DzActiviste.info Publié le ven 18 Jan 2013

Obama et la torture

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Mercredi 16 Janvier 2013, Par Bill Van Auken http://lanation.info/Obama-et-la-torture_a1823.html
Obama,CIA et la Torture 

Durant ses quatre premières années au gouvernement, Obama et son ministre de la Justice, Eric Holder, ont œuvré agressivement à mettre un terme à toutes les enquêtes sur les tortures commises par la CIA et sur les autres crimes commis au nom de la « guerre contre le terrorisme. » Ils sont intervenus affaire après affaire pour faire échec aux plaintes visant à faire répondre de leurs actes ceux qui avaient illégalement enlevé et torturé des milliers d’individus. Ils ont demandé l’abandon, au nom du secret d’Etat, des actions légales qui cherchaient à révéler des informations sur ces crimes.

Le résultat de cette politique sordide est que les tortionnaires et ceux qui leur ont donné des ordres, depuis les interrogateurs de la CIA jusqu’à la Maison blanche, jouissent d’une immunité complète. Voilà le climat politique délétère dans lequel un film fasciste comme Zero Dark Thirty [sur la traque de Ben Laden, réalisé par Kathrine Bigelow, ndt] qui justifie implicitement la torture et rend l’ensemble du peuple américain responsable de ce crime, peut recevoir de multiples récompenses et les louanges des critiques.

Cependant, comme le montre clairement un reportage du Washington Postcette semaine, les actions de la Maison blanche sous Obama n’ont pas eu simplement pour but de cacher et exonérer les crimes du passé, mais également de rendre possible leur continuation à un niveau qualitativement plus important.

Le Post rapporte le sort de trois hommes – dont deux citoyens suédois et un résident britannique de longue date, tous d’origine somalienne – ils ont été arrêtés durant leur voyage dans le pays africain de Djibouti et placés en détention, où ils ont été soumis à des interrogatoires répétés de la part des responsables du renseignement américain pendant plusieurs mois.
Le crime supposé de ces détenus secrets était de soutenir al-Shabab, une milice islamiste qui a contrôlé des grandes étendues du Sud de la Somalie. Si cette organisation n’a été impliquée dans aucune attaque contre les États-Unis, elle a été désignée comme organisation terroriste étrangère par Washington, qui a mis à prix la tête de ses dirigeants.

Derrière cette décision, il y a la tentative du gouvernement américain d’exploiter le prétexte de la « guerre contre le terrorisme » pour resserrer le contrôle américain sur la Somalie, un territoire stratégique dont la côte forme le détroit de Bab al-Mandab et permet de passer de l’Océan indien vers la Méditerranée et par lequel transite la majeure partie du pétrole mondial.

Intitulé, « les externalisations (‘renditions’) continuent sous Obama, malgré des inquiétudes sur le respect des procédures », l’article du Post affirme : « Ces hommes sont le dernier exemple en date de la manière dont le gouvernement d’Obama a fait siennes les externalisations ( pratique qui consiste à détenir et interroger des suspects dans d’autres pays sans respecter les procédures américaines) et ce malgré une large condamnation de cette tactique dans les années qui ont suivi les attaques du 11 septembre 2001. »

Arrêtés en août dernier, les trois hommes n’ont été présentés devant une cour fédérale que le 21 décembre. Ce qui leur est arrivé au cours des quatre mois précédents n’a pas été révélé par les procureurs fédéraux.

Ce reportage cite une affaire de 2011 contre un autre prétendu partisan d’al-Shabab, un Érythréen, qui a été envoyé dans une prison nigérienne pour interrogatoire par des Américains. Dans son cas, le témoignage d’un des interrogateurs américains, décrit comment cet individu a été d’abord soumis à des méthodes illégales d’interrogatoire par une « équipe sale » d’agents américains avant d’être rendu à une « équipe propre » qui lui a lu ses droits (celui de garder le silence, etc), puis a cherché à obtenir une confession présentable devant un tribunal américain.
Ce qui est décrit ici, c’est ce que l’ex-vice président Dick Cheney avait une fois appelé « passer du côté obscur », un euphémisme qui recouvre les externalisations, la torture et les assassinats extrajudiciaires.

Ce reportage sur les trois hommes accusés d’être des partisans d’al-Shabab intervient quelques semaines seulement après que la Cour européenne des droits de l’homme a rendu une décision ferme qualifiant d’« assimilable à de la torture » l’enlèvement, l’externalisation et la « disparition forcée » prolongée de Khaled El-Masri, qui avait été pris par la CIA en Macédoine il y a près de neuf ans.
  


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