DzActiviste.info Publié le mer 23 Avr 2014

Non ! Cet épisode ne sera jamais un detail de l’histoire par Hakim Laâlam

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Non ! Cet épisode ne sera jamais un detail de l'histoire par Hakim Laâlam

A partir de Tizi-Ouzou, en pleine campagne électorale, le candidat Boutef’ a promis, par la voix de ses procurés, que s’il est réélu, la Kabylie bénéficiera d’un traitement particulier… Il a tenu parole !

Quand je visionne des vidéos montrant l’armée israélienne frapper et torturer des manifestants palestiniens, je pleure tout mon saoul d’impuissance. Quand je vois des vidéos de policiers Algériens s’acharnant sur des manifestants algériens à Tizi-Ouzou, je vomis. Je vomis tellement que je n’ai même plus la force de verser une seule larme. Là, avec ce qui s’est passé le 20 avril, nous sommes au-delà de tout. Et je me fous, oui, je me fous de savoir que Monsieur Hamel ait demandé une enquête sur cette atrocité commise par des éléments du corps qu’il dirige. Oui, Monsieur Hamel, j’aurais pu écrire de manière plus policée «je me fiche !» ou encore «peu m’importe» ou encore «au diable cette commission d’enquête». Non ! J’écris noir sur blanc «je me fous» ! Parce qu’il n’y a plus de bienséance, de retenue et de polissage des mots lorsqu’un policier algérien donne des coups de pied, de grands coups de rangers dans le corps inerte d’un manifestant algérien allongé sur le sol, évanoui, blessé, peut-être à l’article de la mort. Sur cette frontière-là franchie, excusez mon incivilité monsieur Hamel, mais je pète les derniers câbles qui me restaient encore en fonction dans ma caboche en ébullition. Rien ! Rien ne peut excuser ce qui s’est passé et ce qui a été filmé à Tizi. Parce que ce crime-là, voyez vous, est la matrice qui alimente, soit la sédition, soit les mêmes maquis qui ont mis sur le carreau 11 soldats de l’ANP. Et puis zut ! Voilà que je me remets à tenter de vous expliquer les tenants et aboutissants de cette «affaire», les conséquences sur le court et le long terme. Mais non ! Il faut que je m’y refuse de toutes mes forces d’humain. A ce niveau-là de barbarie institutionnelle, on ne doit plus rien expliquer. Petite anecdote. Un capitaine de ferry sud-coréen vient d’être qualifié par la présidente de son pays, de criminel, d’assassin parce qu’il avait fui le bateau dont il avait le commandement et laissé dedans des centaines d’enfants couler et mourir d’une mort atroce. Que dire alors de policiers qui s’acharnent sur un corps d’ado allongé sur le bitume, le rouent de coups, avant de le traîner comme on traînerait la carcasse d’une bête sacrifiée pour l’amener à l’équarrissage ? Non ! Monsieur Hamel ! Personne n’a le droit de venir ainsi m’écœurer de ma patrie, de ma nationalité et du legs patriotique de mes parents. Personne n’a le droit de me pousser à vomir ma race ! En deux occasions – mon Dieu le vilain terme que voilà – à Ghardaïa et à Tizi-Ouzou, en l’espace de quelques semaines à peine, des Algériens ont tapé et humilié d’autres Algériens. Vous comprendrez dès lors que de ma bouche ne peuvent sortir que des expressions triviales : oui, je me fous de cette commission d’enquête. Le bruit du ranger sur les côtes de ce manifestant couvrira encore et toujours les conclusions de votre commission. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.


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