DzActiviste.info Publié le dim 10 Mar 2013

Non à l’exploitation de gaz de schiste en Algérie: Brochure du CNLC

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Brochure d’informations, de réflexions et de propositions

 

Élaborée par le Collectif National pour les Libertés Citoyennes

 

« Non à l’exploitation de gaz de schiste en Algérie »

 

 

 

 

 

 

« L’Algérie n’est pas un champ d’expérimentation, tel était notre premier appel. Aujourd’hui, nous disons, l’Algérie n’est pas à vendre »

CNLC

cnlc-dz.org

cnlcdz@gmail.com

brochure du cnlc non à l’exploitation de gaz de schiste en algérie

COLLECTIF NATIONAL POUR LES LIBERTES CITOYENNES (CNLC)

La nouvelle loi sur les hydrocarbures est entrée en vigueur samedi 9 mars 2013, suite à sa publication au Journal officiel. Ainsi, les dirigeants algériens avalisent un projet destructeur. L’exploitation de gaz de schiste. Le CNLC s’y oppose. Depuis sa fondation le 20 octobre 2012, le CNLC n’a eu de cesse de rappeler, à travers la littérature développé jusqu’à présent, que l’exploitation de gaz de schiste en Algérie, nous mènera vers un avenir outre qu’incertain, mais vers une dilapidation des richesses du pays sans précédent. Depuis l’annonce de ce projet, le régime et ses voix, tonnent pour concrétiser cette entreprise sans demander l’aval du Peuple Algérien. Ce qui souligne son caractère tyrannique, antidémocratique et antirépublicain, pour résumer, son attitude antinationale et antialgérienne.

« L’Algérie n’est pas un champ d’expérimentation », tel était notre premier appel. Aujourd’hui, nous disons, « l’Algérie n’est pas à vendre ».

Le CNLC présente dans cette brochure ses arguments, tirés de conférences qu’il a organisé, des contacts entrepris, des travaux dans la presse publiés, de contributions d’amis, et de diverses informations sélectionnées dans les médias. L’opposition à l’exploitation de schiste sous-entend s’inscrire dans une opposition au régime et à son sérail, le système et ses tentacules ; sous-entend également une opposition à la politique de mépris et d’opacité qu’adopte les tenants des pouvoirs de décision.

Dans cette brochure, l’opposition à l’exploitation de gaz de schiste s’explique à travers les volets suivants : politique, économique, écologique, géostratégique et santé publique.

Pour contrecarrer la dilapidation des richesses du pays, la société civile doit se mobiliser davantage. Toute initiative est à promouvoir. L’objectif est de contrer l’exploitation de gaz de schiste, projet qui cache tant de dessins machiavéliques.

Nous n’avons nul besoin d’exploiter le gaz de schiste. Nous ne voulons pas compromettre le devenir des générations d’Algériens qui nous succèderont. Nous devons reprendre le contrôle de l’économie, imposer la prise en compte des besoins réels et des nuisances indésirables. La gestion des affaires de l’État doit aller dans le sens d’une approche plus démocratique, du moins plus pragmatique. Il ne s’agit pas de nourrir l’illusion de leur maîtrise technique. La représentation des citoyens et leur rôle actif dans les processus décisionnels deviennent alors des questions cruciales. Les Libertés Citoyennes doivent prendre forme concrètement. C’est un long combat qu’il faut mener pour arrêter cette tentative d’exploiter le gaz de schiste.

Pour des soucis de simplicité, nous présentons les raisons sous forme directe. Tout ce qui suite est disponible sur le site du CNLC (www.cnlc-dz.org)

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L’Algérie n’est pas à vendre

 « Peuple Algérien, la terre pour laquelle s’est battue et s’est sacrifiée les valeureux chouhahdas et moudjahidine de la glorieuse guerre de Libération Nationale, est aujourd’hui menacée par les intérêts des clans qui gravitent autour de la rentre des hydrocarbures. Peuple Algérien, le sang qui a été versé pour libérer cette terre ne doit point partir en vain. Peuple Algérien, t’opposer à l’exploitation de gaz de schiste, c’est reconduire le serment signé par les enfants dignes de l’Algérie, pour la sauvegarde de la Nation, pour la Liberté de ton pays, pour la l’avenir des générations qui nous succéderont. Une fois le projet d’exploitation de gaz de schiste mise sur chantier, les risques du contrôle du pays à partir des capitales occidentales seront plus que certains. La gestion du secteur des hydrocarbures reste soumise aux fluctuations des luttes de clans. L’opacité présente autour de cette question ne peut exprimer que l’une de ces deux possibilités : soit le pouvoir est dans l’improvisation la plus totale, soit il est dans la sous-traitance de décisions qui lui sont extérieures (imposées). Dans les deux cas, il est disqualifié pour ce qui est d’engager des décisions de long terme qui concernent le devenir même de la Nation. Le système compte continuer à se pérenniser en autocrate et en dictateur grâce à la rente. Devant la faiblesse des politiques à défendre les intérêts suprêmes de la Nation, s’opposer à l’exploitation de gaz de schiste traduit, en ces heures difficiles, le positionnement en patriotes républicains, soucieux de l’indépendance de l’Algérie pour espérer un avenir meilleur. Les Algériens, après 50 ans de gestion catastrophique de leur pays, se verront encore pris en otage durant un deuxième cinquantenaire. S’opposer à l’exploitation de gaz de schiste, c’est dire au régime et à leurs lobbies que l’Algérie n’est pas à vendre. Si la souveraineté nationale subit depuis une décennie des soubresauts, via le concours de relais qui activent à l’intérieur du régime, puisque en accointance avec des forces occultes de l’extérieur, l’exploitation de gaz de schiste représente une menace pour la cohésion nationale et l’avenir de la nation. La division du pays est un plan qui parait présentement surdimensionné, mais c’est une entreprise plausible. Le projet d’exploitation de gaz de schiste a été décidé dans l’opacité. Aucun débat national n’a eu lieu, et le collège des experts et des spécialistes n’a pas été consulté. La commission des affaires économiques de l’assemblé, s’est contentée de la consultation de trois responsables pétroliers, deux universitaires et d’un économiste.

Il faut noter que le miracle des gaz de schistes aux États-Unis d’Amérique tient essentiellement de l’ampleur des subventions fédérales accordées aux exploitants. Sur l’impact désastreux que cette exploitation aura sur les biotopes sahariens ; pour prendre un ordre mesure, il faut envisager qu’elle sera deux à trois fois plus grave que les expériences nucléaires et biologiques que l’État français y avait poursuivies jusqu’en 1978. Sur l’empreinte écologique de la technique employée dans l’exploitation des gaz de schistes : la fracturation hydraulique combinée à l’emploi d’adjuvants hautement toxiques et létaux pour nombre d’entre eux. Ces aspects devraient suffire l’établissement du bilan du secteur des hydrocarbures et l’élaboration d’une stratégie nationale énergétique et pétrolière intégrée.

Le projet insiste lourdement sur l’exercice exclusif par l’entreprise nationale SONATRACH – SPA, ou par une de ses filiales, des activités de transport par canalisation des hydrocarbures, sans manquer de garantir le libre accès des tiers à ces infrastructures de transport par le paiement d’un tarif non discriminatoire. L’exploitation des gaz de schistes est « non conventionnelle » par ses procédés de

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forages, par son procédé de fracturation de la roche-mère, mais aussi par la durée de vie extrêmement courte des « puits ». La multiplication des forages implique des investissements colossaux et une densification rapide et soutenue des réseaux de transport du gaz et dont Sonatrach subira seule les lourds investissements. La première exigence, en encrant dans un cadre institutionnel la définition de la politique énergétique du pays sera un pas vers la transparence sur cette question stratégique. La seconde, compte à elle, est de nature à permettre la mobilisation de tout le potentiel d’intelligence du pays, qu’il soit dans les appareils d’Etat, dans le secteur économique ou dans les milieux politiques. L’objectif doit être de créer un sursaut vers un consensus sur cette question vitale.

L’Algérie rentière est une Algérie qui sommeille alors qu’elle dispose de la plus précieuse source d’énergie : 70% de jeunes sur lesquels il faudrait investir avec plus de conviction et de vision à long terme ».

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Dessin simple

 

 

 

 

 

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Remarques :

Le diagnostic qui est distillé dans certaines déclarations rapportées par la presse ne peut être recevable en l’État, d’autant plus que le sujet connait un brouillage persistant qui ne peut qu’alerter sur l’existence de jeux occultes probablement liés à des intérêts inavouables. En témoigne cette série de faits :

-Le Premier ministre énonce quatre « vérités » différentes en moins d’un mois :

-Le PDG de Sonatrach et son ministre de tutelle outrepassent leurs prérogatives de gestionnaires et engagent le sort même de la Nation, le plus souvent par des annonces faites dans des symposiums internationaux.

-Le chef de l’État reste muré dans le mutisme malgré l’évaluation « alarmiste » que son gouvernement semble faire du seul secteur pourvoyeur de devises pour le pays.

-Le parc immobilier s’étend sans prise en compte des impératifs de performance énergétiques et au détriment des terres agricoles.

-La croissance à deux chiffres du parc automobile national est subie comme une fatalité, dans une totale passivité, sans qu’aucune contrainte particulière ne soit envisagée pour les motorisations essence et diesel.

-Les énergies renouvelables continuent d’être le parent pauvre des partenariats envisagés avec nos voisins du nord.

-L’absence de stratégie nationale de l’énergie et plus spécialement des hydrocarbures.

La définition de la stratégie énergétique nationale ne peut plus se régler dans les conciliabules d’alcôves de l’oligarchie bureaucratique, ni dans les manigances avec les chancelleries étrangères.

Trois mesures d’urgence s’imposent : Stop au Fraking, Réactivation du Conseil National de l’Energie et élaboration du Livre Blanc.

Une disposition interdisant le Fraking (fracturation hydraulique de la roche-mère, procédé invasif, polluant et source d’une activité sismique « anthropique ») doit être introduite dans une révision de la loi sur les hydrocarbures. Ou bien, une loi instituant une veille technologique sur les techniques d’exploitation des Shale Gaz avec interdiction du Fraking doit être présentée au Parlement.

L’activation du Conseil National de l’Énergie – avec un élargissement de sa composante pour intégrer les départements de la santé, de l’environnement, des ressources hydriques et de l’aménagement du territoire, de l’enseignement supérieur et de l’agriculture –, s’adjoint à cela l’organisation d’un débat national sur la stratégie énergétique aux fins d’évaluer les politiques suivies jusque-là et d’élaborer une stratégie globale. Ce débat serait sanctionné par un Livre Blanc.

L’année 2012 a vu se succéder de multiples visites de délégations étrangères, particulièrement américaines de haut rang, visites dont la fréquence n’a point été égalée de par le passé. Il faut garder à l’esprit que l’Algérie est le troisième fournisseur de gaz de l’Union européenne après la Russie et la

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Norvège. Elle ne le sera plus pour les USA qui vont devenir autosuffisants et les premiers producteurs mondiaux de gaz grâce à l’exploitation intensive du gaz de schiste, dépassant ainsi le géant russe Gazprom

La Pologne, la Chine, l’Australie et les Etats-Unis, pour ne citer qu’eux, ont leurs propres contraintes et visions stratégiques qui n’ont absolument rien à voir avec l’Algérie. Donc, ce ne sont pas tous les pays du monde, mais certains pays qui se comptent sur les doigts d’une seule main et dans des conditions totalement différentes de celles de l’Algérie, qui ont décidés d’entamer l’exploitation de gaz de schiste.

La politique énergétique et les choix pétroliers du pays sont soient définis et opérés dans un cadre prévu par la loi, mais n’a jamais été mis en œuvre : c’est le Conseil National de l’Énergie. Sa mise en branle ne pourrait suffire pourtant. Un débat national doit impliquer l’ensemble des compétences nationales. Il doit être engagé de façon urgente.  Toutes les compétences nationales doivent être associées à l’élaboration d’un Livre Blanc sur la politique énergétique du pays et ses choix gaziers et pétroliers.

Il faut remonter à l’année 2011 pour constater que l’idée d’exploitation de gaz de schiste commençait à prendre forme et ce, à partir de New York, lors d’un déplacement du ministre de l’Énergie et des Mines, qui affirmait que l’Algérie détient de grands gisements de gaz de schiste, même plus importants que ceux des États-Unis. Le PDG de Sonatrach. Le 7 juin 2012, depuis Kuala Lumpur, en Malaisie, donne des chiffres fracassants sur des études qui, selon lui, sont déjà terminées alors que l’opinion publique croyait que l’on venait juste de débuter un forage de reconnaissance. Il annonce, dans le même contexte, qu’une superficie de 180 000 km2 a révélé un «potentiel énorme» de gaz de schiste, dépassant plus de 600 millions de mètre cubes par kilomètre carré, ce qui signifie que plus de 2000 milliards de mètres cubes peuvent être récupérés. Comment est-il arrivé à 2000 milliards ? Pour aboutir à de telles précisions, ces études ont bel et bien commencé depuis bien longtemps.

Mais….ces annonces traduisent une offre de service tendue par le régime algérien aux puissances occidentales pour se prémunir d’une quelconque révolte.

En effet, suite aux bouleversements dans des pays comme la Tunisie et l’Égypte, le Yémen et la Libye, le régime algérien croit que brader le pays est pour lui la seule issue de secours pour se protéger contre toute pression internationale. Le peuple Algérien pense le contraire, puisque pour lui, le salut vient de la fin du système.

Quant aux 9000 puits forés depuis 1950, ils traversent les nappes du turonien et de l’albien qui ne servent pas la consommation des citoyens. Ces puits ne contiennent pas des tonnes de produits chimiques, jugés très dangereux. L’existence des méthodes de diagraphie, pratiquées par Haliburton et Dowell Schlumberger pour contrôler l’adhérence du ciment injecté dans l’espace annulaire d’un puits, entre autres le CBL, ne peuvent pas résoudre le problème des fuites dans un trou de gaz de schiste. Dans un puits classique, si des fissures sont jugées importantes, on peut aller jusqu’à squeezer du ciment pour les colmater, opération qu’on ne pourra pas réaliser dans un shale well à cause de la forte pression du frac. Il faut  donc abandonner carrément le puits, ce qui représente une

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perte énorme d’argent.

La fracturation classique utilisée pour des réservoirs composés de roches compactes, n’a absolument aucune similitude avec la fracturation hydraulique des réservoirs de gaz et de pétrole de schiste. La première se fait à des pressions ne dépassant pas quelques bars de celles de fond des réservoirs (405 bars pour le gisement de Hassi Messaoud) alors que pour la seconde, rien que la tête d’un shale well appelé frac tree est conçue pour une pression de 15 000 à 20 000 psi soit plus de 1000 bars à raison d’environ 14,51 psi par bar. Il faut, si l’on se réfère à l’expérience de la compagnie Total, 30 fractures en moyenne pour un drain de 1000 m et environ 300 m3 d’eau, 300 tonnes de sable et 1,5 tonne de produits chimiques par fracture. Une dimension classique d’une fracture pourrait atteindre latéralement 150 m de part et d’autre du puits et verticalement de quelques dizaines de mètres en fonction de l’épaisseur de la formation. Au total, il faut environ 15 000  à 20000 m3 d’eau par puits, alors qu’on fait des réseaux appelés well pad de 5 à 10 puits. Si on prend un exemple de l’Etat de New York, un seul well pad de 6 puits a nécessité 6 600 rotations de camions, dont 90% pour la seule fracturation hydraulique. Pour une superficie de la taille annoncée, il faut compter un maillage d’une centaine de well pad, alors on peut imaginer la logistique nécessaire. Quant aux nouvelles techniques qui remplacent l’eau dans l’opération de fracturation, un rapport établi sous l’égide de l’Agence nationale de coordination de recherche et pour l’énergie(Ancre) a conclu sur la base d’une recherche par d’éminents spécialistes  qui a duré plusieurs mois que «la fracturation hydraulique est aujourd’hui la seule technique utilisée pour produire les hydrocarbures des roches mère par la stimulation de la production qui en résulte.»

 

 

 

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Volet Politique :

– Les réformes et les lois présentées devant une APN mal élue doivent faire l’objet d’un véritable débat public. Le régime essaye, et espère réussir, à noyer les questions d’ordre stratégique. En témoigne sa volonté d’exclure les différents acteurs qui ont un droit de regard sur la gestion des affaires de l’Etat, porteurs de revendications et d’intérêts souvent opposés.

– Dans l’argumentaire du pouvoir, le transfert de technologie est souvent répété. Il est utile de lui rappeler que son attitude dans la gestion, a dévalorisé le travail producteur de richesses, et a favorisé le recul du savoir-faire. De même, le régime est responsable, puisque c’est là aussi son désir, de la fuite des compétences, pourtant déterminantes dans la production en ce troisième millénaire.

– Le Premier ministre Abdelmalek Sellal proclame comme une fatalité l’exploitation de gaz de schiste, et confirme même son commencement avant qu’il ne soit présenté devant l’APN.

– Le gouvernement dit s’être déjà engagé avec des entreprises états-uniennes activant dans l’exploitation des gaz de schiste. Une remarque s’impose. A quoi sert le code des marchés si le gouvernement s’engage comme « il le veut et avec qui il veut ». L’Etat nation se transforme donc en Etat privé, où la gestion informelle est la culture dominante.

– Le pouvoir paraît ne vouloir régler que la question de sa survie et assurer l’hégémonie d’une de ses composantes. Il achète des membres de partis politiques et des députés mal élus, à l’intérieur ; et le soutien occidental à l’extérieur et ce, en leur offrant des marchés et des placements. Pour focaliser sur le dossier de l’exploitation de gaz de schiste, le régime, faible, sans légitimité, et qui vit sa dernière décennie, brade notre pays, l’Algérie, terre plusieurs fois millénaire, risque de se transformer en un champ d’expérimentation. On peut même se demander si le secret qui a entouré le transfert d’eau de Ain Salah vers Tamanrasset ne rentre pas dans ce cadre là. On peut également se poser une question, qui consiste à savoir si Abdelamalek Sellal, ministre des Ressources en eau durant 6 ans, n’est pas au stade final d’une mission qui lui a été confié par le cabinet noir du régime, d’essence politico-militaire.

– Le lobby des nouveaux oligarques nationaux veulent avoir leur part de la rente dans les hydrocarbures en attendant leur privatisation par introduction successive de lois sur les hydrocarbures leur ouvrant la voie avec l’appui et les pressions des USA et des compagnies pétrolières en contrepartie d’une protection assurée contre tout « printemps ».  C’est en quelque sorte un nouveau « pacte Quincy », comme celui signé en février 1945 en mer rouge entre le Président Roosevelt après la conférence de Yalta et le royaume Wahhabite: pétrole contre parapluie américain.

– Les questions énergétiques et pétrolières, en plus de toucher l’ensemble des secteurs de la vie du pays, engagent le sort de plusieurs générations. Elles ne peuvent plus être l’apanage de quelques décideurs fussent-ils les plus haut de la hiérarchie étatique.

– Le régime algérien fait de l’exploitation de gaz de schiste la démonstration de son allégeance aux pressions exercées par les compagnies pétrolières et leurs lobbies locaux. Cette allégeance est une caution qui sera juridiquement suivie par une législation assez permissive sur les hydrocarbures pour

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garantir leur retour.

– Opter pour l’exploitation de gaz de schiste est un choix qui va fragiliser le pays et remettre en cause sa souveraineté sur une partie de son territoire pour avoir plié juridiquement devant les exigences des multinationales.  Il va susciter un mécontentement grandissant des populations locales pour avoir été spoliées d’une eau si nécessaire pour leur vie et qui aurait tant servi à développer une agriculture et une activité touristique au Sahara.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Volet Économique :

– Des contrats ont  déjà été signés avec trois d’entre elles : Eni SpA, Royal Dutch Shell Plc et Talisman Energy. Les négociations se poursuivent actuellement avec Exxon.

-Prix de revient bien supérieur au prix de vente

-Le développement du gaz de schiste va faire chuter de manière durable les prix du gaz conventionnel ; même les contrats à long terme ne pourront pas résister longtemps à cette dynamique. Au mieux, ils seront respectés jusqu’à échéance, mais ils ne seront pas renouvelés.

-Les Américains sont très avancés grâce aux travaux de recherche et d’exploration géologiques entrepris depuis les années cinquante. Ces travaux ont été entièrement financés par l’Etat. Les sociétés pétrolières et gazières n’ont pas dépensé un seul cent sur les dizaines de milliards de dollars fournis par l’Etat… et donc du contribuable.

Les industriels ayant investi aux Etats-Unis reconnaissent avoir surévalué les bénéfices attendus.

-L’augmentation de production a provoqué aux USA un effondrement du prix du gaz, qui est passé de 8,4 USD/MBtu en 2008 à environ 3 USD/MBtu en avril 2012. Les prix de revient seraient entre 7 et 9 USD/MBtu.

-Dés 2011, le New York Times a dénoncé une « bulle spéculative » : en annonçant des ressources considérables, et donc des espoirs de gains en proportion. Les pétroliers ont attiré les investisseurs qui ont massivement financé leurs entreprises. Et ces entreprises doivent maintenant continuer à rechercher et à exploiter le gaz de schiste pour conserver la confiance de leurs actionnaires et éviter l’effondrement boursier, même si cette activité est « intrinsèquement non rentable » selon un analyste financier qui conclut que « les investisseurs risquent de perdre leur argent et les consommateurs de payer le prix fort ».

-M. de Margerie, PDG de Total, annonce aujourd’hui que son groupe « met la pédale douce en matière de gaz de schiste » à cause d’une rentabilité insuffisante. Au 4ème trimestre 2012, les sociétés pétrolières BHP Billiton (n°1 mondial du secteur minier), BP, Royal Dutch Shell et Encana ont procédés à des dépréciations de leurs actifs en gaz de schiste de plusieurs milliards de dollars. Elles reconnaissent ainsi qu’elles avaient surévalué les bénéfices attendus, ou plutôt sous-évalué les pertes. M. Tillerson, PDG d’ExxonMobil, déclarait en juin 2012 « nous perdons notre chemise sur le gaz naturel aux USA ». Qui sera le premier à tomber ? Peut-être Chesapeake Energy qui cherche 22 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2013 selon l’AGEFI ?

– Les dépenses liées à l’exploitation de gaz de schiste ne sont pas comprises dans le prix de vente de gaz américain, ce qui aurait rendu son exploitation non rentable. Ces travaux d’exploration se sont particulièrement intensifiés depuis l’adoption en 2005 par le Congres US de la loi (dénommée «Halliburton Loophole» exemptant les compagnies pétrolières utilisant la technique fracturation hydraulique de toute supervision par l’Agence de Protection de l’Environnement (US Environmental Agency) conformément à la Loi sur l’eau potable (Safe Water Drinking Act).

 

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Les gaz de schiste servent essentiellement aux USA à la consommation locale, pour les ménages, la production d’électricité et à l’industrie car l’une des caractéristiques des gaz de schiste, c’est leur énergie calorifique. Elle est relativement faible comparée aux autres gaz.

-Les compagnies gazières affirment généralement que c’est du méthane. Or le méthane est un gaz léger comparé au mélange gaz méthane-propane plus lourd et très inflammable. En fait, dans les gaz de schiste il n’y a pas que du méthane. D’autres éléments y sont présents comme l’azote et le gaz carbonique. Ce qui rend sa liquéfaction extrêmement onéreuse pouvant augmenter jusqu’à 4 fois son prix de revient, d’où son usage localement

-Il faut rappeler que la proportion de méthane présent dans le gaz naturel que nous utilisons est supérieure à 90% dans la plupart des gaz. Il faut savoir aussi qu’aux USA comme en Grande Bretagne et ailleurs, le prix du gaz est exprimé en British Thermal Unit (BTU). Or, lorsqu’il est question de gaz de schiste, cette mesure n’est plus employée. Le prix est exprimé en volume et non en BTU. Il est formulé sur la base de 1000m3. Il est facturé 4 fois plus cher au consommateur américain qu’à l’industriel et le prix varie en fonction des saisons et donc de la demande.

-En Europe, c’est la Pologne qui se taille la première place pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste à cause de ses gisements de charbon. Cependant, les résultats des explorations débutées en 2010, longtemps gardées confidentielles pour des raisons politiques et économiques pour faire pression sur la Russie à cause du projet du gazoduc North Stream, ont fini par révéler fin 2011 qu’elles sont sans grand intérêt. Il n’y aurait que 20% de gaz de schiste, tout le reste est constitué d’azote et du gaz carbonique. Il faut souligner aussi que toutes ces explorations effectuées par Exxon Mobil, Conoco, Chevron, etc., ont été financées en grande partie par les USA. Les bailleurs de fonds demandent en retour, au cas où les résultats seraient négatifs, d’avoir en guise de compensation les résultats détaillés de ces explorations.

-Les Américains préfèrent vendre le matériel de forage à l’Algérie, comme révélé par le New York Times du 4 janvier 2013.

– Une sous-traitance assurée a bas prix, par des nationaux une fois que les compagnies étrangères ont décroché les contrats, généralement du gré à gré dans l’opacité la plus totale.

-Le gaz de schiste a une faible compétitivité économique. Le rendement des puits est dès le départ beaucoup plus faible que ceux sur des gisements conventionnels. Ensuite, la baisse de la production est en moyenne de 40% dès la première année sur un puits de gaz non conventionnel. De sorte qu’il faut creuser plus vite que la déplétion. C’est-à-dire creuser de nouveaux puits tout le temps. L’aventure du gaz de schiste aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années est le fruit de 55 000 puits creusés. Le gaz de schiste est une industrie intensive du forage. Doublée d’une cohorte de coûts additifs. L’eau et son traitement après usage. Des parties de gisements classés conventionnels mais non exploités, car le gaz ou le pétrole y restent prisonniers de la roche mère. Pas assez de porosité et de perméabilité.

– Le gaz de schiste n’est donc pas économiquement une réponse au déclin rapide des réserves de pétrole et de gaz algérien. Aux Etats-Unis, le coût d’extraction du million de BTU de gaz de schiste revient entre 5 et 7 dollars. Son prix de vente sur le marché spot est en dessous de 3 dollars.

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Les coûts d’extraction de ce gaz non conventionnel seraient en Algérie encore supérieurs à ceux des Etats-Unis. Pour des raisons évidentes d’intensité technologique.

– Refuser de regarder l’avenir solaire de l’Algérie comme un grand dessein industriel et énergétique est un entêtement de bureaucrates carbonés. Le solaire doit devenir la première source de production d’électricité sur un marché domestique dont la croissance peut encore s’accélérer dans les prochaines années. Le gaz naturel servira à l’hybridation. Il sera ainsi préservé pour l’exportation.

– Un des principaux soucis des exploitants du gaz de schiste est d’anticiper le déclin de production des puits de forage, qui  peut perdre jusqu’à 40% de leur productivité dès la première année. Cette donne  implique  leur renouvellement constant.

– Les volumes potentiels de gaz d’argile sont considérables en Algérie, il serait possible de les compter en trillions de m3 ; cependant il nous invite à relativiser sur ces chiffres car, l’expérience américaine a prouvé qu’il n’est possible d’en extraire qu’entre 5 et 8% maximum des quantités identifiées.

– Le gaz de schiste émet plus de Co2 que le gaz conventionnel ; il risque donc d’être  plus assujetti à la taxe carbone que ce dernier, ce qui aura également une influence non négligeable  sur son prix de revient.

-Le développement de l’agriculture saharienne, et des infrastructures d’accueil touristique, serviront à inverser l’exode des populations du nord vers le sud, et garantirait le maintien des populations du sud, évitant ainsi des déracinements, donc une stabilité. C’est cette politique hardie tournée vers l’avenir qui mobilisera l’écrasante majorité de la jeunesse au lieu de continuer à la voir végéter et à « vivre » des restes de la rente.

 

 

 

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Volet Écologique :

-Les énormes quantités d’eau devant servir à la fracturation hydraulique, procédé utilisé dans l’exploitation de gaz de schiste, serviraient beaucoup plus à développer et à renforcer l’agriculture saharienne, particulièrement en fruits et légumes.

– l’opération d’exploitation de gaz de schiste débutera par l’importation d’un énorme parc de gros camions citernes pour le transport de l’eau. Ce sont des millions de mètres cubes d’eau qu’il faut transporter ainsi que du carburant sans oublier le sable aux propriétés bien définies et les multiples produits chimiques que seuls les grosses compagnies américaines maitrisent.

– La composition des fluides de fracturation dont certains produits chimiques sont  de véritables secrets de fabrication.

– Le caractère horizontal des forages dédié à cette exploitation en Algérie impliquerait donc de monopoliser un grand nombre d’espace dans un désert considéré comme une niche non négligeable pour l’agriculture et le tourisme vert.

-Les américains disposent d’une importante quantité d’eau de surface, ce qui leur a permis de ne pas s’inquiéter sur le sort des réserves d’eau douce.

-D’importantes quantités de « poudre à perlimpinpin », c’est-à-dire des produits chimiques  hautement toxiques mélangées à du sable et de l’eau projetée à très haute pression, risquent de s’infiltrer dans les sols et  de rejoindre ainsi  les nappes phréatiques. L’exploitation intensive de la nappe albienne, dont le taux de renouvellement n’excède pas les cinq pour cent par ans, favorisera également la salinisation des terres.

-Les Occidentaux veulent en réalité expérimenter et améliorer leur technologie au dépend de l’environnement algérien.

-La pollution du Sahara est la dernière préoccupation tant des décideurs algériens que des futurs détenteurs de concessions. Avec l’augmentation démographique et le changement climatique, sa raréfaction se fera croissante. Elle acquiert alors une valeur stratégique comparable à celle des hydrocarbures et devient ainsi un produit à valeur marchande de plus en plus croissante. Elle est par conséquent une source potentielle de conflits et de diktats pour celui qui en est propriétaire.

– Une fois l’exploitation de gaz de schiste commencée, les retombées seront catastrophiques pour le pays déjà confronté au stress hydrique et à la sécheresse récurrente. La pollution atmosphérique ira croissante suite aux fuites du gaz méthane, même après la cessation d’exploitation des forages. Les nappes phréatiques et particulièrement la nappe albienne sur laquelle tablent les spécialistes de Sonatrach pour l’approvisionnement en eau pour l’exploitation du gaz de schiste seront irrémédiablement contaminées non seulement par des différents gaz à travers les fissures, les fractures, mais aussi par les différents produits chimiques hautement toxiques injectés à très haute pression dans les puits de forage.

– Le sol sera irrémédiablement contaminé par les eaux résiduelles et les éléments radioactifs.

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– L’analyse de la composition chimique des eaux des puits ne montrent pas de contamination par des matières provenant des zones profondes de fracturation (chimiques, éléments radioactifs) ce qui éliminerait la possibilité que le méthane soit véhiculé par la migration des eaux de fracturation au travers des failles. D’autres mécanismes de la migration du méthane dans les puits sont discutés et celui le plus probable serait que des micro-failles se seraient créées permettant le passage du méthane vers les couches géologiques supérieures.

– La remontée des radionucléides et des bactéries enfouilles depuis des centaines de millions d’années est également très dangereux puisqu’il s’agit d’organismes (immortels) et de produits radioactifs très nuisibles à la santé humaine.

-Les séismes, provoqués par la fracturation hydraulique, sont assez réguliers et de magnitude moyenne, de l’ordre de 4,5 à 5° sur l’échelle Richter, ce qui induirait de l’instabilité permanente du sous-sol saharien.

Il est utile de maintenir une exploitation intelligente, rationnelle et équilibrée de nos richesses en hydrocarbures pour préserver l’avenir des générations futures et protéger notre environnement et la souveraineté de notre territoire de la rapine et des convoitises.

 

 

 

 

 

 

 

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Volet Géostratégique :

-L’exploitation de gaz de schiste est un paravent visant d’autres objectifs stratégiques, celui de l’exploration, l’extraction et le traitement des terres rares, traitement extrêmement polluant et nécessitant de très grosses quantités d’eau.

-L’eau est disponible en très grosse quantité dans la nappe albienne, richesse commune des pays maghrébins, donc future source de conflit entre voisins et même source de mécontentement des populations locales. D’où la tentation de séparatisme qui peut être cultivée, comme le démontre l’éclatement du Soudan et tout récemment la rébellion au Mali. C’est aussi un moyen de contrôle et de supervision sur toute future tentative d’exploitation de l’uranium.

-Il faut replacer le choix d’exploitation de gaz de schiste dans le cadre de la réalisation du Moyen Orient-Afrique du Nord, région qui s’étend du Maroc à la frontière chinoise. Un vrai croissant « fertile », riche en hydrocarbures, ressources humaines, terres arables et où et les chinois et les russes seraient définitivement éliminés avec la bénédiction et le soutien des sous-traitants saoudiens, qataris et des harkis locaux.

– L’expérience américaine, seule référence à l’heure actuelle, devait être abordée avec une grande prudence et intégrer le fait que les intérêts de cette nation à développer ce type de gaz sont  largement liés à une volonté de pérenniser son hégémonie sur le reste du monde.

– Les russes comme les qataris sont des concurrents potentiels en matière d’hydrocarbures. Ce n’est point une nouveauté. Entre une économie algérienne basée sur la rente pétrolière, le népotisme, la prédation, la corruption et le mépris des compétences et une économie qatarie diversifiée par des investissements massifs à travers le monde grâce aux fonds souverains, il est facile de comprendre la vulnérabilité et la fragilité de l’Algérie qui se contente de placer ses réserves de change pour plus de 86% à un taux d’intérêt presque nul pour ne pas dire en pure perte.

– Il serait faux de croire que la production américaine va être suffisante pour alimenter l’Europe pour diminuer sa dépendance par rapport au gaz russe. L’Amérique devra d’abord faire face à la crise économique qu’elle traverse et relancer son économie pour demeurer la première économie mondiale. De ce fait, elle doit pouvoir satisfaire et répondre à la demande croissante en énergie, une énergie bon marché pour son économie et le bien-être de sa population. Elle ne manquera pas de vouloir s’accaparer en alliance avec les monarchies arabes du marché asiatique où la demande est croissante et où le prix de vente du gaz est nettement supérieur au prix pratiqué en Europe. ll faudra donc à l’Europe trouver un fournisseur potentiel d’un produit bon marché pouvant concurrencer de par sa proximité géographique le géant Gazprom et casser ainsi toute velléité de constitution d’un cartel du gaz.

-Le projet du Grand Moyen-Orient ou MENA n’a point été remis en question. Il y a lieu de parvenir à la désintégration du monde arabo-musulman et assurer la pérennité et la domination de l’Etat d’Israël. Il se concrétise d’ailleurs par la destruction de l’Irak et l’appropriation de son pétrole, la partition du Soudan entre Soudan du Sud chrétien riche en hydrocarbures et le Soudan du nord musulman, les changements violents et l’instabilité des régimes en Libye, en Egypte et en Tunisie,

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la guerre civile en Syrie caractérisée par la destruction délibérée de tous ses vestiges historiques comme en Irak, et la domination pour les décennies à venir de tout le bassin méditerranéen et de tout cet espace allant de l’Atlantique aux frontières chinoises. Toute velléité de solidarité, semblable à celle de l’année 1973, est ainsi entièrement écartée. L’Algérie dans cet ensemble paraît être un pays «stable», stabilité recherchée par les investisseurs. La rente pétrolière peut alors l’«acheter» grâce à l’octroi de licences de longue durée et de grandes concessions de territoires pour l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste fondée sur une juridiction et une taxation qui ne lèsent point les intérêts des multinationales. En contrepartie, une protection du régime serait assurée. C’est un projet qui ressemble beaucoup plus à une abdication face aux multinationales qu’à une décision souveraine mûrement réfléchie.

 

 

 

Menaces sur la nappe phréatique

 

 

 

 

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Volet Santé Publique :

-Dans la majorité des cas, les études épidémiologiques manquent de recul (études sanitaires non systématiques et/ou trop récentes, manque de transparence des sociétés exploitant les gisements sur la nature et la concentration des produits chimiques ajoutés a l’eau de fracturation).

-L’Association Toxicologie-Chimie (France) ATC dans son rapport publié en Mai 2011 signale que sur les 2500 mélanges chimiques retrouvés dans les fluides de fracturation, plus de 650 contiendraient des produits potentiellement nocifs pour l’homme (effet neurotoxique, hémato toxique, hépatotoxique, néphrotoxique, reprotoxique). Parmi ces derniers, 22 sont classés comme cancérogènes dont certains sont à éliminer impérativement car sembleraient être responsables d’effets irréversibles : le benzène, le formaldéhyde, l’oxyde d’éthylène…. D’autres considérés comme préoccupants pour la santé devraient être remplacés par des produits moins toxiques. C’est l’exemple des éthers de glycol, des composés du bore, des formamides….

-La population exposée est celle des travailleurs sur les gisements et des riverains, avec des pics de niveau de pollution au niveau des sites d’activité extractive.

-L’étude entreprise dans le Colorado, auprès de 5000 personnes vivant pour la plupart dans un rayon de 200 m autour des puits, a conclu à une exposition significative aux polluants.

-L’apparition de symptômes, troubles respiratoires, allergies, maux de tête, saignement de nez, spasmes musculaires, étourdissements,  diarrhées, ont incités les services sanitaires à des analyses de l’air puis a des analyses de sang dans lesquelles des taux largement supérieurs à la normale ont été signalés.

-Le  décès prématurés de bétail et l’apparition surprenante de pluies d’oiseaux morts. Les investigateurs ont proposé plus de 70 recommandations pour réduire ces impacts, mais le rapport n’a jamais été finalisé du fait que la société d’exploitation contestait les conclusions de ce rapport.

-L’exposition de l’homme aux agents toxiques se fait en contact de l’air et de l’eau potable pollués.

-L’air est contaminé par évaporation des substances chimiques incorporées dans les liquides de fracturation au cours des différentes étapes d’exploitation des gisements. Sont retrouvés dans l’air des polluants atmosphériques divers : Hydrocarbures, NOx, SOx, O3, particules variées…

-L’air est  aussi  contaminé par les torchères, par la fuite des gaz au niveau des sites d’extraction et lors de leur acheminement dans les pipelines. La voie principale de contamination par l’air est l’inhalation, mais la pénétration par la peau n’est pas à négliger pour certaines substances.

-Des accidents peuvent aussi survenir : explosions (ex : Pennsylvanie), déversements accidentels de produits chimiques hautement toxiques, etc…

-De nombreux métaux (Fer, Cuivre, Manganèse, Argent, Mercure, Plomb, Cadmium,…) et autres substances (Arsenic, Antimoine, Sélénium…), présents dans les roches à l’état de sulfures peuvent être libérés sous une forme ionisée hydrosoluble et dont certains sont d’une grande toxicité pour l’homme.

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-Une autre contamination de l’eau semblerait  se faire par le méthane, produit de l’extraction de la roche de schiste.  Les scientifiques connaissent la toxicité du méthane sur l’homme après inhalation (asphyxiant), mais ils ignorent les conséquences de son ingestion. Aux USA, des concentrations élevées de méthane en moyenne 17 fois supérieures à la normale ont été détectées dans 85% des puits d’eau potable situés à 1km de distance des forages (51/60). Grâce à des signatures isotopiques du méthane, les auteurs ont pu déterminer que celui-ci provenait de zones plus profondes de type thermogénique que celui produit dans des couches moins profondes de type mixte biogénique/thermogénique. Cette origine profonde (zones de fracturation) du méthane est confirmée par la présence d’autres gaz à chaine plus longue qui sont des marqueurs de la production profonde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Annexes :

 

« Le secteur National des Hydrocarbures aura vécu »

 

Sans surprise, les membres de la chambre basse du parlement algérien viennent d’avaliser l’amendement de la loi sur les Hydrocarbures ce lundi 21 janvier 2013.

Les députés de la législature 2012-2017, hormis ceux du FFS, prennent ainsi la responsabilité de l’adoption d’une loi attentatoire aux intérêts de la Nation. L’Histoire, et le peuple algérien, retiendra leurs noms dans la mémoire de la manière la plus négative qui soit.

Cette loi a été taillée sur mesure pour servir les intérêts des multinationales. Tout porte à croire qu’elle a été inspirée par les tenants de la finance internationale.

Les députés qui l’ont voté viennent de confirmer que cette assemblée est un appendice de l’exécutif, une chambre d’enregistrement croupionne d’un régime antipopulaire et antinational, qui se met de plus en plus aux ordres des multinationales.

Le gouvernement a fait un point d’honneur de faire passer son projet sans amendements majeurs. Ce qu’il a obtenu. Certains groupes parlementaires, le FLN entre autre, ont tout simplement retiré les amendements qu’ils avaient soumis à la commission des affaires économiques. Le vote du bloc FLN, RND, PT, et de quelques autres sigles, vient de balancer l’Algérie dans l’inconnu d’un choix énergétique incertain et l’engager dans une option stratégique douteuse.

Le « miracle des gaz de schistes », dans les pays d’Amérique du Nord, risque à terme de s’avérer n’être qu’une bulle spéculative gigantesque. L’Algérie, si elle a été à la marge de la crise des sub-primes de l’immobilièr, vient de plonger dans un engrenage qui sera extrêmement couteux. L’Algérie n’a pas les moyens d’encaisser l’explosion d’une bulle spéculative. Le choix introduit par les amendements du gouvernement met en péril les fameuses « réserves en devises du pays ».

Les amendements, que vient d’avaliser l’APN, soumettent la détermination de l’impôt au bon vouloir des entreprises pétrolières. Ils discriminent le groupe national Sonatrach. Le monopole sur les réseaux de transport par conduite fera supporter au groupe national, de façon exclusive, des investissements colossaux dont la rentabilité s’annonce plus qu’incertaine. Ajouter à cela les dispositions LEGALES qui lui font l’obligation d’assurer, aux multinationales, « le libre accès » à ces conduites et surtout de le faire à « un prix raisonnable ». Cela place Sonatrach dans une posture d’infériorité face aux majors pétroliers. Pour finir, cette loi permettra aux pétroliers étrangers de vendre leur production sur le marché national au prix du marché mondial. Mises ensembles, « les innovations » qu’introduit l’exécutif pour permettre l’exploitation des gaz de schistes reproduisent dans le fond la démarche états-unienne de subventions massives de ce secteur atypique.

 

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L’Algérie, totalement néophyte dans le domaine des hydrocarbures non conventionnels, va se retrouver dans une dramatique dépendance technologique. La nouvelle loi, par le biais de ses articles 35 et 36, réintroduit le système de concession au profit des sociétés pétrolières, avec des périodes qui s’étalent sur 30 ou 40 ans. Cela replace l’Algérie dans la situation antérieure au 24 février 1971.

L’ensemble de ces choix gravissimes, avalisés par l’APN, ont été fait dans la plus totale opacité et en l’absence de toute consultation ouverte ou débat national sur le sujet. Le régime adresse un message aux Algériens, il leur signifie une totale dénégation de leur légitime droit à s’intéresser à l’avenir du pays et à la gestion de ses ressources. Le pouvoir actuel étale avec arrogance sa volonté de privatiser l’Etat algérien et ses institutions.

Le projet d’exploitation de gaz de schiste a été décidé dans des cercles occultes en dehors du cadre institutionnel, notamment le Conseil National de l’Energie, en hibernation depuis une décennie, comme d’ailleurs la Cour des Comptes. Ce projet gage les intérêts des générations actuelles et futures. C’est une loi scélérate qu’il faut dénoncer dans tous ses aspects. Que ce soit sur le volet de la politique énergétique, des risques majeurs qu’elle fait peser sur l’environnement et les ressources hydriques, des conséquences qu’elles introduits en matière de santé publique, de ses répercussions néfastes sur le climat, et de l’aliénation de la souveraineté sur nos ressources, sans oublier la non rentabilité économique.

Un autre danger, et pas des moindre, puisqu’il amplifie les risque sur notre souveraineté nationale, est souligné par de nombreux spécialistes. Cette frénésie autours des gaz de schistes cacherait en vérité l’urgente nécessité pour les multinationales de prospecter, en grand, de larges étendues susceptibles de receler des terres rares. Ces terres, obsessions des grandes puissances, sont indispensables aux secteurs des technologies de pointe, et dont la Chine détient les réserves essentielles. Vendre les technologies de forage horizontal et de fracturation hydraulique, prospecter en catimini pour détecter les gisement de terre rares, retarder l’explosion de la bulle financière des gaz de schiste, voilà les objectifs que concrétiseront les pétroliers grâce aux subventions masquées que leur accorde la loi amendée.

La nouvelle loi sur les hydrocarbures trace une ligne tangible qui met d’un côté les forces patriotiques et nationales, attachées dans leur diversité aux intérêts de la Nation ; et de l’autre les forces parasitaires, corrompues et serviles, soumises à des intérêts financiers internationaux. Une fois cette loi définitivement adoptée, le secteur national des hydrocarbures aura vécu.

L’Algérie n’est pas à vendre. Algériens, opposez-vous à ce projet. C’est l’avenir de vos enfants qui est menacé. Tous ensemble, construisons un large front de résistance à la politique de bradage de nos ressources et de notre souveraineté.

 

 

 

 

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Amendement de la 07-05 : Une bifurcation stratégique.

C’est avec une rapidité surprenante que Mr Mustapha Mekidèche est monté au créneau, dans les colonnes de liberté, pour remettre la question des hydrocarbures non-conventionnels dans « l’après In Amenas ». Sans se cacher le moins du monde de vouloir « affaiblir le front des opposants à la production d’hydrocarbures non conventionnels », il s’est employé à « rassurer l’Agence Internationale de l’Energie » en délivrant une série de messages subliminaux à l’adresse des décideurs pétroliers.  En la forme, ces messages ont pu échapper aux lecteurs d’un grand quotidien national d’information, mais certainement pas aux destinataires réels. Mr Mekidèche, est l’un des rares économistes à avoir été auditionné dans le cadre de l’actuel processus d’amendement de la loi 07-05, il est aussi et néanmoins l’un des principaux promoteurs de son projet de révision. Il est à tel point « attaché » à la construction rapide d’un « large consensus (…) au sein de la classe politique et de la société civile. », qu’il ne voit aucun inconvénient à ce qu’elle soit adoptée dans des conditions d’extrême opacité, de manipulation et d’intimidation des « représentation » et de l’opinion nationales.

Les membres de l’APN ont déjà donné quitus à cette forfaiture. Reste à savoir ce que vont faire les sénateurs, appellés à se prononcer aujourd’hui mardi 29 janvier. Dans l’esprit de la constitution de 1996, le sénat a été conçu comme le dernier rempart Républicain, l’ultime défense institutionnelle de la Nation et un garde-fou majeur devant les dérives que peut charrier l’exercice politique dans une société en crise. Mais ce rôle dépend d’abord de l’idée même que ses membres se font de leur mission. A force d’arguments, peut-être qu’un petit miracle serait possible ?

Collège restreint

Les promoteurs de la révision de la loi 07-05 ne cachent l’impact immense qu’aura celle-ci. M. Mekidèche, le premier, souligne avec insistance : « Il y va des intérêts stratégiques du pays. Ceux d’aujourd’hui et de demain. ». Dès lors, comment s’expliquer qu’une loi avec de telles implications ait été concoctée et discutée dans des cercles informels, regroupant quelques initiés ? Comment comprendre que les voix dissonantes ont été cantonnées à ne s’exprimer que dans quelques médias ? Comment tolérer qu’un ministre, quelques conseillers, une brochette de Directeurs généraux de Sonatrach, et un ou deux économistes, se soient arrogé cette révision ? C’est ce collège restreint qui a eu la haute main sur des décisions stratégiques de nature à renforcer ou à aliéner notre indépendance. Ce projet n’a pas été discuté dans l’espace institutionnel définit par la loi : le Conseil National de l’énergie. Son élaboration a été menée dans les espaces feutrés des bureaux cossus des conseillers ministériels et des experts internationaux. Plutôt que d’organiser un large débat impliquant les compétences nationales, le choix a été d’amuser la galerie par quelques rencontres « internationales » dont les convives n’étaient autres que les promoteurs nationaux et étrangers de la future loi 07-05 amendée. Il faut reconnaître qu’il y a de quoi s’alarmer !

Un « matou algérien » énergivore.

Il y aurait urgence ! Notre sécurité énergétique ne serait pas assurée au-delà de 2020-2030 ! Notre consommation intérieur d’énergie est galopante (c’est là l’un des seuls indicateurs, avec celui des importations, qui connaissent une progression à deux chiffres !).

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Sans qu’il ne soit explicitement convoqué, l’épisode dramatique des coupures répétées de courant de l’été passé joue pleinement pour nourrir les peurs et les psychoses. Cette consommation intérieure d’énergie est celle des ménages, elle n’est pas le fait du réveil d’un « dragon algérien ». Loin de là. Elle est plutôt l’indicateur du doux prélassement du « matou algérien ». Liée aux besoins de chauffage et de climatisation elle explose du fait de la piètre qualité énergétique de nos habitations. Ailleurs, les économies d’énergie et l’amélioration de la qualité énergétique des habitations sont un formidable réservoir de croissance. En Algérie elle devient l’ « Argument » phare d’un choix stratégique boiteux et contestable.

« Il faut répondre à la demande croissante d’énergie » ! Que diantre ! Bien sûr que oui. Mais, il faut commencer par améliorer la qualité des réseaux de distribution électrique, par importer des appareils répondant à des normes de qualité supérieure. Il faut également introduire le solaire domestique comme source de chauffage, de climatisation et même d’électricité.  Améliorer par ailleurs la qualité énergétique des habitations et aborder sérieusement la question des subventions et des prix de l’énergie. Il y a de nombreuses pistes de réflexion à épuiser avant que la consommation énergétique du « matou algérien » ne puisse légitimer le choix de l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels.

Dépendance technologique.

L’autre manœuvre pour banaliser l’option, est d’affirmer que l’Algérie utiliserait déjà les techniques non conventionnelles d’extraction d’hydrocarbures. Contrairement à ce qui est avancé, l’Algérie n’utilise ni la fracturation hydraulique des roches-mères, ni le forage horizontal. A Hassi-Messaoud, la fracturation hydraulique est utilisée dans une roche réservoir, pour en améliorer la porosité. Dans le cas des gaz de schiste, la fracturation se fait à des pressions qui atteignent 700 fois celle de l’atmosphère, la technique n’est pas seulement de briser la roche (qui est une roche-mère, compacte, imperméable), mais aussi de permettre l’écoulement d’une partie du gaz qui y est emprisonné. C’est à cette fin qu’on y injecte un fluide chargé de particules et d’adjuvants divers. Ces produits, et cela est largement démontré, sont dangereux pour l’homme et la nature. L’Algérie, n’utilise cette technique ni à Hassi Messaoud, ni ailleurs (dans les hydrocarbures conventionnels cela s’entend). L’amendement de la loi 07-05 va jeter l’Algérie dans une situation de totale dépendance technologique.

Des subventions honteuses.

En Amérique du Nord, l’exploitation des gaz de schistes bénéficie de subventions massives. Elle a permis la création de centaines de milliers d’emplois, en même temps qu’elle a permis d’améliorer l’indépendance énergétique des Etats-Unis et du Canada. Mais tout cela n’a été possible que grâce aux subventions étatiques. Le miracle des gaz de schiste est donc le résultat d’une politique Keynésienne qui omet de dire son nom. Si l’exploitation des gaz de schiste n’est pas rentable chez ses pionniers, comment le serait-elle chez nous sinon par la même politique de subvention ? Les amendements de la 07-05, transfèrent la détermination de l’impôt de l’Etat vers les opérateurs du secteur des non-conventionnels. La nouvelle mouture ne se contente pas de faire supporter à la Sonatrach des investissements démesurés dans l’installation des canalisations, mais elle lui fait obligation de les mettre à la disposition des autres opérateurs à des « prix raisonnables » !

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Ajouter à cela l’ouverture du marché national à ces mêmes opérateurs pour qu’ils y écoulent leur production au prix des « marchés internationaux », le dispositif subventionnaire est en place.

Sacrifier la profondeur de notre territoire

Les retombées environnementales, largement étayées par ce qui se passe en Amérique du Nord, ne doivent pas être perçues sous le seul angle écologique. Quoiqu’en lui-même il suffit à discréditer l’option d’exploitation des gaz de schiste. La pollution des nappes phréatiques du grand sud compromettrait toute possibilité de développement de ces territoires et réduirait nettement celles de l’aménagement des hauts plateaux. Les quantités colossales d’eau qui sommeillent dans les profondeurs du Sahara, sont une chance pour les pays d’Afrique du Nord, et même pour ceux du sahel. C’est une richesse exceptionnelle. Prendre le risque de la dilapider est un crime sans nom. L’Algérie doit penser à mieux aménager son territoire, à déployer sa population sur les grandes étendues des hauts plateaux et du Sahara. Le développement des énergies renouvelables, éoliennes et solaires, est de nature à induire l’extension et la densification du tissu urbain dans ces zones. Comment envisager ces perspectives en prenant des paris risqués sur la ressource essentielle qu’est l’eau ?

Charbon ou Diamant.

Les questions liées aux intérêts stratégiques de l’Algérie sont nombreuses. Les réponses ne sont pas réductibles à l’adoption d’une option précipitée et largement sujette à caution. La mobilisation maximale de la rente pétrolière reste un levier essentiel, évident et incontournable dans les projections stratégiques. Seulement, le résultat est différent selon que la rente pétrolière est mobilisée au service de la consolidation du système bureaucratique ou du soutien d’une dynamique d’intensification et de diversification de l’économie nationale. De plus, cette mobilisation ne dispense pas du développement des énergies renouvelables, et ne condamne pas à l’exploitation d’énergies polluantes et sans rentabilité économique. Il ne sert à rien d’améliorer le confort du « matou », alors que le salut est dans le réveil souhaitable du dragon qui sommeille en la jeunesse de la Nation algérienne. Le Carbone de nos hydrocarbures donnera-t-il du charbon ou du diamant ? La réponse dépend de la volonté d’engager une large consultation des compétences nationales. Un débat qui participerait d’un processus de ressaisissement et de sauvegarde nationale qui amorcerait une rupture radicale, déterminée et pacifique, d’avec l’hégémonie de la bureaucratie actuelle, guidée par des intérêts compradores, solidaires de ceux des multinationales et des centres impériaux de puissance.

Les sénateurs feront-ils le choix d’un débat, ou suivront-ils les chants des sirènes ? Pas sûre qu’ils aient pensé à prendre de la cire d’abeilles dans leurs serviettes de gardiens de la République.

Mohand Bakir, membre du CNLC

 

 

 

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A Djelloul Djoudi: “Dites seulement que vous avez vendu le PT au régime et aux puissances occidentales”

Quelle est cette puce sanguine qui a piqué Djelloul Djoudi, le chef du groupe parlementaire du Parti des Travailleurs (PT). Le député de cette formation qui se dit trotskyste (plus pour l’effet que pour du vrai) a déclaré mercredi 9 janvier 2013, en session plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN), lors du débat de l’amendement de la loi sur les hydrocarbures, que « ceux qui s’opposent à l’exploitation de gaz de schiste en Algérie sont manipulés par les puissances impérialistes ». Et d’ajouter : « Pourquoi l’Algérie se priverait d’une telle manne ».

Nous essayerons de démontrer l’incohérence de ce politicien dépassé par l’actualité, et que le PT lance des offres de service aux puissances « impérialistes », puisque ce terme est si à cher au parti de Louisa Hanoune.

Il est tout a fait clair que Djelloul Djoudi, ne sait pas vraiment pas de quel sujet il s’agit et de quelle source d’énergie veut-on exploiter.

Premièrement, petite définition du gaz de schiste.

C’est un gaz semblable au gaz exploité d’une manière conventionnelle. Le problème se pose quant à la méthode d’extraction, et d’une manière générale, de son exploitation.

Le gaz de schiste est renfermé dans la roche mère appelée schiste. Cette couche se trouve, selon les pays ou les région, à plus de 1500 mètres de profondeur. A la différence de l’exploitation de gaz conventionnel, le gaz de schiste est retiré des profondeurs d’une manière complexe. Il faut en effet forer verticalement, puis horizontalement, pour atteindre ces mêmes poches de gaz de schiste. Emprisonnées dans la roche, ces proches doivent être libérées par le biais d’une fracturation, appelée fracturation hydraulique. Cela nécessite entre 15 et 20 000 mètres cubes d’eau douce, mélangée à des produits chimiques, dont une partie est radioactive et toxique.

Mais forer à plus de 1500 mètres, traverse inéluctablement les nappes phréatiques. Le puit de forage est dit-on bitumé, mais la fracturation peut également provoquer les fissures du puits, et de ce fait, c’est un grand danger pour les milliards de mètres cubes renfermées dans les nappes phréatiques, voire albiennes.

En Algérie, le gouvernement qui se veut lancer l’exploitation de gaz de schiste, s’est vu obligé de concocter un amendement de la loi sur les hydrocarbures, votée en 2005, permettant l’extraction de cette énergie, texte également valable pour le pétrole de schiste.

Sauf que, comme une partie de la société civile ne dort pas sur ces deux oreilles, l’opposition à ce projet s’est déclenchée, et exige l’instauration d’un débat nationale élargi à tout le collège des experts et des spécialistes, en plus de la réactivation du Conseil de l’Energie, en hibernation depuis 10 ans.

Le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, défend bien entendu ce projet. Rien d’étonnant d’un rentier et d’un apparatchik, d’un élément du système et d’un enfant du régime.

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Mais constater l’approbation du PT, réputé soit disant être un défenseur des intérêts de la nation, et en sus, des gisements du sous-sol algérien, est plus qu’étonnant

Cela rassemble à la soumission de Louisa Hanoune au régime et aux puissances occidentales. Il faut se mettre à l’esprit que Djoudi ne peut s’exprimer sans le quitus de la Sg du PT.

Ce que veut cacher le PT, en accusant faussement les contestataires à l’exploitation de gaz de schiste de « manipulés par l’étranger », c’est que lui-même a vendu la mèche au régime, et veut être sur l’offensive. Impossible, car ceux qui s’opposent à l’exploitation de gaz de schiste présentent des arguments fiables et crédibles, et s’inscrivent pour la défense des intérêts suprêmes de la nation et de la souveraineté du pays.

Ainsi, ce que Djoudi feint d’ignorer, c’est que, primo, l’exploitation de gaz de schiste n’est pas rentable pour l’Algérie, et elle conduirait Sonatrach à la faillite. Ce n’est pas parce que les Etats-Unis se sont lancés dans l’exploitation de cette énergie, que l’Algérie est obligée de suivre. Et ce n’est pas parce que des organisations s’y opposent, cela veut dire que cette opposition travaille pour l’intérêt des USA.

Expliquons. Djoudi doit savoir que les entreprises qui exploitent le gaz de schiste aux Etats-Unis sont en majorité de moindre taille qu’Haliburton et Exxon. Elles sont surtout subventionnées par l’Etat fédéral américain.

Pourquoi Washington le ferait-t-elle, sachant que, et au vu de la devise « impérialiste », l’Etat ne doit pas soutenir les entreprises. Tout simplement, le gouvernement US s’inscrit dans une stratégie globale. Produire le gaz de schiste permettrait de réduire de moitié, voie de trois fois, le prix sur le marché mondial.

En prenant en compte la production russe et iranienne, les Etats-Unis veulent inonder le marché en gaz, ce qui bouleverserait tout l’échiquier. Rappelons dans ce sillage qu’en 1986, le prix du brut est descendu de 43 à 10 dollars, car sous commande des Etats-Unis, et afin de pousser l’Irak à envahir le Koweït, l’Arabie Saoudite à inondé le marché en pétrole. L’Algérie qui avait lancé des grands projets socioéconomiques, s’est retrouvé sans fiances, et le désastre social s’en est suivi.

Revenons. Donc, en lançant à grande échelle l’exploitation de gaz de schiste, il ne faut pas oublier qu’actuellement c’est le marché spot (vente libre) qui prédomine les transactions.  Une grande quantité de gaz disponible sur le marché mondial, sonnerait le glas pour les contrats à long terme, sur lesquels l’Algérie se base pour garantir une aisance financière. Mais là aussi, il ne fait pas oublier que le régime se base sur la rente pour se pérenniser.

Aujourd’hui, une cruciale question se pose. L’Algérie parviendra-t-elle à vendre du gaz dans le cadre de contrats à long terme. Non, si c’est le cas, c’est difficile. Le prolongement du contrat avec les Turcs, la semaine passée, à l’an 2020, est un miracle. Les Anatoliens n’avaient pas le choix, vu leur économie en pleine expansion, donc leurs besoins en énergie vont accroître.

 

 

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Revenons encore une fois à la problématique de gaz de schiste algérien. Son exploitation n’est pas rentable, car, comme il est quasi impossible de signer des contrats à long terme, l’Algérie perdrait sur toute la longueur une fois le projet lancé.

Et même si c’est le cas, il faudrait produire, selon l’analyste financier Ferhat Ait Ali, plus de 55 milliards de mètres cubes de gaz, issue de plus de 4000 puits forés. Additionnant le forage de puits (un seul coûterait entre 8 et 10 millions de dollars) en plus des besoins logistiques, cela nécessite un investissement de près de 90 milliards de dollars. Et une fois vendu, ce gaz ne rapporte que 20 milliards. Nous avons affaire à un gaspillage de 70 milliards de dollars nets. Et une question se pose là aussi : Au profit de qui ?

Tout simplement, aux multinationales américaines qui vendraient le matériel de forage comme révélé par le New York Times. Ça profiterait aussi aux sbires algériens, qui agissent comme de véritables maffieux en lançant un tel projet, véritable danger pour la souveraineté nationale.

Il faut savoir qu’une fois les eaux souterraines polluées, les populations du sud ne vont pas rester inactives. Qui admet qu’on pollue sa demeure ? Nous aurons à faire à des conflits, des troubles et des tensions dans le grand Sud. Avec les pratiques de l’axe franco-américain dans la zone du Sahel, et la manipulation des groupes intégristes par ce même duo, l’Algérie sera entourée de partout, et bonjour l’invasion.

Dernier paramètre. Que Djoudi comprenne qu’en vendant sa cravate au régime, il ne fait que défendre les thèses « impérialistes » comme il aime répéter. Donc, qui est manipulé, monsieur le député. Vous faites semblant de défendre la loi 51/49%, alors qu’en réalité, il défend une loi 100% USA-France.

Tout comme le parlement croupion de Richard III, l’usurpateur anglais rendu célèbre par William Shakespeare, le parlementa actuel semble avoir fait le consensus parmi sa composante sur la transformation des étiquettes politiques en emballages pour le même produit, la Trahison sous toutes ses formes.

De ce fait, Trotskyste ou pas, tout le monde est d’accord pour vendre son âme au diable en criant l’inverse, et tout le monde semble oublier que Richard III a essayé en fin de règne d’échanger son royaume usurpé pour un cheval, Un seul cheval, il n’a pas pensé au reste de la troupe et surtout pas aux « parle-menteurs » qui l’ont suivi dans sa folle aventure.

Avant d’accuser les gens de Trahison alors qu’on baigne dedans, Messieurs Djoudi et consorts, il vous est vivement recommandé de lire Richard III.

Par Mehdi Bsikri, membre du CNLC

 

 

 

 

           CNLC                                                                            25/33

 « L’exploitation du gaz de schiste n’apporte aucune rentabilité économique »

Kader Farès Affak, ex-porte-parole du CNLC à Ness News

Le Collectif National pour les Libertés Citoyennes (CNLC) s’oppose à l’exploitation de gaz de schiste. Pas uniquement pour des raisons écologiques, puisque le CNLC agit aussi sur le plan politique. Explications avec Kader Farès Affak, le porte-parole de ce collectif citoyen.

Propos recueillis pas Fayçal A.

 

Petite présentation du groupe, les raisons qui ont motivé sa création ?

Le Collectif national pour les Libertés Citoyennes (CNLC) a été fondé le 20 octobre 2012 à Alger, suite à une rencontre qui a regroupé des citoyens pour discuter, débattre et se concerter afin de sortir avec une réflexion et un plan d’action pour s’opposer au projet d’exploitation de gaz de schiste, que le gouvernement a voulu lancé et qui est maintenant entériné après le vote de l’APN et du Sénat (janvier 2013), dans le cadre du projet d’amendement de la loi sur les hydrocarbures de 2005. Au cours de la rencontre, et au fur à mesure de la discussion, nous nous sommes mis d’accord pour que le Collectif aborde et milite en faveur de diverses questions liés intiment au quotidien du citoyen et à la gestion des affaires de l’Etat.

Petit bilan du dossier du gaz de schiste en Algérie (décisions du gouvernement, exploitations, sites arrêtés, etc)

Il faut remonter à l’année 2011 pour s’apercevoir que le projet d’exploitation du gaz de schiste en Algérie a été programmé. En effet, lors d’un déplacement du ministre de l’Energie Youcef Yousfi à New York, il avait clairement indiqué que l’Algérie devrait se lancer dans cette exploitation. Mais aucun débat n’a eu lieu, car ce n’était qu’un effet d’annonce. Mais lorsque en septembre 2012, le Premier ministre Abdelmalek Sellal présente le plan d’action du gouvernement, avec à la clé l’exploitation du gaz de schiste, cela a été perçu sans enthousiasme pas ceux qui en savent quelque chose de l’expérience de l’exploitation de gaz de schiste aux Etats-Unis et au Canada. D’ailleurs, il faut reconnaître que la majorité des Algériens ne s’attendaient pas à ce que le gouvernement lance un pareil projet.

A l’heure actuelle, le projet est au stade de prospection. La multinationale Shlumberger est en activité dans les bassins de l’Ahnet 1 et l’Ahnet 2. D’après un document dont le CNLC a pu avoir une copie, il s’avère que les prospections s’effectuent dans des zones dont les couches souterraines contiennent des éléments radioactifs.

Que pensez-vous des confidences da Fabius, sur la France qui va expérimenter des techniques d’exploitation du gaz de schiste en Algérie (Les sites concernés) ?

La confidence de Fabius lors de sa visite avec Hollande en décembre 2012, traduit les dessins machiavéliques du régime algérien qui cherche à se pérenniser au détriment de la souveraineté nationale.

CNLC                                                                                        26/33

Cette confidence traduit également la volonté du pouvoir algérien à brader le pays uniquement pour survivre et pour gagner le silence de l’Elysée, après avoir gagné le silence de la Maison Blanche. Vous remarquerez que le président François Hollande n’a nullement parlé des atteintes des droits humains en Algérie. Travaillant pour les intérêts de son pays, et c’est naturel, il est venu signer des contrats que le régime algérien octroie aveuglements. Je le répète, l’essentiel pour le régime algérien est de survivre et de continuer à régenter le pays comme bon lui semble. Accorder des bassins aux multinationales françaises pour exploiter le gaz de schiste, veut dire dans le même sillage que l’Elysée soutient Abdelaziz Bouteflika pour qu’il brigue sans contraintes un 4ème mandat.

Cependant, jusqu’à présent, aucune information n’a été rendu publique pour connaître les sites d’exploitation qui seront accordés aux français. Ceci démontre toute l’opacité et le caractère antidémocratique et antirépublicain du système algérien qui a privatisé les ressources naturelles du pays.

Quels sont les risques (écologiques notamment) liés à cette industrie ?

Les risques liés à l’environnement sont multiples. A commencer par les pertes d’énormes quantités d’eau douce qui doivent être utilisées pour provoquer une fracturation hydraulique. Il faut savoir qu’un seul forage nécessite 20 000 mètre cubes d’eau. En outre, il faudrait y ajouter une dizaine de produits chimiques et toxiques. Une fois la roche fracturée, et les poches de gaz libérées, le problème se pose lorsque les eaux usées remontent à la surface. Elles risquent de contaminer la nappe phréatique, puisque le forage a été réalisé au minimum sur une profondeur de 1 500 mètres. Il faut également rappeler la présence de particules radioactifs et nucléides dans les sous sol. Là aussi, une fois la fracture réalisée, elles remontent à la surface et contaminent tout le périmètre du forage. Mais le plus inquiétant, c’est qu’un forage ne dure que quelques mois, à la différence des forages de gaz conventionnel. Il faut maintenir la production de gaz de schiste, en forant davantage de puits, entraînant d’énormes risques de pollution et de contamination.

Mais il faut insister sur les pertes économiques que risque de connaître Sonatrach. De nos jours, la tendance mondiale est la vente de gaz en spot. L’Algérie trouve des difficultés à faire signer des contrats à long terme, d’où le contentieux de Sontarach avec l’entreprise italienne Edison. Même s’il devient possible de faire signer des contrats à long terme, l’Algérie devrait produire une quantité de 55 milliards de mètres cubes de gaz provenant du schiste. Ces calculs relèvement d’études de minima. Or, avec les besoins logistiques, il faudrait un investissement de 80 milliards de mètres cubes, et une fois ce gaz vendu, il ne rapporte que 20 milliards de mètres cubes. On se retrouve alors avec une perte sèche de 60 milliards de dollars. Là sont les explications de l’analyste financier Ferhat Ait Ali, que nous avons invité lors d’une conférence débat. Pour lui, il n’y a aucune rentabilité économique à produire le gaz de schiste.

Au CLNC, on n’occulte pas le contour politique et géostratégique de ce projet d’exploitation de gaz de schiste. Il faudrait inclure les velléités des Américains qui veulent contrôler les gisements de terres rares, car ne veulent plus être dépendants de l’offre chinoise. La Chine, faut-il le rappeler, offre plus de 95% de terres rares sur le marché mondial.

 

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Donc, pour sortir de cette dépendance, les USA poussent les pays nord africains à légiférer pour produire le gaz de schiste, car en même temps, puisque les multinationales américaines sont les ténors de cette industrie, peuvent extraire ces particules. Dans ce sillage, nous nous posons des questions: « Y a-t-il un lien avec les tensions au nord Mali et l’installation facile de groupes intégristes dans cette partie du Sahel afin de prétexter une intervention militaire étrangère qui par la suite, amèneraient les puissances occidentales à contrôler les gisements naturels de région du continent africain ? Les experts peuvent en débattre.

 

Les réactions de l’opinion publique Dz par rapport à la problématique du gaz de schiste. Est-elle concernée, impliquée, est-elle pour ou contre (les tendances) ?

Pour vous répondre sincèrement à cette question, la société civile algérienne, et l’opinion publique d’une manière générale, n’est pas consciente de la dangerosité de ce projet.

 

Quelles sont les actions que le Collectif a entrepris et entreprendra pour faire reculer le gouvernent sur ce projet (vos arguments) ?

Nous n’avons pas la prétention de faire reculer, mais nous voulons tout d’abord vulgariser au maximum ce dossier, à connotation technique. Nous avons organisé deux conférences débat, le 3 et 17 novembre dernier à Alger, et nous préparons actuellement trois conférences à Oran, Sidi Bel Abbès et Mostaganem pour parler avec de citoyens algériens. D’autres conférences et rencontres seront organisées dans le sud algérien (Laghoaut  et Ouargla notamment). Les dates ne sont pas encore fixées, car nous sommes confrontés aux problématiques des finances. Le CNLC s’autofinance, il est important de le souligner. Je pense qu’il est très important de vulgariser, sensibiliser puis mobiliser sur cette question. Nous avons lancé un site internet (www.cnlc-dz.org) sur lequel nous essayons d’apporter des informations utiles.

Un mot de conclusion ?

Nous espérons atteindre un minimum de mobilisation. Il faudrait que les Algériens sachent que ce projet d’exploitation de gaz de schiste est un danger pour leur pays et pour son avenir. Leurs enfants les verront comme des coupables s’ils ne réagissent pas.

 

 

 

 

 

 

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L’exploitation du gaz de schiste en Algérie est synonyme de bradage des richesses du pays

La nouvelle loi sur les hydrocarbures autorise l’exploitation du gaz schiste. Les députés face à leurs consciences.

La loi portant amendement de la loi 05 07 du 28 avril 2005 relative aux hydrocarbures en passe d’être débattue (soit disant) par les députés de la chambre basse (APN) et qui est imposée par des « Fakhamates étrangères » est, comme le disent si bien certains, « un bradage des richesse pétrolières du pays.

A la lecture de quelques passages de cette loi, signée par « Fakhamate Erais », je suis surpris de constater que l’exploitation du gaz schiste est autorisée. Il est, de ce fait, désolant de constater que les dirigeants algériens et plus particulièrement ceux qui sont à l’origine de la rédaction et du « façonnement » de cette loi, font la sourde oreille aux nombreux cris de détresse et aux sons des sonnettes d’alarme, tirées par des spécialistes, de par le monde mettant en garde contre les retombées économiques, environnemental et sanitaires, découlant de l’exploitation du gaz schiste.

Les dirigeants algériens sont-ils plus au fait que les économistes et écolos américains qui, au vu des dégâts produis par l’exploitation de ce gaz sur la santé public, ont réussi à faire céder leurs dirigeants qui ont décide d’instaurer un moratoire sur l’exploitation en question? Nos dirigeants sont-ils dupes pour négliger le fait que même les députes français ont fait obstruction à l’extraction du gaz sur le sol français? Nos députes adopteront-ils la même attitude sachant que la production du gaz schiste peut conduire à un cataclysme écologique (affectation des nappes hydrique, apparition de nouvelles maladies qui seraient dues à des bactéries fossiles emprisonnés dans les strates situés à quelques 1000 mètres de profondeurs) ? Nos députes devraient consulter les nombreux rapports d’imminents épidémiologues qui confirment les retombées nocives et néfastes découlant des bactéries (apparition de nouvelles maladie comme ce fut le cas dans l’état de New York et qui a contraint les dirigeants à stopper l’exploitation du gaz). Il est même une obligation pour eux de consulter ces rapports car, plus que jamais, leurs responsabilités est engagée. Par ailleurs, il est de toute première instance que les députés algériens s’intéressent au volet financier entourant l’exploitation du gaz schiste. Il sont également invité à prendre contact ou à consulter toutes les analyses développés par des experts en finance à l’image de Ferhat Ait Ali, qui dans ses interventions, expliqua, avec une grande clarté et sans ambiguïtés, que l’exploitation du gaz schiste n’est pas une opération rentable pour notre pays. Pire, tous les autres spécialistes en finances diront et confirmeront que cette exploitation ne générera que des pertes. Devant autant d’arguments, cautionnés et mis en valeur par le Collectif National pour les Libertés Citoyennes (CNLC), il serait souhaitable que nos députés adoptent une position courageuse en s’opposant à l’application de cette nouvelle loi. Leur responsabilité est, plus que jamais engagée. Pour ma part, je reste convaincu que l’exploitation du gaz de schiste pourrait être la cause d’une dégradation de notre économie, de nos villes, de notre environnement et de la santé de nos concitoyens. Alors messieurs les députés vous êtes en face de votre conscience. Faites preuve de courage et refusez cette loi… même si vous êtes sûrs qu’elle passera par la voie du légiféré. L’Algérie avant tous……………..

Djamel Mentouri, membre du CNLC

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L’Algérie ne peut pas reproduire le succès américain dans l’exploitation du Gaz de schistes

Non Monsieur Ait Laoussine, l’Algérie ne peut pas reproduire le succès américain dans l’exploitation du Gaz de schistes

Par Ferhat Aït Ali

En lisant l’article relatif à vos déclarations sur le gaz de schistes en Algérie, je ne pouvais décemment m’empêcher, d’y apporter quelques remarques d’un non expert en la matière, mais qui reposent sur des données qu’aucun expert sérieux ne peut contester, particulièrement sur le plan économique, le volet écologique étant apparemment assez loin de vos préoccupations immédiates et même habituelles.

Nonobstant votre statut actuel et passé, ainsi que vos motivations réelles ou supposées, je vais m’atteler à argumenter dans le sens inverse de vos déclarations, mais en prenant le soin d’étayer mon argumentaire par des faits et des chiffres précis, n’ayant pas la qualité « d’expert » officiel qui sous nos cieux permet d’affirmer ce qu’on veut sans être obligé de l’étayer, je ne peux compter que sur la véracité de ce que j’énonce en le présentant de manière assez claire et vérifiable.

Commençons par parler de ce que vous appelez un succès américain, en le plaçant dans le contexte géopolitique et économique états-unien.

Effectivement, les Etats Unis produisent environ 180 milliards de M3 de Shale Gaz, en ce moment, mais au prix de 500.000 puits creusés un peu partout entre le Colorado et la Pennsylvanie,  soit une emprise au sol de quelque 100.000 KM2, qui représentent cinq fois la surface du Liban, et à un coût de production de 7$/MBTU, qui représente deux fois le prix de vente spot en ce moment qui est de 3,5 $.

Financièrement, ce n’est donc pas une affaire en or, mais dans le contexte américain, on peut considérer cela comme un « succès », pour plusieurs facteurs qui sont antinomiques avec le cas Algérien.

Les Etats Unis d’Amérique s’approvisionnent en gaz à partir de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient, et vu leur position géographique, ils ne peuvent le faire qu’avec du gaz liquéfié, qui revient plus cher en comptant le transport et le procès de liquéfaction regazéification, ce qui le rend plus cher que le gaz de schistes, soit 8$/MBTU, et plus cher si on l’indexe sur le baril de pétrole jusqu’à 18 $/MBTU.

Les Etats Unis étaient un importateur net de gaz, et de ce fait ne pas exploiter ces gaz de schiste, aurait accentué leur dépendance de zones et de pays qu’ils se préparent à remodeler en profondeur, ils ne pouvaient donc se permettre  de perdre un nouveau moyen d’autonomie et de pression sur leur anciens alliés et nouveaux ennemis depuis le 11 septembre 2001.

Les Prix actuels du marché spot, tombés au plus bas depuis justement cette exploitation des gaz de schistes, arrange les américains à double titre : se débarrasser de fournisseurs peu fiables et gênants politiquement, tout en cassant les prix et en réduisant de ce fait les revenus de ces pays ; et de ce point de vue, c’est un succès.

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Le prix si cher à la production du MBTU de shale Gas Américain, et son prix si bas en spot, décourage l’intrusion de sociétés étrangères dans ce créneau, en laissant la part belle aux sociétés américaines, ce qui revient à dire que le moindre dollar de compensation payé par le contribuable américain, ira tout droit dans les poches américaines, en créant de la croissance.

Le Baril de pétrole étant au plus haut, la conversion de centrales électriques vers le Gaz, américain, les rendra moins coûteuses en énergie, par rapport au fuel ou autres combustibles fossiles. Ce qui est perdu en amont sur le gaz de schiste est récupéré en aval sur le prix du KWH produit, rien que par alignement sur celui produit avec des génératrices diesel.

Etant les concepteurs du procédé et de la recette chimique, ils savent exactement la nocivité et la durabilité des différends composants de cette soupe infernale, et la meilleure manière de décontaminer en amont et en aval. Le bon chimiste détenant toujours le poison et l’antidote dans la même armoire.

La production américaine de shale gas, ne put rapporter au prix actuel sur le marché qu’environ 23 Milliards de dollars, mais l’importation de la même quantité en gaz liquéfié et surtout sous contrat les aurait obligé à débourser 66 milliards de dollars, au profit des arabes et au détriment de la balance de paiements américaine, alors que la même somme en interne ou même plus participe au PIB US et non Arabe.

Les politiques US ont de positif le fait qu’elles ne sont ni conjoncturelles, ni réactives, ni sectorielles, et encore moins improvisées. De ce fait, cette exploitation effrénée de gaz de schistes aux Etats Unis, ne répond pas à un seul facteur d’appréciation et ni à un seul centre de décision, mais à un plan d’ensemble qui prend en compte une multitudes de facteurs et de critères qu’ils sont les seuls à savoir. Pourtant, ils n’empêchent pas le débat sur leurs décisions mais les suscitent au cas où un élément leur aurait échappé,

Le volet rentabilité commerciale intrinsèque est écarté comme explication à cette frénésie. Il y a lieu de rechercher l’explication dans les autres points soulevés ci-dessus.

Si vous considérez que produire du gaz par pollution environnementale interposée, en sachant qu’il n’est commercialement pas compétitif à l’export, sans prendre en compte le reste des facteurs qui font la spécificité américaine dans ce domaine, comme un succès, alors nous n’avons pas la même notion du succès.

Le Cas Algérien

L’Algérie est dans une situation tout à fait antinomique par rapport aux USA. La logique élémentaire voudrait que tout ce qui fait le succès de l’un, fonde l’échec de l’autre. Essayons d’analyser la situation par éléments :

 

 

 

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L’Algérie est un pays exportateur net de gaz, et si on croit les données du CNIS, pour l’exercice 2010, elle a exporté pour 55,8 Milliards de M3 de Gaz toutes catégories confondues, pour un montant de 20,5 Milliards de dollars, soit une moyenne de 0,37 $ le M3 ou 10,20 $ le MBTU, tout cela grâce aux contrats à long terme qui sont supérieurs au prix du spot, pour un coût de production minime au puits et de liquéfaction de 2$ le MBTU, ce qui rend donc notre gaz rentable, sur contrat et non en spot, vu l’intrusion des américains dans ce créneau avec les Shale Gas.

L’Algérie a besoin d’un prix fort et de clients captifs. La disparition des USA du marché en tant qu’importateurs, transférera directement les quantités excédentaires vers d’autres marchés y compris ceux détenus par l’Algérie, et participe déjà à la baisse des prix en spot, préludant à un chantage à la révision des contrats à long terme dont nous vivons, ce qui a l’air d’être enclenché en ce moment avec l’arbitrage d’Edison sur les prix, qui est parti pour ne pas être le dernier.

Plus l’Algérie injectera de gaz sur le marché international, et plus elle participera à la chute des prix s’il n y a pas augmentation de la consommation mondiale, et cela ne risque pas d’arriver vu que la plupart des consommateurs nets sont peu soucieux d’écologie comme la Chine et la Pologne qui se sont mis dans l’exploitation de gaz de schiste, que l’émir du Qatar nous double sur le marché du gaz liquéfié avec des moyens très persuasifs pour les clients.

Nos exportations actuelles de gaz, si elles sont maintenues en l’état et si les contrats à long terme sont dénoncés par le premier arbitrage international, avec effet de jurisprudence, ne rapporteront plus que 7,1 milliards de dollars au prix du spot, desquels il faudra soustraire les coûts de production et les parts des partenaires, soit un maximum de 4 milliards de dollars si les américains réussissent, et il semble qu’ils sont sur la bonne voie.

Pour les doubler en comptant sur le gaz de schistes, il faudra de prime abord forer quelque chose comme 10.000 puits pour une valeur moyenne de 75 milliards de dollars,  et je vous laisse le soin de calculer la durée d’amortissement de l’investissement sur le marché spot. Elle dépasse largement la durée de productivité de ces puits.

L’Algérie réinjecte la moitié du gaz produit et en perd 10 % à la sortie des puits ou en liquéfaction. Investir dans des méthodes et des équipements pour limiter les pertes et les réinjections serait plus utile que d’investir des sommes colossales dans un processus non rentable pour un exportateur, et mortel pour l’environnement.

Nos nappes albiennes, ne se renouvellent pas et ne se nettoient pas par ruissellement. Pour toute pollution incontrôlée, on devra faire appel aux mêmes américains qui les ont polluées et ce…pour les dépolluer !!! Avec les surcoûts et les risques politiques que cela entraîne en aval.

La région que vous nous encouragez à massacrer pour reproduire un succès est en fait un échec pour nous. Elle est le grenier de nos enfants et non le porte-monnaie des vôtres, auquel cas il faudrait peut-être conseiller aux cantons suisses de prospecter le gaz de schistes chez eux. Ce serait déjà un succès pour un consultant basé en Suisse, de surcroît Algérien.

 

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Vous affirmez vous-même que les réserves du pays sont en déclin. En vous basant sur des données que vous possédez et que nous ne possédons pas. Mais ce déclin qui est dû à une exploitation mue par des dépenses inconsidérées de l’Etat, sera t’il compensé par des réserves non rentables au plan financier ou par des restrictions sur l’exploitation non rentable de ces mêmes réserves existantes ?

Augmenter ses réserves probables rend le pays attractif pour les explorateurs quand il n’ y a pas de concurrents sérieux, pas quand ses prix d’exploitation représentent trois fois le prix commercial à l’export, et quand il doit tout refaire pour garder ne serait-ce que sa position actuelle sur le marché.

Vous posez comme préalable le transfert de technologie et la formation de nos entreprises aux nouvelles techniques de fracturation hydraulique, comme si cela était une évidence que vos partenaires vont comprendre et admettre au premier appel du pied. Alors que déjà entre eux la guerre est ouverte sur les process et autres brevets connus sans compter ce qui est secret.

Les américains qui ne trouvent d’intérêt au gaz de schistes que dans le fait qu’il les dispense d’en importer. Ils vont quand même venir l’exploiter chez nous et bien sûr le produire au prix que l’on sait, pour l’importer chez eux plus cher que le prix de revient des leur, alors qu’ils peuvent importer du Qatar du gaz conventionnel en grande quantité, au prix du spot, en plus les coûts de liquéfaction, transport et regazéification.

Vos amis chargés du volet politique de la gouvernance du navire Algérie, crient à qui veut les entendre que le pays fait l’objet d’une conspiration internationale, plus exactement occidental-orientale, mais en même temps, vous  attendez de ces conspirateurs désignés de perdre de l’argent pour que le pays continue à naviguer au gré des courants, tout en nous apprenant gracieusement à développer nos techniques d’exploration et de forage.

En conclusion et à votre décharge, je dois reconnaître que d’autres responsables passés et présents du même secteur, ont tous poussé le même cantique, en étant à peu près sûrs que l’auditoire est soit sourd soit idiot. Mais après que la décision ait été prise ailleurs, ce qui laisse penser que ce concert de soutiens d’experts, n’a pas pour but de donner un avis technique mais de faire passer un projet sans autre argumentaire que leur CV, qui doit plus aux concepteurs de ces échecs répétitifs qu’à un choix technique bien compris.

Cette décision est politique et non technique. La réponse sera de toute manière un jour ou l’autre éminemment politique, et destinée à la source véritable de cette décision et non aux employés intermittents du show-room national.

 

 

 

 

 

 

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