DzActiviste.info Publié le mer 29 Août 2012

Nouvelles révélations sur des avantages accordés à l’émirati EIIC

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Le groupe a obtenu un terrain dans une zone naturelle protégée de Moretti.

Katia Mehdi . TSA 29/08/2012

Après avoir arraché aux autorités algériennes des concessions jamais obtenues par un investisseur étranger pour son projet Dounya Parc, le groupe Emirates International Investments Company (EIIC) veut de nouvelles faveurs pour son autre projet algérien, celui du complexe touristique comprenant notamment un hôtel de luxe. La convention pour le lancement de ce projet a été signée le 20 mars 2011 avec l’Andi, en même temps que celle portant sur le projet Dounya Parc.
Initialement, le complexe touristique devait être implanté à Moretti, en pleine résidence d’État. Un terrain de 15 hectares a été affecté à ce projet d’un montant de 196 millions de dollars, selon la convention signée avec l’Andi. Mais Ahmed Ouyahia, sur avis de Cherif Rahmani, a décidé de délocaliser le projet. Le ministère de l’environnement a en effet classé le terrain affecté au projet dans une zone naturelle protégée. Le groupe émirati s’est vu proposer un terrain à Akid Abbes, dans la wilaya de Tipaza. Mais EIIC refuse cette offre.

Selon des documents consultés par TSA, Fuad Al Rifai, responsable de la société SPH Moretti agissant pour le compte du groupe EIIC, a officiellement demandé aux autorités algériennes de maintenir le projet à Moretti. Son argument : « les caractéristiques de la zone touristique d’Akid Abbes ne correspondent pas aux besoins et spécificités techniques du projet en question ». EIIC, qui compte « sur la disponibilité affichée par le gouvernement quant à la possibilité de négociation de toutes autre proposition de localisation », propose d’implanter son projet sur un terrain relevant du domaine privé de l’État, situé dans la zone touristique de Sidi Fredj, à proximité de l’hôtel El Riadh. Pour se montrer convaincant, Fuad Al Rifai rappelle dans sa correspondance que la délocalisation du projet conduira inéluctablement à la révision de la convention signée entre les deux parties. Comprendre : la concrétisation du projet sera reportée, voire gelée, jusqu’à nouvel ordre.

Quinze hectares pour un projet qui en nécessite quatre !

Au‑delà de sa délocalisation, le projet présente d’autres zones d’ombre. Selon les documents obtenus par TSA, EIIC note que les besoins de son projet en matière de superficie ne sont que de 4 hectares. Pourquoi alors la convention signée avec l’Andi accorde‑t‑elle 15 hectares au promoteur, soit quatre fois la superficie nécessaire ? La question se pose surtout quand on connaît la difficulté que rencontrent les investisseurs fonciers et que plusieurs projets sont bloqués officiellement à cause du problème du foncier.

Selon une source proche du dossier, « il y a toujours une gestion politique lorsqu’il s’agit des projets émiratis. Souvent, l’on exécute les décisions sans se poser trop de questions ». Notre source a aussi été incapable d’expliquer la raison du réveil tardif du gouvernement algérien concernant l’assiette du projet. Il aura fallu quatre ans pour que l’Algérie se rende compte qu’elle était sur le point de construire un complexe touristique sur une zone naturelle protégée.


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