DzActiviste.info Publié le mar 7 mai 2013

Ni Bouteflika, ni les généraux.

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Par Said Radjef

bouteflikaDepuis sa récidive et son hospitalisation au Val-de- Grâce, Bouteflika est devenu la cible privilégiée d’une certaine presse. Des voix se sont élevées au ciel pour réclamer son départ, mais sous un vocabulaire enjôleur se cache souvent des manipulations hautement scientifiques, visant à légitimer le règne de l’armée.

Bouteflika et l’ANP sont les faces d’une même pièce de monnaie. Ce sont deux acteurs actifs de la même logique, celle qui caractérise les régimes totalitaires qui refusent de façon criminelle de se mouler aux grands principes qui régissent la démocratie.

Quel est donc cet algérien qui ne sait pas que Bouteflika, candidat de l’ANP, est inapte à gouverner encore l’Algérie ? Non pas en raison de sa maladie, non pas en raison d’un bilan peu reluisant marqué par une cascade interminable de scandales de corruption, mais beaucoup plus en raison de son manque de légitimité. Bouteflika n’a jamais été le candidat du peuple, élu au suffrage universel, conformément aux règles générales de la démocratie. C’est un président qui est arrivé dans un char, comme tous ses prédécesseurs. Un président adoubé par la haute finance internationale et la grosse industrie militaire et non par le peuple.

Or, il se trouve que l’indépendance du pays est l’œuvre du peuple algérien, et non celle d’une poignée de militaires criminels et sadiques qui se voilent fébrilement derrière la légitimité du 1er novembre 1954. Du 1er novembre 1954 au 19 mars 1962, la France n’avait en face d’elle qu’un seul adversaire : le peuple.

En quoi exhorter une armée qui sans le moindre adversaire en face d’elle a imposé l’une des guerres civiles les plus horribles au peuple algérien pour justifier son règne, une armée à qui personne n’a rien demandé depuis qu’elle est portée au pouvoir par De Gaulle à ce jour, est-il un acte salvateur pour l’avenir du pays ?

Au lieu de plaider pour l’émergence d’une troisième voie, certains s’acharnent à confiner le peuple dans une logique bipolaire criminelle. Si le bilan de Bouteflika est décevant, en quoi celui de l’armée qui détient la totalité du pouvoir depuis toujours, est-il positif ? Qui est responsable du génocide culturel et intellectuel qui étrangle le pays depuis trois décennies ? A la vérité, Bouteflika dans cette histoire n’est rien d’autre que l’alibi, le bouc émissaire malade du pouvoir personnel avec lequel on se sert pour empêcher la société de s’affranchir de ses vieux démons. Comment peut-on interpréter cette façon d’agir qui consiste à démolir Bouteflika et à priver la société d’être irriguée en liberté, en savoir et en culture ?

En Algérie, il n’y a pas que Bouteflika, l’armée et la presse habituelle. L’Algérie inventive, regorge de perspectives et de génies. Il faut dire que certains s’accrochent désespérément au règne des généraux parce qu’une Algérie desséchée et flétrie leur assure des lendemains radieux.


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  1. radjef said dit :

    Les chiens.
    Il y a plus de deux millénaires que l’on observe le comportement des animaux pour prévoir un éventuel séisme.
    Les animaux auraient-ils un sixième sens ?
    Face aux étranges comportements de nos amis les bêtes à l’approche d’un tremblement de terre, les spécialistes donnent souvent leur langue au chat. Depuis quelques semaines, les chiens hurlent si follement que nul n’a réussi à les faire taire. Mais tous les chiens ne hurlent pas. Il y a ceux qui savent que les carottes sont cuites. Désormais, ils savent qu’il n’y a plus personne a qui faire peur, à qui mentir, à qui inventer de faux héros… Certains chiens sont sortis de leurs cages et ont quitté précipitamment leurs abris avec plusieurs semaines d’avance. Ceux qui quittent leurs abris sont les plus méchants, ils savent tout le mal qu’ils ont fait depuis qu’ils occupent le poste de chien.

  2. radjef dit :

    Les mefaits de Bouteflika et le bilan de l’ANP selon la presse algérienne

    Lutte antiterroriste
    Sept terroristes éliminés à Tizi Ouzou et Boumerdès
    Quatre éléments d’un groupe terroriste ont été abattus, hier, par l’ANP dans un maquis situé entre le village Timliline et la plage Tamda Ouguemoun, dans la commune d’Iflissen (daïra de Tigzirt), à une cinquantaine de kilomètres au nord de Tizi Ouzou, a-t-on appris de sources locales.

    Et de préciser que les assaillants étaient au nombre cinq, à bord d’une voiture de type Golf. Ils sont tombés, vers 21h, dans une embuscade tendue par des militaires. Les éléments de l’ANP n’ont pas tardé à ouvrir le feu sur les terroristes qui ont répliqué. S’en est suivi un violent accrochage entre les deux parties. Les échanges de coups de feu ont duré plus de 30 minutes, selon les citoyens des villages limitrophes du lieu de l’embuscade. Trois islamistes ont été abattus alors que les deux autres ont réussi à prendre la fuite vers la forêt environnante.
    Hier, durant la matinée, on a appris aussi que l’un des deux sbires de l’ex-GSPC, qui ont pris la fuite, a été retrouvé mort, non loin du lieu de l’accrochage.

    Les corps des terroristes éliminés ont été acheminés vers la morgue du CHU Nedir Mohammed de Tizi Ouzou, où ils sont actuellement en cours d’identification. Trois kalachnikovs ont été récupérées à l’issue du violent accrochage, ajoute-t-on. Trois militaires ont été blessés au cours de cette opération, dont un officier aurait succombé à ses blessures lors de son transfert au CHU de Tizi Ouzou, indique-t-on de mêmes sources. Un important groupe terroriste est pourchassé dans cette localité par les services de sécurité depuis plusieurs semaines. Un terroriste avait été abattu et un militaire blessé lors d’une précédente embuscade tendue par les éléments de l’ANP dans ces maquis considérés comme un repaire des islamistes armés.

    Les auteurs de l’attentat de Keddara abattus

    Par ailleurs, les forces de l’ANP ont réagi avec célérité à l’attentat ayant coûté la vie, dans la soirée de lundi dernier, à deux agents de sécurité d’une carrière d’agrégats à Keddara, à 30 km au sud de Boumerdès. L’opération de ratissage menée peu après l’attaque terroriste s’est soldée par l’élimination de trois terroristes et la récupération de trois armes automatiques, a-t-on appris de sources locales. Les trois sanguinaires ont été abattus, hier à l’aube, sur les hauteurs de la localité susmentionnée. Les cadavres ont été acheminés vers la morgue de l’hôpital de Thénia où ils sont en cours d’identification. Ce coup de filet se veut une réplique énergique aux éléments de l’ex-GSPC qui écument les maquis de cette partie de la wilaya. La phalange locale, qui sévit sous la bannière de katibet El Fath, est réduite aujourd’hui presque à néant, soutient une source sécuritaire. Certains soulignent que les assassins des agents de sécurité, avant-hier, voulaient s’emparer d’une quantité d’explosifs au niveau de la carrière.

    Bouteflika est-il lâché par les siens ?
    Que se passe-t-il au sein de la «famille révolutionnaire», des partis présidentiels, du moins ceux qui s’en réclament encore : le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), du mouvement associatif et des personnalités qui ont prêté allégeance à Bouteflika pour faire subitement les morts s’agissant de l’information sur la santé du Président ? En d’autres temps, tous ces supporters, réagissant au quart de tour, n’hésitent pas à rivaliser de zèle et à surenchérir en déclarations et manifestations de soutien pour tout ce qui émane de la Présidence et touche à la personne du Président. Ce fut le cas notamment en 2005, lorsque le président Bouteflika avait eu ses premiers ennuis de santé ayant nécessité son transfert à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce. Personne ne manquait à l’appel. Les rédactions étaient inondées de messages de soutien et de vœux de prompt rétablissement à Bouteflika tout au long de son hospitalisation et à la suite de sa sortie de l’hôpital. L’ENTV ne manquait pas de répercuter quotidiennement avec, à l’appui, des images et du son des citoyens et des personnalités de tous bords exprimant leur préoccupation et leur joie de voir le président Bouteflika rétabli et regagner le pays. Cette fois-ci, il y a comme de la friture dans la ligne, une entente tacite, une instruction partie de quelque part pour s’abstenir d’aborder de quelque façon que ce soit le sujet. Pas même en le prenant sous l’angle du rituel message de vœux de prompt rétablissement qui fait partie de notre culture ; une manière toute orientale de se réconcilier devant l’adversité même entre pires ennemis. Ceci dans l’absolu. Car en politique, il n’y a pas de déclaration, de geste, voire jusqu’au frémissement et au silence qui ne soient pas connotés et décryptés dans un sens ou un autre. Ne rien dire, c’est aussi une façon très diplomatique de communiquer. Un procédé subtil qui trahit un embarras à se positionner sur un sujet aussi sensible que la maladie du Président, que l’on gère dans son entourage restreint avec soin, comme on manipulerait de la dynamite. L’absence de déclaration frisant la censure consciente et préméditée de tous les porte-voix de Bouteflika ne peut pas, à l’évidence, s’expliquer uniquement par une supposée attitude morale invitant à la retenue et à la décence face à la maladie d’autrui. Face à l’épreuve qu’il traverse, Bouteflika apparaît, dans une première lecture, comme un homme seul, ne comptant que sur l’entourage familial et la fratrie pour doper le moral et surmonter ses ennuis de santé. Tout indique, d’ailleurs, que c’est sur le levier familial qu’il s’appuie pour gérer scrupuleusement la communication sur sa santé, objet de vives spéculations dans les médias et au sein de l’opinion publique.

    La maladie du Président, qui est passée à la suite de son AVC à une phase nouvelle et sensible, laisse penser que ce fait imprévu qui ne manquera pas inévitablement d’être porté et souligné en gras au bas de son CV a donné lieu à des repositionnements ou, à tout le moins, à une attitude de wait and see dans les sphères et la clientèle du pouvoir par rapport à la donne Bouteflika et à son avenir politique. Cette prudence de la classe politique proche de Bouteflika à se déterminer face à la nouvelle équation politique posée par sa maladie illustre parfaitement le statu quo, l’absence totale de visibilité et le coma politique dans lequel est plongé le pays. La santé de Bouteflika, désormais encore plus fragile qu’elle ne l’était auparavant, a brouillé toutes les cartes qui doivent être redistribuées dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.Ne rien dire, ne rien faire ni dans un sens ni dans un autre, tel semble être le credo du moment des soutiens traditionnels de Bouteflika, qui attendent des signaux plus clairs pour sortir du bois. Bien que certains analystes soient formels pour dire que même si cliniquement le Président se tire d’affaire, politiquement en revanche, il est déjà mort et enterré.

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