DzActiviste.info Publié le jeu 1 Nov 2012

Naissance d’un système : aux sources du pouvoir

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El Watan le 01.11.12

 

La réunion dite des «Cent jours» (août-décembre 1959), qui s’est déroulée à Tunis, avait conforté les représentants de l’armée de libération dans leur position dominante par rapport aux «civils».

En vérité, pour l’époque, ces vocables n’avaient pas beaucoup de sens, ou du moins ne leur attribuait-on pas l’acception qu’ils revêtiront, plus tard, une fois l’indépendance proclamée. Mais ils sont souvent utilisés par les historiens pour différencier les militants qui avaient activé ou qui activaient armés et les autres, autrement dit les politiques. Ces derniers, en général, étaient issus du mouvement national, toutes tendances confondues, à l’exception notable des communistes –injustement – ostracisés depuis toujours, y compris ceux qui se sont engagés dans le combat une fois l’heure de vérité arrivée. Les patriotes armés, si on peut les désigner ainsi, pour rester dans l’époque, exerçaient donc un empire, acquis (confisqué, serait le terme idoine), depuis la réunion du Caire du 20 août 1957.

Antithèse du Congrès de la Soummam, la réunion du CNRA au Caire fut, comme le rappellent souvent les historiens, une volte-face dans la toute jeune histoire du FLN. Elle avait constitué le point de non-retour de son inexorable militarisation. En effet, c’est ce «consistoire» dans la capitale égyptienne, dans le vieil immeuble, propriété du FLN, acquis sur fonds propres, de la rue Abdelhak Sarouet, qui a irrévocablement mis fin à l’équation «mythique», formulée dans les conclusions du Congrès de la Soummam (août 1956), dont la paternité est attribuée à Abane Ramdane. Un précepte qui devait consacrer «la primauté du politique sur le militaire et la primauté de l’intérieur sur l’extérieur». L’explication lapidaire dans sa forme et son fond avancée pour son abrogation, pour ne pas dire abolition, soutenait qu’il n’y avait pas «d’extérieur et d’intérieur, pas plus qu’il n’y avait de «politique ou de militaire».

Tous kif-kif, dans un appareil monobloc. Peut-on dire pour autant que c’est sur les bords du Nil que s’était gravé le fatum, aussi
bien politique que physique, d’Abane ? Assurément oui, si l’on retient la préméditation.
Un peu plus tard, en août 1959, à Tunis, trois années après Ifri, une autre réunion allait regrouper dix colonels(1), d’où sa dénomination. Ses résultats ne mettront pas fin aux convoitises des uns et des autres, comme la durée du conclave l’aurait laissé présumer, ne dit-on pas que «la vérité est fille de discussion» ! Mais la seule nouveauté aura été que les «dix», après d’interminables manœuvres, ont abouti au résultat «historique» qu’a été la création du Comité interministériel de guerre (CIG).

Cet organisme, creux, coalisait, sans les unir, bien au contraire, Belkacem Krim, ministre de la Guerre, Lakhdar Ben Tobbal, ministre de l’Intérieur, et Abdelhafid Boussouf, ministre des Renseignements et Liaisons générales, le fameux MALG. L’ancêtre patrilinéaire et direct des services spéciaux, aïeul de la Sécurité militaire (SM), aujourd’hui la Direction du renseignement et de la sécurité (DRS). C’est la pile atomique du système algérien, le gardien vigilant et sourcilleux du régime. Il est pour ainsi dire le dépositaire des actes de l’Etat et de la nation. Le CIG, infécond, puisqu’il n’était pas doté d’une vie organique, allait pourtant donner naissance, à son tour, à l’état-major général (EMG). On en confiera le commandement au colonel Houari Boumediène, qui avait exercé dans la Wilaya V, avec pour adjoints les commandants Si Azzedine (commandant de la Wilaya IV) pour le militaire ; le commandant Si Slimane (Kaïd Ahmed, ancien de la Wilaya V également), chargé des questions politiques, et le commandant Si Ali Mendjeli (Wilaya II) pour ce qui concerne les renseignements et liaisons.

A l’issue de la concertation, Krim Belkacem perdait la haute main sur l’armée pour devenir vice-président du Conseil et ministre des Affaires extérieures. Il occupera le ministère de l’Intérieur au troisième GPRA (27 août 1961) en lieu et place de Ben Tobbal, qui deviendra un des 5 ministres d’Etat, les autres étant Ahmed Ben Bella, Rabah Bitat, Mohamed Boudiaf, Saâd Dahlab. Mohamed Khider et Mohammedi Saïd, ont, eux, été désignés comme vice-présidents). En vérité, le but inavoué du cénacle était de neutraliser Krim Belkacem en lui enlevant l’autorité sur l’armée.

D’autant que le général-président, Charles de Gaulle, avait lancé la proposition encore très confuse d’un référendum d’autodétermination, annonce considérée comme prémice à une solution au terrible conflit. Vu que ces trois fortes personnalités guignaient le même sommet, «deux B» n’entendaient pas laisser au troisième l’exclusivité de la conduite des Affaires militaires et surtout la direction de l’armée, notamment celle des frontières, forte de 30 000 hommes, 45 000 selon d’autres sources, 9 divisions exagérera plus tard l’actuel ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, «sérieusement instruits, entraînés, et solidement armés…qui constituait la seule force organisée qui restait de l’ex-FLN-ALN»(2). Au conclave des «dix», devait succéder la convocation des assises du CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne), qui durèrent 33 jours(3), chargées de confectionner un complet trois-pièces, cravate, tout ce qu’il y avait de plus civil à des institutions tout ce qu’il y avait de plus martial. Un commandement militaire centralisé était le but bornoyé depuis le départ de la lutte armée.

En 1956, au Congrès de la Soummam, l’idée de créer une autorité militaire supérieure avait été introduite. Selon plusieurs sources concordantes, Krim Belkacem aurait souhaité qu’il fût créé le grade de «général» pour le haut commandement de l’ALN au niveau national. Il aurait suscité avec sa suggestion la méfiance de certains de ses pairs participants, qui y  ont vu une manœuvre visant à briguer le poste étant, il est vrai, le plus ancien maquisard, d’une part, et d’une autre un des six qui ont déclenché le 1er Novembre. En outre, on attribue à Abane Ramdane la volonté d’éviter un bicéphalisme antagonique politico-militaire. Le but du congrès était de doter la Révolution d’une direction unifiée avec le Comité de coordination et d’exécution (CCE) de cinq membres (quatre politiques et un militaire) qui serait l’instance exécutive du CNRA.

Celui-ci était composé de 17 membres titulaires et 17 suppléants tous triés sur le volet. Cet organe représentait l’autorité suprême en charge des grandes décisions. Une instance équilibrée au micron tant du point de vue des obédiences politiques que de la symétrie régionale. Autrement dit, une super représentation nationale. «Ainsi soit-il», le sacro-saint principe de la direction collégiale pour laquelle avaient opté les 6 historiques du 1er Novembre, était sauf.

Tous ces organes qui conduisaient la Révolution ont été ensuite encapuchonnés, le 19 septembre 1958, par le Gouvernement provisoire de le République algérienne (GPRA), à la création duquel devait disparaître le CCE. Voici le bicéphalisme tant redouté par Abane Ramdane qui, entre-temps, avait été «assassiné au champ d’honneur», par… ses amis, en décembre 1957 pour avoir osé se figurer l’Algérie au-delà de l’indépendance, qui emménage dès lors que l’instance dirigeante militaire a été constituée. Et les désaccords de jaillir presque aussitôt. L’EMG commencera par reprocher au GPRA de ne pas appliquer les décisions du CNRA, ce à quoi le gouvernement provisoire répondait en accusant l’état-major de ne pas diligenter des troupes vers l’intérieur où se déroulaient les combats. Peut-être à la décharge de l’EMG des tentatives d’acheminer des troupes fraîches vers les maquis avaient été opérées, mais les pertes sur les redoutables barrages électrifiés des lignes Maurice et Challe étaient telles qu’elles furent vite abandonnées. Les djounoud tombaient par centaines en essayant la mortelle traversée.

Toutefois, l’affrontement le plus abrupt, vu qu’il a mené à la rupture de jure et de fait, allait se matérialiser avec la survenue de la délicate affaire dite du «lieutenant Gaillard». Elle a opposé frontalement l’EMG au GPRA. Le premier ayant décidé de contrevenir ouvertement à une injonction du second. Qu’est-ce donc que cette affaire ? La DCA de l’ALN des frontières a abattu dans la région de Mellègue, en territoire tunisien, un avion français qui avait effectué un raid contre des établissements de formation militaire des troupes de l’armée de libération. Le pilote, le lieutenant Gaillard, qui s’était éjecté, avait été capturé et placé au secret par la direction de l’EMG. Les autorités françaises ont fait pression sur le gouvernement tunisien, le sommant d’obtenir des dirigeants du FLN qu’il hébergeait, la libération du captif.

A son tour, Tunis a donc demandé au GPRA de lui remettre le prisonnier. Jusque-là, rien de plus normal. Mais Tunis aurait, par la voix de son président, Habib Bourguiba, assorti son exigence d’une menace d’embargo alimentaire sur les camps de réfugiés algériens, affirment certains historiens. Lorsque le gouvernement provisoire a exigé la libération du détenu, l’EMG a tout simplement refusé d’obtempérer. «Les soldats de l’ALN, répliquait la hiérarchie militaire, ne comprendraient pas qu’un pilote venu les bombarder puisse être libéré sans contrepartie».(4)

Abdelhafid Boussouf, ministre des Renseignements et des Liaisons générales,  accompagné de Lakhdar Ben Tobbal, ministre de l’Intérieur, autrement dit deux responsables du CIG duquel dépendait, théoriquement, l’EMG, donc deux des trois «B», en personne, se sont présentés à Ghardimaou, siège de l’état-major. En tant que structure prééminente, ils ont réitéré l’ordre aux réfractaires de procéder au transfèrement de l’officier français. Après d’interminables tergiversations, les frondeurs finirent par céder. L’état-major général était, depuis, entré en dissidence directe contre le GPRA. «Aux yeux de de Gaulle, le refus de l’état-major de restituer l’aviateur jetait le discrédit sur le gouvernement algérien», écrira Omar Boudaoud, alors responsable de la Fédération de France.(5)

Ce qui n’était qu’un litige s’exacerbera pour devenir un conflit. C’est ainsi que Boumediène et ses compagnons de l’EMG se chercheront une tête d’affiche pour affirmer leur rupture d’avec le GPRA et en premier lieu le triumvirat, autrement dit les trois «B». De là sans doute datera la «mort du père». Le jeune colonel Boumediène, qui n’avait pratiquement pas connu l’intérieur, couvé puis chaperonné par Abdelhafid Boussouf, va s’émanciper précautionneusement d’abord, puis s’en affranchir manifestement au cours de la féroce épreuve de force qui s’ensuivra. De fait, la tête d’affiche ne devait servir temporairement que d’arc-boutant historico-politique à sa toute puissance militaire. En attendant, les membres de l’EMG ont démissionné et l’ont fait savoir  haut et fort. Ensuite, ils se retirèrent en Allemagne (RFA) pour «méditer».

Les raisons de cette rupture, qui a poussé l’état-major à démissionner, sont contenues dans le mémorandum de l’EMG. A la lecture de ce document signé par Boumediene, les commandants Azzedine, Slimane, Mendjeli, on comprend que l’état-major s’oppose à la politique du GPRA qui, pour les signataires, fait des concessions à Bourguiba qui s’est aligné sur l’Occident, a opté pour une politique «bourgeoise et capitaliste» et est prêt à soutenir les propositions françaises de partition de l’Algérie contre l’annexion d’une partie du Sahara algérien par la Tunisie.(6)

Avant de claquer la porte, les quatre responsables de l’EMG avaient pris néanmoins soin de laisser les clés à des jeunes officiers dévoués, triés parmi les plus fidèles prosélytes. Des noms qui constitueront par la suite la colonne vertébrale de ce qui sera l’Armée nationale populaire (ANP), durant des décennies après l’indépendance, dont certains sont encore d’active aux plus hautes charges de l’Etat.  «Avant même que les accords d’Evian ne fussent signés, écrit Ferhat Abbas, premier président du GPRA, Boumediene dépêcha en secret Bouteflika au château d’Aulnoy. Sa mission consistait à trouver parmi les cinq prisonniers un éventuel allié. Il s’adressa d’abord à Boudiaf. Celui-ci déclina l’offre. Il condamna l’indiscipline de l’état-major, et se refusa à toute action fractionnelle». Le futur président de l’Assemblée constituante, de poursuivre : «Bouteflika s’adressa alors à Ben Bella, qui accepta d’être l’homme de l’état-major. Cette alliance demeurée secrète allait peser lourdement sur l’avenir du pays.» Amer, l’ancien chef de l’Union démocratique du Manifeste algérien, écrit encore : «(…) Avant même notre retour en Algérie, Bouteflika disait à des amis tunisiens, ‘‘Retenez bien mon nom, vous entendrez parler de moi’’». Abbas relève avec ironie : «Il est regrettable que l’on n’ait pas entendu parler de lui pendant que des hommes de son âge mouraient dans les maquis.(7)

Pourtant, l’auteur de ces lignes, libéral, antisocialiste virulent, s’en fut à Tlemcen, comme on se rend à Canossa, pour rejoindre les «gauchistes» du groupe dit d’Oujda, opposés au groupe de Tizi Ouzou, moins volontariste et homogène, animé par Boudiaf, Krim Belkacem et Aït Ahmed qui se liguaient pour riposter. Justifiant son choix, Ferhat Abbas déclarait dans une conférence de presse, à Tlemcen : «J’ai pris position par respect de la légalité révolutionnaire, et ma présence ici signifie que je suis pour le respect de l’instance suprême révolutionnaire, le Conseil national de la Révolution algérienne. Si je suis aujourd’hui aux côtés de Ben Bella, c’est qu’il est lui-même du côté de la légalité.»(8) Tout le monde sait pourtant que le congrès de Tripoli ne pouvait pas avoir déterminé qui était légal et qui ne l’était pas pour la simple et bonne raison que la session n’a jamais été levée. Seul le programme dit «Charte de Tripoli» avait été voté à la hâte en début des travaux.

Pour la journaliste et historienne Leïla Benammar-Benmansour, «Ferhat Abbas a rejoint le groupe de Tlemcen pour sauver son pays de la ‘‘congolisation’’ , selon ce que lui dictaient sa conscience et son devoir»(9). D’autres, dont Ali Haroun, avocat et ancien responsable au plus haut niveau de la Fédération de France, considèrent qu’avec ce ralliement «notre histoire ne bégaie plus, ne balbutie plus : elle bafouille complètement».(10)

C’est dire la complexité, l’incohérence des jeux d’alliances, la confusion et l’inconséquence qui ont caractérisé l’été de l’année 1962. Irrationalités qui ont compromis les chances de construire démocratiquement un édifice institutionnel démocratique, pour promouvoir la démocratie, comme s’y engageait la Proclamation  du 1er Novembre. La politique, autrement dit la gouvernance des affaires de l’Etat et la bonne conduite des destinées de la nation, ont été sacrifiées sur l’autel des ambitions de pouvoir personnel. Les promesses finiront sous le talon d’un autoritarisme d’une rare brutalité, né de ces joutes toxiques qui ont enchâssé l’Algérie dans la catégorie peu recommandable des pays les plus autocratiques de la planète.

C’est dans ce brouet de manigances et de combines qui ont aiguisé les appétits de commandement puis d’avidité d’hégémonie et de prépotence que vont naître les premières institutions nationales et surtout voir apparaître un système de gouvernance jacobin qui régente le pays au gré de ses humeurs, souvent en dépit du bon sens. Lors de la réunion du CNRA du 27 mai au 7 juin 1962, on assistera à l’étalage sans retenue des ambitions des uns et des autres qui flétrirent les lauriers tressés durement, le mot est trop faible, par tout un peuple avide lui aussi mais de liberté et de paix. Les Algériens, médusés, assistent impuissants aux déchirements de leurs héros et au flétrissement de leurs illusions. Ainsi donc, ceux qui ont introduit le mot frère dans le langage citoyen seraient en réalité d’irascibles rivaux prêts, pour assouvir leur fringale de grandeur, à faire couler le sang dans le sang encore chaud du million de martyrs. Ils n’ont pas reculé.

Aux suppliques de «Sbâa sinin barakat» des manifestations populaires, ont répondu en écho les salves des canon et des armes rutilantes, encore couvertes de graisse, apportées des frontières dont les lignes électrifiées Maurice et Challe ont été désactivées. Un équipement soudain pléthorique et sophistiqué, suintant de lubrifiant, qui n’avait jamais servi et qui avait tant manqué contre le colonialisme. Le voici, on l’étrennait contre des frères… Des Algériens qui s’autoproclamaient révolutionnaires ont ordonné à de jeunes Algériens, frais émoulus sortis des casernes de formation des frontières, de tirer sur d’autres Algériens, vermoulus par la guerre, accusés d’être des contre-révolutionnaires, au nom du peuple ! Plus tard, le crime se commettra au nom de Dieu lui-même !

 

Notes: 
1 – La réunion a regroupé. Krim Belkacem (ministre de la Guerre) ; Lakhdar Ben Tobbal (ministre de l’Intérieur) ; Abdelhafid Boussouf  ministre des renseignements et liaisons générales) ; Houari Boumediène (Chef d’état-major («COM» Ouest) ; Mohammedi Saïd (Chef d’état-major («COM» Est) : Hadj Lakhdar
(W. I) ; Ali Kafi (W. II) ; Saïd Yazouren, dit Vrirouche (W. III) ; Slimane Dehilès, dit Si Sadek (W. IV) Lotfi (W.).
2 – Saad Dahlab. Pour L’indépendance de l’Algérie. Mission accomplie. Ed. Dahlab. Alger 2001. Page 187.
3 – Du 17 décembre 1959 au 18 janvier 1960 à Tripoli –Libye.
4 – Mohamed Lebjaoui. Vérités sur la Révolution algérienne. Ed. ANEP. Page 167.
5 – Omar Boudaoud. Du PPA au FLN. Mémoires d’un combattant. Casbah Editions. Alger 2007. Page 231.
6 – Abdelkrim Ghazali. Quotidien La Tribune du 6 mars 2012.
7 – Ferhat Abbas. L’Indépendance confisquée. 1962-1978. Alger-Livres Editions. Alger – 2011. Pages 47- 48.
8 – Quotidien Le Monde du 20 juillet 1962.
9 – Leila Benammar Benmansour. La Crise de l’été 1962. Ferhat Abbas : «Sauver le pays de la congolisation». Alger-Livres-Editions. Alger 2011. Page 86.
10 – Ali Haroun L’Eté de la discorde. Algérie 1962. Casbah Editions. Alger. 2000. page 108.

Boukhalfa Amazit


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