DzActiviste.info Publié le mar 30 Avr 2013

Ni Bachar, ni Quatar !

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En Syrie  il n’y a pas un jour où il n’y a pas des dizaines de morts, des dévastations, des tortures. Le peuple syrien qui lutte est pris dans la tourmente infernale, pour la seule raison qu’il a osé lever la tête, et revendiquer son droit à la liberté, à la dignité, à la démocratie. Il est sorti dans la rue, pacifique et déterminé. Mais c’était compter sans la terrifiante réaction d’un des régimes les plus sanguinaires de l’histoire contemporaine. Il fut tout aussitôt accusé d’être à la solde de mouvements réactionnaires, voire même d’Israël, et une répression brutale s’abattit tout aussitôt sur lui. C’est le régime qui a contraint le peuple, en le broyant littéralement, à s’armer, et à se défendre.

Mais des forces embusquées, parmi les plus réactionnaires, et les plus chafouines du monde, dont il ne fait aucun doute qu’elles sont les alliées objectives et parfois même déclarées, du sionisme et des forces noires qui  dominent le monde, avaient déjà compris, depuis le printemps de jasmin, en Tunisie, que si elles ne faisaient pas main basse sur cette déferlante, et si elles ne trouvaient le moyen de la contrôler, de la juguler et de la brider, elle finirait par les emporter eux-mêmes. Ils perpétrèrent donc ce qu’ils avaient comploté, dans leurs officines obscures. Ils prêtèrent main-forte aux révolutionnaires. Ils leur dispensèrent toutes sortes d’aides, et d’armements, pour se défendre, et terrasser le régime syrien. Non pas pour aider le peuple syrien à se libérer, mais pour l’enfermer dans leurs propres logiques, en faire leur chose.

Certains observateurs, et même certains progressistes, sincères, mais aveuglés par leur haine, ô combien justifiée, de ces royaumes et de ces émirats ignobles, se sont tout aussitôt rangés aux côtés du régime syrien, puisqu’ils ont considéré, de façon assez sommaire, que l’ennemi des Qataris ne pouvait être que l’ennemi du mal. Une simplification osée, qui éclipse d’un revers de main le peuple syrien, ses souffrances, ses aspirations.
Le régime syrien, qui n’est pas tombé de la dernière pluie, en termes de subversion, et qui sait qu’il joue sa propre survie, n’a pas tardé à comprendre l’opportunité de ces soutiens inespérés. Et en plus des divisions religieuses sur lesquelles il joua à fond, en agitant aux minorités alaouite et chrétienne, entre-autres, le spectre du génocide qui s’abattrait sur elles, si les « salafistes » l’emporteraient, il a réussi, contre toute vraisemblance, à se tailler une dimension de héros, de résistant contre le sionisme, l’impérialisme américain et tutti quanti.

Ce qui a lieu en Syrie est trop complexe, trop épouvantable, pour être traité, avec un tant soit peu de clarté, dans ce modeste billet. Il n’en demeure pas moins, que pour ce qui me concerne, je ne tombe pas dans ces pitoyables travers. Ma sympathie, toute ma sympathie, va au peuple syrien, dans sa globalité, et tout particulièrement à ceux qui luttent contre le régime qui le broie. Je suis opposé aux salafistes, parce que je crois en l’avènement, en Syrie, et dans toute la région, d’une République sociale, foncièrement démocratique, moderne, mais ancrée dans ses propres vertus, où l’Homme aura toute sa place, où dignité et justice ne seront plus de vains mots. Mais malgré cela, je soutiens les salafistes qui combattent El Assad, parce que le peuple syrien n’a pas eu d’autre choix que de se ranger du côté de ceux qui combattent pour lui. Qu’importe d’où vient l’aide, et qu’importent les intentions de ceux qui la dispensent. Le plus urgent, pour le moment, et qui seul compte, est de vaincre le monstre qui dévore toute la nation, qui rase les villes, tue des dizaines de milliers d’innocents, et compromet l’avenir même de toute la région, en menant les populations vers une logique d’affrontement inter-religieux. Lui où le déluge.

Mais je sais que le moment venu, comme c’est déjà le cas en Tunisie et en Libye, les peuples sauront chasser les chauves-souris qui se sont engouffrées dans leurs vies, pour leur sucer leurs substances vives. Les Syriens savent déjà que le Qatar et la Saoudie ne les ont pas aidés par bonté de coeur, ni même par devoir religieux. Ça se saurait. Ces Etats fantoches n’agissent, dans ce genre de situation, que pour se préserver de la fureur des peuples, ou pour obéir à leurs maîtres sionistes.

A l’instar de la Tunisie, la Syrie libérée saura elle aussi, le moment venu, dire à ces forces embusquées de dégager les lieux. Je prédis, bien plus tôt qu’on ne croit, un retour de manivelle historique qui débarrassera notre monde du Qatar, de la Saoudie, et de toutes ces Entreprises américano-sionistes du mal.

Pour le moment, vive le peuple syrien, puisse-t-il trouver la voix de la paix et du bonheur, et que tous ses enfants se retrouvent en un seul élan libérateur.

Ni Bachar, ni Qatar !

DB


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