DzActiviste.info Publié le mar 21 Mai 2013

Origines de la crise algérienne : Entre versions idéologiques, luttes d’intérêts et données historiques

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pouvoir algérienAhmed Amokrane

 

Jamais notre pays ne s’est retrouvé aussi menacé. La faillite algérienne est totale. L’immobilisme est de règle. D’un côté nous avons une population démoralisée et sans véritables repères. De l’autre,nous avons un pouvoir usé et dépassé dont les ambitions se limitent à son simple maintien à la tête d’un pays en souffrance,avec comme hantise, une issue à la Keddafi .

 

Face à cet échec patent, certaines voix s’élèvent motivées par des considérations idéologiques ou par des intérêts personnels, dans le but est d’imposer une version allant à contre sens des réalités historiques,politiques et géostratégiques  . C’est ainsi,que la crise algérienne fut décrété comme datant du coup d’Etat militaire du 11 Janvier 1992 . Cette version a un double objectif. Elle vise à accorder une virginité à  tous ceux qui ont exercé des responsabilités au sein du pouvoir avant 1992 ainsi qu’à ceux qui  l’ont soutenu ou fréquenté de prés ou de loin depuis 1962  . En même temps,cette version déformée de l’histoire,sert pour des raisons idéologiques, à montrer au peuple,que sans l’arrivée au pouvoir d’une certaine tendance politique,le pays est condamné à la dérive !

Certes, un coup d’Etat est toujours condamnable, il reste un acte antirépublicain . Une armée, n’a pas vocation à orienter ou à imposer un choix politique au peuple . Par ailleurs toutes les tendances politiques,ont le droit d’accéder au pouvoir suite à des élections propres et transparentes . Cependant, la dérive ne date pas du 11 Janvier 1992. Les origines de la crise algérienne,remontent à l’histoire du mouvement national .

 

En effet,face à l’arrogance exprimée par la puissance coloniale et son refus de la moindre concession en faveur des algériens, le soulèvement du 1er Novembre 1954,fut le fruit de la radicalisation du mouvement national suite à l’échec d’une solution politique à l’occupation de notre pays .

Face au comportement d’une administration coloniale autiste et responsable d’une véritable impasse politique, le F.L.N historique s’est avéré aussi efficace que radical.

 

Conscients des risques de débordements et craignant un avortement du soulèvement du 1er Novembre,Ben M’hidi,Abane,Krim Belkacem et d’autres chefs historiques,organisèrent rapidement le Congrès de la Soummam en 1956 dans le but de canaliser le soulèvement ,le structurer et lui donner plus d’assises politiques . Force est de constater,que les plus conservateurs au sein du F.L.N historique, décidèrent de rejeter la déclaration du Congrès ,allant jusqu’à organiser l’assassinat de Abane en 1957 .

En rejetant la primauté du politique par rapport au militaire et de l’intérieur par rapport à l’extérieur que stipulait principalement la déclaration du congrès de la Soummam,les responsables de l’époque ont signé l’événement fondateur de la crise algérienne .

 

De cette crise politique née en 1956,le pays débouchera en 57 ans d’évolution sur des crises culturelles, morales, sociales et économiques . Le coup d’Etat commis contre le G.P.R.A en1962 et la prise du pouvoir par l’armée des frontières, le coup d’Etat de 1965,le renversement du gouvernement Hamrouche en 1991 et le coup d’Etat de 1992,ne sont que l’expression de cette crise politique post congrès de la Soummam .

 

Vouloir imposer certaines versions de l’histoire pour des raisons de luttes d’intérêts ou par convictions idéologiques, relève de l’inconscience intellectuelle et politique. Le peuple algérien, risque d’être doublement pénalisé . En déformant notre propre histoire, nous risquons intellectuellement de trahir nos propres enfants tout en éloignant politiquement, les possibilités de solutions à la crise  algérienne. Il faut savoir, que l’efficacité d’un remède, dépend de la qualité du diagnostic.

C’est grâce à un diagnostic basé sur des réalités historiques,que nous pourrons situer le mal dont souffre notre pays,le dater et le traiter ensemble . Ce diagnostic s’impose à nous et nous exige un traitement qui consiste à considérer la déclaration du 1er Novembre et celle du congrès de la Soummam comme les piliers d’un consensus qui nous rapprochera les uns des autres en vue de sauver notre pays.

 

Notons que depuis le début du printemps arabe,un vent de panique souffle aussi bien sur la présidence que sur le D.R.S . Les uns tentent de faire porter aux autres la responsabilité de l’échec algérien . Par presse interposée,des reglements de compte éclatèrent entre les deux « institutions ». Des affaires de corruptions jusqu’ici bien gardées,sont dévoilées . Tous les coups sont permis,l’essentiel est de discréditer l’autre . C’est ainsi que de nouveaux falcificateurs de l’histoire sont apparus  .Il s’agit de cadres civils et militaires chargés par le pouvoir réel de jouer aux opposants à un président qui n’a de président que le nom . Tout est fait pour faire croire aux algériens que la crise nationale date cette fois ci de 1999 (date d’intronisation de celui qui symbolise actuellement le pouvoir apparent) . La réalité est  que les tenants du pouvoir réel veulent exploiter la maladie de celui qu’ils ont imposé au peuple, pour provoquer une minirévolution,qui leur permettrait de sauver leur peau tout en préservant un régime aussi inefficace qu’illégitime .

 

 

 


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