DzActiviste.info Publié le lun 11 Juin 2012

Pierre Haski “Les nouveaux médias bousculent l’ordre établi”

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Pierre Haski, cofondateur de Rue89.com
“Les nouveaux médias bousculent l’ordre établi”

“Le journal comme source d’information est cliniquement mort”, affirme-t-il. Mais tout n’est pas perdu pour le papier, car “un journal papier peut apporter un plus en terme d’enquêtes, de mise en scène de l’information”.

“Le journalisme et les sites d’information”, tel est le thème de la conférence animée hier, à l’École supérieure de journalisme (ESJ) d’Alger, par Pierre Haski, 59 ans, cofondateur du site français rue89.com.

Un sujet d’actualité qui a suscité une grande attention des présents, pour la majorité des étudiants de l’ESJ. Pierre Haski a abordé, tout au long des deux heures qu’a duré cette rencontre, les différents volets de cette relation, que beaucoup appréhendent encore, entre le journalisme et les nouvelles technologies. “La révolution numérique est universelle et elle bouleverse les usages” n’a-t-il pas cessé de répéter, insistant sur le fait que le plus important, c’est la qualité de l’information qui doit prédominer et non le support. Le changement, n’est, pour lui pas un choix mais une réalité tangible “partout les nouveaux médias bousculent l’ordre établi”.

Revenant sur sa carrière, Pierre Haski a relaté les péripéties qui l’ont amené à faire le “saut”, un certain 6 mai 2007, en lançant, avec trois autres journalistes, (comme lui, des anciens du quotidien Libération) le site d’information rue89.com. Il a rappelé l’“ambiance” qui régnait au sein de la corporation des journalistes concernant la fiabilité d’un support web. “À chaque étape, on est conforté à ce rapport à la technologie”, précisa-t-il après avoir décrit “l’appréhension, la peur du saut vers l’inconnu” de plusieurs de ses collègues. Cette “mutation” vers le web, après avoir quitté Libération, qui a engendré rue89, est due à un constat d’échec de la presse traditionnelle”. Le débat entre version papier et site d’information ne pouvait pas être “omis” par le conférencier. Son diagnostic est d’ailleurs radical : “Le journal comme source d’information est cliniquement mort”, affirme-t-il, tout en précisant que “le papier tel qu’on le vit aujourd’hui est (…) voué à disparaître”. L’introduction des nouvelles technologies, avec Internet et les smartphones, a chamboulé le quotidien de chacun. “Il y a une évolution des modes de lecture qui n’est pas à l’avantage du papier”. Selon Pierre Haski, la vision qu’ont les journalistes et les responsables de journaux doit impérativement changer pour pouvoir suivre le “rythme” que personne ne peut éviter. Tout en faisant l’apologie de l’introduction du multimédia dans le journalisme, il a laissé entendre que, néanmoins, tout n’est pas perdu pour le papier, car un journal peut apporter un plus en termes d’enquêtes, de mise en scène de l’information”.

Revenant à l’expérience participative de rue89.com, Pierre Haski a expliqué sa vision de l’information.
Selon lui, elle doit être à trois voix : journalistes, experts et internautes. Ainsi, il s’est longuement attardé sur l’importance de la relation directe entre l’auteur et les lecteurs.

“L’interactivité a été une importante découverte pour moi”, dit-il, ajoutant qu’elle permet “l’enrichissement de l’information et (…) un type de rapport de confiance avec le lecteur”. Toutefois, le ciel des sites d’information est loin d’être sans nuages. L’expérience de rue89 en est une illustration. “On n’a pas réussi à inventer un modèle économique”, déclare-t-il. L’expérience lancée depuis plus de 5 ans n’a pas encore donné ses “lauriers” de rentabilité. Il faut préciser que rue89.com est un site gratuit. La publicité est l’un des supports essentiels à la survie du site.

À cela, il faut ajouter le côté formation. Cette dernière, dédiée à des journalistes d’autres médias, représente le tiers du chiffre d’affaires.

D’ailleurs, depuis le 31 décembre dernier, rue89.com a été racheté par le groupe Perdriel, et a rejoint le groupe médias “Le nouvel observateur”. Une situation qu’il impute, entre autres, aux mutations des certains groupes médias. “On a sous-estimé peut-être la capacité de rebondir des sites d’information traditionnels”, admet-il.

Par : Salim KOUDIL 11 06 2012
liberte-algerie.com


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