DzActiviste.info Publié le sam 4 Fév 2012

Où va l’Algérie?

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Le savant ou le « sauveur »: Jugeons-en!

Le père du premier fut un militant nationaliste de la première heure, au sein de l’UDMA, qui rejoignit la lutte armée deux mois après la déclaration du 1er novembre 1954 et fut arrêté et emprisonné par l’administration coloniale en 1957. Son grand-père paternel fut l’un des premiers instituteurs« indigènes». Deux de ses oncles paternels furent de brillants intellectuels. Lui-même fut reçu au baccalauréat avec la mention «Très bien» et, obtint, après de brillantes études supérieures, un Ph. D en physique dans la plus prestigieuse université de sciences et technologie des États-Unis d’Amérique, le fameux MIT. En tant que chercheur de haut niveau, il n’eut toujours que son seul salaire pour subvenir aux besoins de sa famille.

Le père du second était caporal dans l’armée française. Lui-même s’engagea dans ladite armée en 1955, c’est-à-dire en pleine guerre de libération nationale, pour suivre une formation de sous-officier en France. Il «désertera» en 1957 pour rejoindre les rangs de l’ALN en Tunisie où il restera jusqu’à l’indépendance. Ses seuls faits d’armes eurent lieu dans son pays, en octobre 1988 et en 1992-93. Il fit tirer à balles réelles sur la jeunesse révoltée par l’injustice et la hogra et autorisa la torture et les enlèvements (500 morts et des milliers de blessés). Devenu «général» et ministre de la Défense Nationale, il mena le coup d’État qui mit fin au processus électoral de décembre 1991 et couvrit encore une fois la torture, la déportation et l’exécution sommaire de dizaines de milliers d’opposants.

L’Algérie officielle a condamné le premier à 20 ans de prison par contumace, parce qu’il avait choisi de rejoindre le FIS en 1992 et de s’opposer au coup d’État. Pour elle, ce brillant chercheur de haut niveau est un dangereux «intégriste» qui veut «talibaniser» l’Algérie et ramener la société algérienne au moyen âge.
En revanche, elle use de tout son poids pour protéger le second contre d’éventuelles poursuites judiciaires par des tribunaux étrangers, suite aux plaintes déposées contre lui par des Algériens ayant subi la déportation et la torture de la part de l’armée qu’il commandait. Plus que cela encore : elle le considère comme un sauveur.

Voilà donc où va l’Algérie après 50 années d’indépendance. Elle condamne à l’exil et fait emprisonner ses meilleurs enfants, dont les parents ont risqué leur vie pour que le peuple algérien recouvre la liberté et la dignité, et qui ont eux-mêmes fourni les plus grands efforts pour faire honneur à leur pays en se faisant reconnaître par les meilleures universités dans le monde. Elle protège, au contraire, et honore ceux dont le passé et celui de leurs parents est des plus douteux et dont les seuls exploits furent la mise en œuvre de la répression, de la déportation, de l’exécution sommaire, de la torture et de la disparition de centaines de milliers d’Algériens.

Merci Adel H!


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