DzActiviste.info Publié le ven 2 Août 2013

Nezzar: «L’armée n’a jamais planifié l’arrêt du processus électoral»

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Latifa Belhadj/ echoroukonline version française: Moussa K.
nezzarrrrrrrrrrrr_519446346Le général à la retraite, Khaled Nezzar a nié que l’armée aurait planifié l’arrêt du processus électoral en 1992, et que tout ce qui le préoccupait à l’époque c’était la stabilité du pays, que Chadli Bendjedid avait effectivement démissionné et que Abdelaziz Belkhadem a menti sans scrupule en annonçant ne pas être au courant de la fin du mandat de l’APN.

Le général Nezzar est revenu, à travers son site électronique, sur le déroulement des événements lors de la décennie noire des années 90, afin de répliquer aux déclarations fournies à Echorouk par l’ex-chef de l’Armée islamique du salut (AIS), Madani Mezrag, et à celles de l’ex-ministre des Affaires étrangères sous Chadli, Taleb Ibrahimi à Al-Jazeera en revenant sur les négociations ayant eu lieu à la veille de l’arrêt dudit processus et les concessions faite par l’ex-FIS dissous, avant même que Chadli annonce sa démission.

Khaled Nezzar a en effet comparé les déclarations de Madani Mezrag et Taleb Ibrahimi avec celles de l’ex-avocat du FIS, Bachir Mechri qui dit avoir été chargé par le président Chadli, par l’intermédiaire de Abdelkader Hadjar de transmettre un message à Madani Mezrag, qu’il qualifie de paradoxal.Le général Nezzar qui était au moment des faits à la tête du ministère de la Défense, a révélé que ce qui le préoccupait le plus c’était de sortir le pays d’une crise, d’éviter « l’afghanisation du pays », notamment après la «victoire» des seigneurs de guerre afghans sur l’ex-URSS et le retour massif des «Afghans algériens», au moment où les responsables politiques tenaient des pourparlers en catimini pour se répartir la récolte d’un processus démocratique égaré.L’ex-ministre de la Défense (1990-1993) a ajouté que l’institution militaire n’était pas au courant de ces négociations, avant de révéler que Madani Mezrag, après lui Taleb Ibrahimi avaient pris attache avec le beau-frère de Chadli pour lui confier la mission de remettre à ce dernier les propositions du FIS dissous.Il a également fait savoir que l’ex-ministre des Affaires étrangères sous Chadli avait déclaré à la chaîne Al-Jazeera avoir apprécié l’un des leaders du FIS, à savoir Abdelkader Hachani.Nezzar a indiqué également que Taleb Ibrahimi avait déclaré sur les antennes d’Al-Jazeera que le FIS aurait proposé d’accorder des sièges au second tour au FLN et le poste de Premier ministre, à l’ex-président du FFS, Hocine Aït Ahmed, en contrepartie de se contenter de trois portefeuilles ministériels, l’éducation, la justice et les affaires sociales.Force est de noter là-dessus, que ce sont les mêmes ministères choisis par Ennahda en Tunisie. «Serait-il un hasard en fait ?», se demande-t-il. Nezzar a affirmé aussi que Madani Mezrag, Taleb Ibrahimi et d’autres personnalités politiques proches du FIS, FLN et du FFS qui accusent l’armée d’avoir mis en place préalablement la nouvelle Assemblée ne veulent pas dire sciemment avec exactitude les choses telles quelles sont» et tentent même de faire croire que l’armée venait planifier un soi-disant coup de force. «Notre préoccupation à l’époque, était le déroulement des consultations dans la sérénité, et nous n’avions aucunement l’intention d’exclure telle ou telle partie, bien que l’islam politique était armé et vendu aux Algériens », a-t-il dit en ajoutant « avoir veillé au respect de la pyramide des institutions de l’Etat ».« J’ai envoyé personnellement le général Mohamed Betchine- qui est toujours en vie- auprès des membres du conseil consultatif du FIS afin que ces derniers mesurent sagement leurs ambitions et n’envisagent point, par quelque procédé que ce soit, de mettre en danger les grands équilibres de la société algérienne.» Le général Nezzar a dit que selon les informations dont disposait l’armée à l’époque, le FIS s’attendait à remporter 2/3 des suffrages exprimés au second tour, et que le taux élevé d’abstention faisait ses affaires. « Notre souci était que ceux qui allaient prendre les responsabilités pour la première fois ne déstabilisent pas le pays, comme ce fut le cas avec l’ex-parti unique, le FLN », a-t-il indiqué. «Notre seul souci, dit-il, était la stabilité du pays et le respect des libertés de tous les Algériens. Nous n’avions à aucun moment planifié quoi que ce soit et, ni envisagé l’arrêt du processus électoral.»Quant à l’interview que Madani Mezrag a accordée à Echorouk, Nezzar a dit à ce propos que les révélations de ce dernier ne sont pas correctes. Le souci majeur de l’ANP était de voir de se dérouler les élections transparentes, libres et honnêtes. Aussi déplaisant que cela puisse paraître à ceux qui défendent la thèse d’un coup d’Etat, le président Chadli a effectivement démissionné, et l’a exprimé via plusieurs chaînes de télévision et l’a même affirmé dans ces mémoires parues récemment.Le général Nezzar réplique au passage à l’ancien président de l’APN, Abdelaziz Belkhadem : «N’en déplaise à ceux qui ont menti sans scrupule, le mandat de l’APN était lui aussi bel et bien fort clos. J’ai eu l’occasion de le prouver le jour où je me suis exprimé sur ce sujet sur l’antenne d’une chaîne de télévision.»L’ancien ministre de la Défense estime aujourd’hui que les regards du monde sont rivés sur l’Egypte et la Tunisie, deux pays qui sont en train presque de vivre le même scénario qu’en Algérie. Selon lui, l’islamisme politique, était au début financé et encouragé par les officines occidentales, est maintenant décrédité.


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  1. Algérien dit :

    Mais mon général c’est Moh Bab El Oued et Amar Bouzouar qui ont arrêté le procéssus électoral et congedié Chadli ! C’est cela que vous voulez nous dire!?

  2. abou nouha dit :

    ya Algerien vous avez commis une grande faute en s’adressant à un criminel de guerre,comme etant votre géneral.il faut rectifier le tir:lui et ses semblables appartiennent à la promotion Lacoste.les « combattants(sic) »de la dernière heure.en 1958,ils ont été formés à saint cyr et dans d’autres « casernes »,puis ils avaient infiltrés les rangs de l’ALN.je pense que DeGaule lorsque ses adversaires,comme Salan lui avaient dits un jour,aprés le celebre discours: »je vous ai compris »,que vous donnez l’Algerie à ces Bougnoules.il avait rétorqué,moi je pense qu’il faut attendre,et ne pas se précipiter……….nos « Fils DOM TOM »,vont récuperer ce qu’on va leurs céder,aujourd’hui,aprés 30 années.Ne me dis pas ya Algerien,que DeGaule est un prophéte,surtout ça,je ne veux pas l’entendre.merci

    • Algérien dit :

      A Abou Nouha la déclaration de Nezzar me fait rappeler ‘’Errih Fi Chbek’’ c’est-à-dire, Coup de vent dans les filets. Errih Fi Chbek, c’est comme ça qu’ont nomme un discours, une circulaire, un ordre ou une instruction qui annoncé ne sera jamais concrétisée sur le terrain. Comme si les ministres du gouvernement, les patrons des institutions officielles semblaient dires, ne faites pas ce que je vous ordonne de le faire. Donc Errih Fi Chbek. Savez vous combien de fois le ministre du commerce, avait plaidé la cause des consommateurs depuis qu’il est nommé à son poste ? Et bien quatre vingt sept fois. Mais jamais concrétisé sur le terrain, quelques soient les prix des produits ou l’hygiène. Les commerçants sans scrupules défient les lois de la République. Comme je le précise, la plupart des réglementations et lois sont rarement appliquées sur le terrain, surtout auprès des élus des assemblées populaires, tels les APC, les APW qui depuis le temps de leur création sont issus de la boite dit FLN, qui venait de s’ajouter les Erendistes,: « Errih Fi Chbek, , l’essentiel ya jamaâ, ce phénomène a pris naissance le lendemain de l’indépendance de l’Algérie. Déjà juste après le 5 juillet 62, c’était la loi de Talion qui régnait, sans parler des affrontements armées entre les frères ceux de la wilaya 4 avec ceux de la 5. El baroud qui parlait entre les frères, les membres du GPRA marginalisés, c’étaient de très bons politiciens, ceux qui ont pliés les négociateurs français tels Louis Jox, Debré, Guy Mollet, et surtout les plus radicaux et ennemis de l’Algérie, François Mitterrand, Robert Lacoste et Jacques Soustelle. Ces trois personnages, sont les plus sinistres occupants de l’Algérie. Tu dois les connaitre ya Aboyu Nouha ? Robert Lacoste était ministre des finances et de l’Economie en 1956. Après la visite de Guy Mollet en Algérie qui était Chef du gouvernement, les pieds noirs l’ont accueilli à Alger par des jets de tomates. Alors Lacoste remplaça le général Catroux en février 1956 au poste de ministre résident et gouverneur général de l’Algérie, il demeurera jusqu’au putsch des généraux OAS, le 13 mai 1961. Un fervent partisan de l’Algérie Française. Il fut l’un des principaux acteurs de la répression du peuple algérien. Il a autorisé la torture des algériens par l’armée et la police française. On se rappel qu’il avait témoigné en faveur du sinistre général Salan lors de son procès, le 19 mai 1962. Jacques Soustelle reçoit un accueil triomphal à son arrivée à Alger le 17 mai qui lui a été réservé par les Français Pieds noirs et Algériens. Pour son engagement en faveur de l’Algérie française Pierre Mendès France le nomme gouverneur général de l’Algérie au début de la guerre (1955-1956). A ce poste, il envisage l’assimilation des musulmans à la France. Confronté au massacre des Européens par le FLN le 20 août 1955 à Philippeville, il choisit la politique de la fermeté : « répression d’abord, réformes ensuite ». Ce revirement lui donne une grande popularité parmi les Français d’Algérie mais est la cause de son limogeage. Lorsqu’il quitte Alger le 2 février 1956, la foule algéroise lui fait un triomphe. Afin de prolonger son engagement politique en faveur de l’Algérie française, il fonde en 1959, avec Georges Bidault, Léon Delbecque et Robert Lacoste, le Rassemblement pour l’Algérie française (RAF). Il œuvre pour le retour de De Gaulle au pouvoir, espérant que ce dernier saura maintenir l’Algérie française. Les choix du général de Gaulle pour l’avenir de l’Algérie sont pour lui une profonde déception. Il entre en conflit avec le général et se prononce résolument pour l’Algérie française. Il est alors démis de ses fonctions gouvernementales et exclu de l’UNR en 1960. Il rejoint alors l’OAS dont il fait partie des instances dirigeantes. Au cours d’une conférence dans laquelle il expose ses convictions pro-OAS, il est poursuivi pour atteinte à la sécurité de l’État, part en exil à l’étranger et un mandat d’arrêt est lancé contre lui. Il bénéficie de la loi d’amnistie générale de 1968. Mais les agents du FLN, avaient prononcés à son encontre, une condamnation à mort. L’agent Mohamed Ouraghi qui fut désigné pour l’exécution de la sentence à Paris où il occupait le poste de ministre de l’information. Cet attentat échouera et l’auteur sera arrêté dans une bouche du Métro.

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