DzActiviste.info Publié le mar 16 Juil 2013

Oran ses citadins et ses hors-la-loi

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« S’il y a une ville en Algérie, où les actes mafieux sont concrétisés à longueur de l’année, par des intouchables c’est bien Oran »

Mohamed Ibn Khaldoun

Oran-2L’ex El Bahia, fait partie des villes où il est maintenant interdit de rêver. Elle est devenue une ville où le rêve et les fausses promesses se mêlent. La ville est figée dans une lourdeur qui, à chaque coin de la rue, nous rappelle la morosité du quotidien d’une vie harassante et d’une ville qui s’est transformée en quelques années en un grand, grand et vaste DOUAR. Fini le temps où Oran portait fièrement, le titre de Wahrân el Bahia. Toutes les tentatives, pour rendre la ville agréable et la vie de ses habitants Ouled el bled joyeuse sont handicapées par des forces occultes. Des montagnards incultes, ont pris la ville sous leur siège. En vérité malgré les milliards que l’on gaspille, Oran n’est plus Oran d’antan. Bien au contraire tout se fait pour la rendre insupportable, des égouts évacués dans la nature, des ordures entassées dans les ruelles pendant le jour des éboueurs sans formation, des câbles de téléphone fixés dans les murs des immeubles prouvant un travail médiocre de bricolage partout et dans les 26 communes de la wilaya. Les fuites d’eau potable au niveau des niches, la saleté du parterre en particulier dans les rues principales du centre de la ville ,telle la rue Larbi Ben Mhidi, place du Maghreb… des stationnements de véhicule d’une manière anarchique, des conducteurs de véhicule et d’auto bus irrespectueux du code de la route, des voies publiques squattées, des constructions illicites partout et sur des terrasses d’immeubles au centre ville, des immeubles menacent de ruine, re-habités par des intrus (cautionnés et intouchables) qui visent d’éventuel relogement, phénomène devenu un busines juteux pour y revendre les logements ou les donner en location, La place du Premier Novembre (ex Place D’Armes), n’est plus la place d’antan avec sa minuscule forêt, la place, jadis lieu de rencontres est devenue un lieu de prédilection pour les cafards et les mouches et de toutes sortes d’insectes nuisibles et ce n’est pas le tramway qui surprend les oranais. Le tramway existait à Oran au début du siècle dernier….Des motocyclistes roulaient sans casque de protection pendant le jour et sans éclairage en temps de nuit. Le comble c’est qu’ils traversent les postes de contrôle de police et de gendarmerie comme les tracteurs agricoles qui pénètrent en ville au centre sans inquiétude. La police et les gendarmes ne s’occupaient que des conducteurs automobiles et encore….. !!!

La rue de la Révolution a perdu son animation, elle est devenue une piste au centre de la ville, les élus auraient au moins le patriotisme une seule fois dans leur vie pour réaménager cette rue et lui redonner son visage d’antan, qui évoque la Révolution et qui grâce à elle ,eux ils sont aujourd’hui des élus et siègent à la Mairie à l’APW et à l’APN, malgré que la plupart ne sont pas des ouled el bled.
le spectre des agressions dans cette ville, permet aux agresseurs de cibler leurs proies le long de la journée, le citoyen oranais ne s’aventure plus à la Promenade de l’Etang où l’insécurité règne. Les ‘’Nuits de Liban, le Cyntra, le Champs Elysée, le Gymnase, le Rancho, Luna Club, Baya Club, le Belvédère, lieux de distraction des anciens oranais, font partie aujourd’hui de l’ancienne histoire. Les salles de cinéma toutes sont fermées depuis de belle lurette, convoitées aussi par une mafia anti peuple. La pêcherie est devenue un luxe inabordable, la célèbre Tahtaha est polluée, ses voies d’accès, places publiques et ruelles squattées.

Oran victime de l’exode rurale, de toute les régions du pays des gens ont trouvé refuge, après avoir mis leurs terres agricoles et demeures en location, la plupart se sont taillé illicitement des terrains pour y construire un toit précaire et mettre les autorités locales (absentes) devant le fait accompli. Le respect des lois est une vielle mode à Oran, le langage du couteau, du poignard, du sabre du fusil à harpon et de la hachette est une mode. Des bus très sales circulant en toute quiétude, des véhicules épaves, des poids lourds et des tracteurs agricoles tractant des citernes d’eau traversent les postes de contrôle pour rentrer en ville comme s’il s’agissait d’un douar ! Le refus de priorité se caractérise de plus en plus et parfois devant le regard d’un policier immobile et passif. Durant toute cette période un grand défilé de wali qui ne disaient walou,

Oran croule sous les effets néfastes. Les autorités compétentes affichent une indifférence inquiétante. Le wali tout seul sur le terrain, parle, accuse et insiste. Alors même le centre ville, a sombré lui aussi dans la saleté et la pénombre. Les accès de l’entrée de la ville d’Oran, donnent une très mauvaise image d’une ville sensée être la seconde capitale d’Algérie. Les membres de l’autorité locale, ne semblaient pas traverser la grande avenue de Coca jusqu’à la zone du Rocher, cette double voie à grande circulation censée être la pénétrante d’Oran par l’Ouest, présente une image lamentable, les deux accotements squattés par les dizaines de ‘’commerçants’’ formels et informels, de tout genre de commerce nuisible à la santé publique, matériaux de construction, sable, gravier, parpaing, brique, ciment, sanitaires, menuiserie, chaudronnerie, d’autres se sont accaparé des trottoirs en posant des tas de boite en carton pour délimiter leur acquisition illégale.
Tout le monde semble absent. Mais qu’est-ce qui se passe ? Où allons-nous comme ça ? Se demandent beaucoup d’oranais. Les injonctions du wali à l’encontre des responsables, ne semblent avoir eu d’effet. Le chef de daïra, quant à lui, demeure dans une expectative effroyable. Visiblement, il parait que les responsables locaux ont démissionné, dira un vieux fonctionnaire de mairie à la retraite depuis 16 ans. La direction de l’environnement semble aussi non concernée par cet environnement malsain et préjudiciable à la santé publique. L’amélioration du cadre de vie du citoyen n’est qu’un slogan creux pour les responsables locaux qui semblent se confiner dans leur petit standing quotidien, attendant une éventuelle mutation.

Les pseudos-associations censées contribuer à la protection de l’environnement font le dos rond à toute action de salubrité, prétendant plutôt s’atteler à protéger leurs petits privilèges et quelques relations pour vider leurs balivernes. Des maires indifférents devant un fait accompli, la police de l’urbanisme est très sollicitée devant les délits commis par les constructeurs venus de zones rurales. Le citoyen oranais, laissé pour compte, reste lui, exposé aux pires conséquences. Qui pourra sauver ORAN, qui se prétend seconde capitale de l’Algérie, et qui n’est plus Bahia, ni jour et nuit Zahia ? Si ce n’est pas ses propres enfants !

A vrais dire, la déception, l’amertume est terriblement ressentie par Oranais et les Oranaises, et surtout les valeureux chouhadas de la Révolution qui vomiront s’ils renaissent pour faire le constat. Ces citoyens (nes) en ont le ras le bol de leur ville, assiégée de surcroît par les montagnards, les fuyards et d’autres. Hélas pour cette ville qui a vu s’échafauder des civilisations et qui a donné naissance à tant de lumières et de héros… Meure à petit feu.


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