DzActiviste.info Publié le dim 3 Fév 2013

Nouvel incident à la raffinerie de Skikda, avec une marée noire de plus d’un kilomètre

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Karam Kara-Békir,Maghreb Emergent, 03 Février 2013

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Marée noire – photo archive

Une marée noire s’est formée dans l’après-midi de vendredi sur la côte Est de la ville de Skikda, à 150 km d’Alger. Selon la radio algérienne, une fuite dans la canalisation reliant deux plates-formes maritimes à la raffinerie de Skikda serait à l’origine de l’incident, qui a provoqué le déversement d’importantes quantités de carburant, formant une marée noire longue de plus d’un kilomètre.

La Société de transport des hydrocarbures (STH), filiale du groupe Sonatrach, a réussi à maitriser la marée la noire qui s’est formée dans l’après-midi de vendredi à Skikda, à 150 kilomètres à l’est d’Alger. Selon la radio algérienne, une fuite de carburant survenue entre deux plateformes maritimes « quasi-permanentes », à l’arrêt depuis quelques temps, était à l’origine de la marée noire, qui s’étendue à l’est de la zone industrielle de Skikda, principal port méthanier de l’est du pays.

La STH a mis sur pied une cellule de crise qui s’est réunie samedi pour l’évaluation de la situation avec les instances chargées de la gestion et de l’intervention en cas de catastrophe écologique, selon la radio. Le plan d’intervention s’est basé sur la pulvérisation d’un produit qui empêche la pollution de l’eau de mer, ainsi que sur la limitation de la progression de la marée noire par le moyen de barrage flottant anti-feu.

Cet incident vient ainsi rajouter une couche à la pollution des eaux de la côte Est de la ville de Skikda, que le Comité national des marins-pêcheurs qualifie déjà il y a quelques mois de « catastrophe écologique ». Son président, contacté par Maghreb Emergent, rappelle que les marins-pêcheurs ont déjà mis en garde contre cette « catastrophe » qui menace la côte et son écosystème. Des prélèvements effectués par des ingénieurs de la raffinerie de Skikda en novembre 2011 sur les eaux du littoral de la région ont révélé des taux importants de substances d’hydrocarbures.

«Les chiffres sont alarmants »

« Les normes maximales tolérées en matière de présence d’hydrocarbures dans l’eau de mer ne doivent pas dépasser les 15 ppm. Or, les analyses que nous avons effectuées entre le 13 et le 25 novembre 2012, à six reprises, ont fait état de 200 ppm. Ce qui est extrêmement dangereux pour la faune et la flore marines», selon ces ingénieurs.

Ils mettent aussi en garde contre «une catastrophe écologique marine», incriminant le système de traitement biologique et chimique qui connait de graves disfonctionnements. «L’absence de traitement dans les bassins B2 et B6, les pannes répétées des turbines d’aération, l’arrêt des pompes à sable et à charbon ont fait que seul le traitement physique continue à être assuré. Ce qui constitue une grave menace sur le littoral», ont-ils précisé.

Le complexe de Skikda a déjà subi une série d’incidents, notamment l’explosion sur une des plateformes, qui a provoqué de sérieux dégâts. Toutefois, l’Algérie n’a pas subi de catastrophe écologique majeure, malgré la présence de deux grands complexes pétrochimiques par lesquels transite l’essentiel de sa production d’hydrocarbures, à Skikda, dans l’est, et à Arzew, près d’Oran, dans l’ouest.


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