DzActiviste.info Publié le mer 31 Oct 2012

Politiques foncières et aménagement de l’espace : la triste réalité

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D’ici la fin de l’année en cours, deux rencontres d’envergure auront lieu en Algérie et évoqueront l’épineuse question de la gestion foncière et l’aménagement de l’espace.
Il y a d’abord le colloque international qu’organisera l’EPAU d’Alger (école polytechnique d’architecture et d’urbanisme) les 7 et 8 novembre sous le thème de « la ville algérienne : 50 ans après, bilan et vision d’avenir ».
Le colloque ne manquera sans doute pas d’importance lorsqu’on sait que des communications comme, entre autres, « le foncier en Algérie, de l’indépendance à aujourd’hui: quelle gestion? Quels enjeux?», « stratégie foncière urbaine à Alger face aux besoins des programmes d’habitat », sont au menu.
La seconde manifestation est la rencontre du réseau FONCIMED (réseau de recherche sur le foncier méditerranéen) qui se tiendra cette année du 16 au 21 décembre prochain à Biskra.
Dans tous les cas de figure, les défis qui se posent en matière de gestion des espaces et de protection de cette ressource rare et épuisable qui est le foncier occuperont une large part des débats à l’occasion de ces deux rencontres.
Les chercheurs et spécialistes dans ce domaine auront également à dresser une énième série de recommandations pour freiner toute forme d’anarchie et d’abus dans l’occupation des espaces.

Accaparement de terres

A partir de là, la question qui se pose est de savoir quel sort réserveront les politiques aux recommandations des scientifiques ?
Ne surtout pas espérer l’application du discours scientifique dans la conception des politiques publiques en la matière.
Pas en Algérie en tout cas. Pour preuve, il n’y a qu’à voir la facilité avec laquelle le ministère de l’habitat vient de lancer depuis quelques mois une campagne de régularisation massive des habitations entachées d’irrégularité à travers « l’instruction interministérielle N°04 portant allègement des modalités de mise en conformité des construction et leur achèvement ».
Or, d’aucuns savent que la majeur partie de ces constructions incarnent la forme la plus sauvage de l’accaparement des terres.
Pour mémoire, des centaines de constructions ont été réalisées illégalement durant les années 1990 sur des terres agricoles lorsque le pays a plongé dans une crise politique et sécuritaire sans précédent.
Les détournements ont touché notamment les périmètres périurbains, comme cela a été le cas dans la périphérie d’Alger, Blida et Boumerdès.
Dans son livre "grandeur et décadence de l’Etat Algérien", (éditions karthala 1994), l’universitaire Ahmed Rouadjia écrit:« Régulariser le fait accompli a toujours constitué une pratique courante depuis que l’Algérie a accédé à sa souveraineté ».
Les responsables des ministères comme celui de l’habitat, ont-il réellement besoin des recommandations de chercheurs universitaires ou d’experts ?

Classé dans:Ressources naturelles Tagged: aménagement du territoire, dégradation des terres, foncier


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