DzActiviste.info Publié le sam 7 Juil 2012

Oran, 5 Juillet 1962 : “C’était la débandade”

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Signés les 18 mars 1962, les accords d’Evian consacrent le cessez-le-feu en Algérie. L’année 1962 aura été l’une des plus meurtrières de la guerre d’Algérie, tant les différents acteurs – Organisation armée secrète (OAS), Front de libération nationale (FLN) et services spéciaux – se seront livrés à une surenchère de violence. Dans ce contexte, les premiers jours du mois de juillet 1962 restent gravés dans la mémoire de ceux qui ont connu de près ou de loin la guerre d’Algérie et particulièrement le 5 juillet, qui a été marqué par des massacres à Oran.

Le 1er juillet a lieu en Algérie, qui était encore un département français, un référendum sur l’autodétermination. Le “Oui” l’emporte haut-la-main avec une quasi-unanimité : 99,72% des près de 6 millions de suffrages exprimés. Le 3 juillet, le général de Gaulle reconnaît l’indépendance de l’Algérie qui est officiellement proclamée le 5 juillet.

Ce jour-là, à Oran, où les différentes communautés ne se mêlaient plus, plusieurs manifestations sont organisées par le FLN pour célébrer l’événement. Dans la deuxième ville d’Algérie où l’OAS a été particulièrement active, des fortes tensions existaient entre le FLN de l’intérieur et celui de l’Armée de libération nationale (ALN), jusque-là cantonnée aux frontières, sans compter des rivalités entre le commandement FLN de la ville et celui de la région de l’Oranais.

L’armée française, elle, est enfermée dans ses casernes et n’en sortira que plusieurs heures après les massacres. Une force auxiliaire de police fraîchement constituée par le FLN est chargée du maintien de l’ordre.

Chaque camp a donné sa version des événements et de l’origine des tirs qui ont déclenché des exactions et des chasses à l’homme visant des Européens et des musulmans suspectés d’être hostiles à l’indépendance. Une bataille de chiffres persiste sur le nombre de victimes (morts et disparus), qui serait vraisemblablement de l’ordre de plusieurs centaines à un millier, selon les différentes sources.

Le témoignage que j’ai recueilli est celui de ma mère présente à Oran le 5 juillet 1962 qui rapporte, 50 ans après, ce à quoi elle a personnellement assisté. Voici son récit.

Paul Benkimoun

source: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/07/05/oran-5-juillet-1962-temoignage-de-claire-benkimoun_1729851_3212.html


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