DzActiviste.info Publié le mar 11 Juin 2013

Petit dico du journaliste algérien raciste

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Quand un immigré est expulsé de France, on appelle ça du sarkozysme. Quand il est affabulé des pires tares de la France, on appelle ça du racisme ou de l’extrême-droite.

Quand il est traité de « fléau », on dit qu’il s’agit de ségrégation. Mais que dit-on quand un Noir subsaharien est expulsé d’Oran vers le vide au Sud, dans un camion de nuit ? On dit « opération », «lutte», « assainisse ment » ou « reconduction aux frontières ». Même si ces frontières n’existent même pas, le reste existe : camions, racisme et ségrégation inconcevable. A lire certains articles de la presse en Algérie, on reste abasourdi : Echourouk donnera sur sa première page le titre du siècle : «Des juifs et des Africains derrière les kidnappings des enfants algériens ». On lit l’article et on découvre qu’il ne s’agit pas d’une information mais d’un simple « retour » sur des rumeurs qui convoquent les instincts primaires de la société locale.

Le journal songe d’abord, à vendre en titillant les bassesses collectives et les peurs animales : le Juif et  l’Africain « vendent » bien et sont capables du pire dans l’imaginaire de la presse  jaune : sexe, Dieu, Africains sorciers ou faussaires et juiverie mondiale. D’autres journaux ? Oui : Le Quotidien d’Oran. On lira : « Ils ont disparu des rues d’Oran : 200 Subsahariens reconduits vers les frontières sud ».  L’article parle de rues  « libérées ».

Le journaliste parle d’« opérations de transfert ». Il explique que « les Subsahariens ont réussi à investir plusieurs rues et quartiers de la ville ». Notez le mot investi, réservé pour évoquer « Invasion », mot préféré des extrêmes-droites pour parler des « Arabes » en Europe. « Rien ne semble les dissuader malgré les actions prises par la direction des affaires sociales pour lutter efficacement contre ce phénomène ».

Un autre mot préféré du dico du raciste est à trouver dans cette phrase merveilleuse : « Certains habitants soucieux des conséquences que peut générer ce fléau, ont lancé un appel aux pouvoirs publics pour que des mesures urgentes soient prises afin d’éviter l’irréparable ». On ne parle pas de raisons politiques, économiques ou de gestion des flux, mais de raisons hygiéniques : « Pendant des mois, des dizaines de femmes accompagnées de leurs enfants en bas âge, ont squatté l’avenue Chakib-Arselane, transformant cette artère en dépotoir ». Comprendre : saleté, noirceur, misère, déchets.

C’est une redondance de « sale Arabe », qui devient « sale Africain » dans la bouche de « l’Arabe ». Un autre article, sous un autre titre « Aïn El-Turck : des migrants clandestins recrutés dans des chantiers de construction ». Là, le migrant subsaharien est convoqué sous la forme de menace sur l’économie locale et est qualifié de voleurs d’emplois. Comme on dit d’un « Arabe » en Suède ou en Grèce. Lisez : « Le phénomène de Subsahariens clandestins recrutés dans certains chantiers de construction, essaimés à travers la daïra d’Aïn El-Turck, a pris des dimensions démesurées ces derniers  mois ». Effet de loupe et exagération sur l’envahisseur noir. Le péril noir en somme.

Un propos raciste digne de la bouche d’un Espagnol descendant de l’OAS ? Oui, mais c’est un Algérien qui parle au journaliste qui rapporte : « Les maçons en particulier, exerçant dans cette partie de la wilaya d’Oran, sont les premiers à dénoncer la concurrence déloyale qui est imposée par ces Subsahariens. « En plus de la maçonnerie, certains les préfèrent également pour des travaux de jardinage. Si cela continue, la main-d’œuvre locale n’aura bientôt rien à se mettre au grand dam des pères de famille notamment », a confié avec dépit un journalier de Haï Bensmir, sis dans ledit chef-lieu ». Explication de la présence du Noir sur nos terres brunes et pures  souches ?  « Notons que pour justifier leur présence illégale sur le territoire national, ces Subsahariens avancent l’argument de réfugiés, ayant fui la famine et les violences qui prévalent dans leurs différents pays d’origine ». Le dico du journaliste raciste algérien est donc très souvent utilisé par les journaux. On cite ces deux cas, mais cela « peuple » aussi les autres colonnes des autres supports.

Le mot « africain » est utilisé sans complexe par Echourouk pour parler des Subsahariens, parce que l’Algérie se situe en Norvège comme on le sait tous. On retrouve, dans les journaux algériens, tout le lexique qui en Europe est passible de procès d’opinion ou de justice et que l’on dénonce ici comme un manquement moral de l’Occident à l’égalité des hommes et des cultures : le migrant « vole le travail», c’est « une menace », un « fléau », il est sale, il kidnappe les enfants, il n’a pas de nationalité mais seulement la nationalité d’une race ou d’une couleur, il est reconduit « pour son bien », c’est un menteur sur les raisons de son exil, il est fourbe et vend de la drogue ou falsifie des billets de banque. Sauf qu’en Algérie, le « Noir » a aussi un autre crime en plus sur le dos : il n’est pas musulman, en plus d’être déjà noir et presque juif.

 

 


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