagha. Les Français avaient besoin de ces collaborateurs pour maintenir leur pouvoir en place.
Le général de Gaulle avait bel et bien prévu le coup, c’est pour cela qu’il a mis en place cette stratégie, qui porte d’ailleurs toujours ses fruits. C’était un visionnaire, et jusqu’à ce jour, la France n’a de cesse de manœuvrer notre pays dans l’ombre de ses pantins qu’elle a si bien su endoctriner.

De Gaulle, aidé de Jacques Foccart, ont certes décolonisé l’Afrique, mais pour mieux la manipuler à distance. En ce qui concerne le dernier chapitre de mon livre, je considère avoir dit tout ce que j’avais à dire à ce sujet. Ceux-là, même si l’histoire les a occultés, la mémoire, elle, ne risque pas d’effacer leurs actes de parjure.


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Displaying 2 Comments
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  1. Si Redouane dit :

    Il n ya pas que les faux moudjahidine, il y a aussi les fils de traitres abattus par les fidais et les fils des caids dévoués à la cause française en Algérie et qui sont devenus aujourd’hui de hautes personnalités. Quant aux faux moudjahidine il se ramasse à la pelle, ils ont obtenu illmégalement la reconnaissance grâce à leurs familles. Ils ont tous raflé malheureusement Mais heureusement qu’il y a Dieu.

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