DzActiviste.info Publié le dim 13 Avr 2014

PORTRAIT PEU RELUISANT DU PAYS EN LEQUEL JE CROIS TOUJOURS.

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Carnaval présidentielComment un si beau pays qui se revendique république démocratique peut se laisser aller à une telle déchéance, une telle injustice et un tel dédain du peuple même qui le porte, et porte haut ses couleurs !

Nourredine BELMOUHOUB *

Il existe aujourd’hui dans notre pays un accaparement généralisé, conspirateur, frauduleux, corrupteur qui s’est infiltré dans nos mœurs et dans notre culture au point que les tenants du pouvoir économique, politique, étatique et mafieux se sont accaparés de tout, s’enrichissent à un degré inimaginable, laissant les autres vivre dans la pauvreté et la promiscuité les plus dévastatrices pour nos enfants et pour la sécurité des citoyens rendus de plus en plus individualistes et adeptes de la soumission volontaire. Vous laissez pourrir notre société, cela ne vous touche point en tant que dirigeant. Je n’ai pas de commentaire à faire sur votre attitude en tant qu’humain, puisque même votre miroir n’arrive plus à vous interpeller chaque jour, à moins, surement en raison d’une cécité morale chronique.

L’oppression que vous pratiquiez au quotidien me permet d’affirmer que nous sommes devenus une société ségrégationniste, c’est pourquoi j’ai souvent haussé la ton dans mes déclarations pour vous dire de partir de votre plein gré, du moment ou vous aviez appliqué la répression sur vos opposants, comme tel est le cas dans tous les pays dirigés par des autocrates de votre acabit. Si encore une fois on fait face à une révolte semblable à celle d’octobre 1988, ce pays sera à genoux. Mon analyse a-t-elle un fondement dans votre cas? Oui je l’affirme, convaincu que la peur est dans votre camp, ne voyez vous pas qu’à chaqu’une de vos actions, est opposée une réaction. Ne ressentez-vous pas cette colère pulsionnelle ? N’est-elle pas là une menace claire ? Dans ce cas, continuer à appliquer la répression va dépasser votre contrôle. Quand on applique la politique que vous appliquez, tôt ou tard la population se soulèvera contre vous. Si vous ne partez pas, et que par tous les moyens vous restiez au pouvoir, votre logique sera la répression contre le peuple. C’est ce qui a été fait dans les années 90. Si les partisans de la répression n’avaient pas opté pour le tout sécuritaire, et pris la sage décision de laisser le peuple choisir les dirigeant dignes de le servir, ils n’auraient pas eu a quitter le pouvoir par la petite porte, qui mène droit dans la poubelle de l’histoire.

Ceci dit, passons à trois d’entre vos inepties.

La première ineptie est d’ordre structurel : Les Algériens ont pu remarquer que la campagne électorale a été utilisée  pour faire des déclarations politiques, ou non seulement nous avons entendu des imbécilités mais aussi des propos insultants voire même des proférations de menaces. La lâcheté implique-t-elle autant d’actions empreintes d’indignité.

La deuxième ineptie est d’ordre intellectuel et politique: N’avez-vous pas entendu dire que « la démocratisation implique que le citoyen n’a pas droit à un yaourt » Démocratisation ne veut pas dire priver les pauvres pour engraisser des cochons, démocratisation veut dire surtout donner la chance aux autres ».

Mon Dieu, comment peut-on accepter ces outrages monumentaux. N’y a-t-il plus d’intellectuels courageux dans ce pays pour empêcher que des mal-élevés n’injectent leur venin dans notre société?

Qu’est-ce que la démocratie s’il ne s’agit pas d’un système politique par lequel un individu libre de sa personne s’associe avec d’autres personnes tout aussi libres pour déterminer les rapports entre eux au sein de la société républicaine:

– 1) Garantissant d’abord et avant tout l’inviolabilité de la liberté de la personne en tant qu’individu libre de disposer de son corps, de sa pensée et de ses mouvements

–  2) Régissant les libertés des individus en tant que citoyens en rapport entre eux;

– 3) Régissant les libertés de l’ensemble des individus constituant un collectif de personne à l’échelle de la famille, des groupes d’individus associés, de l’ensemble des individus constituant une société déterminée par l’espace-temps et l’humanité dans son ensemble.

La démocratie régit ensuite l’ensemble des droits qui émanent de ces libertés, les lois qui sont établies et les institutions qui établissent et contrôlent et mettent en œuvre les droits et les lois. La démocratie c’est l’État des libertés, des droits et le respect total du premier des pouvoirs: celui du peuple. Que ce soit en démocratie directe et indirecte ce sont les intérêts communs qui doivent primer.

La liberté de la personne n’est-elle pas supra-constitutionnelle. Le fait que l’on soit citoyen d’un État reconnu par les autres États ne fait-il pas du peuple de cet État, propriétaire non aliéné de tout ce qui constitue cet État. Cet aspect est aussi supra-constitutionnel. C’est la combinaison de la liberté de la personne et de la propriété collective placées au-dessus de la constitution qui régissent une république.

Ne pouvez-vous pas comprendre ces éléments fondamentaux d’une république ?

Si elle est comprise, démocratiser une société c’est faire en sorte que sa population accède à tout ce que cette société possède sur le plan des ressources naturelles et ce qu’elle a créé au niveau culturel.

Vous n’avez aucun droit de disposer des biens publics, comme c’est le cas aujourd’hui, au point d’instaurer dans notre pays le ségrégationnisme et l’utilisation des biens publics par des individus sans vergogne, des accapareurs et des nouveaux riches. Vous n’avez pas ce droit.

La troisième ineptie de votre part: C’est croire que vous êtes non seulement le propriétaire de notre pays mais – ayant muselé le Parti travailliste et utilisé le MMM et le MSM comme bon vous semble quand vous êtes rejeté par une partie de la population – que vous pourrez de tout temps demeurer par la force et la ruse, les maitres  de la nation.

Je vous mets au défi de publier la liste des personnes qui ont obtenu du Trésor public des sommes colossales qu’ils n’ont jamais rendu, et qu’ils comptent ne pas rembourser. Vous dites que vous donnez à ceux qui n’ont rien dans le cadre de la démocratisation de notre économie, j’affirme que vous privez le public pour enrichir les nantis, et je n’ai pas besoin de démontrer combien l’oligarchie s’est enrichie sur le dos du peuple.

Dans les faits, nous sommes en présence d’une conspiration visant à vendre aux enchères et aux moins offrant les biens publics. Je sais que ceux qui protestent sont remplis de leur « Moi je » et pensent qu’avec quelques « Moi je » on peut construire un « Nous ». Je suis conscient que le combat pacifique qu’il faut mener, n’est pas facile. Je sais que des hauts fonctionnaires ont peur de vous, et que les jeunes intellectuels très capables ont préféré fuir ce pays. Qu’importe, il reste assez de gens capables en ce pays pour construire la relève. Beaucoup de jeunes hommes et de jeunes femmes sont dix fois plus capables que vous et vos suiveurs pour construire notre société autrement. Ne croyez  pas que les jeunes ont peur de vous, et ill n’est pas dit que ceux qui sont partis ne décideront pas de retourner un jour au pays.

Comment un si beau pays qui se revendique république démocratique, peut se laisser aller à une telle déchéance, une telle injustice et un tel dédain du peuple même qui le porte, et porte haut ses couleurs ! Cette réalité n’est pas seulement rageante, elle est triste au plus haut point, je ne suis pas choqué, je suis triste, attristé par la réalité de l’envers du décor, triste de voir nos enfants affublés d’une étiquette « no future » et jeter en pâture, triste de voir à quel point le peuple est muselé par un pouvoir sans conscience, accaparé par ses recettes et beaucoup moins par le bien être de ses co-citoyens.

Même si certains trouveraient à redire à mon implication à travers ma présente réflexion, je voudrais rester engagé, même si de nos jours un tel engagement devrait durer longtemps avant de porter ses fruits, et quitte à s’attirer les foudres du pouvoir en place.  Cette réflexion n’est pas personnelle, ce serait vous accorder une attention que vous ne méritez pas. C’est une confrontation publique, dans l’intérêt commun.

Partez donc alors qu’il en est encore temps. Moi en attendant, je militerai pour que vous soyez battu par un boycott massif, aux prochaines élections.

* Victime de l’impéritie et de l’arbitraire.

 

 

 

 

 

 

 


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