DzActiviste.info Publié le sam 22 Juin 2013

Pour comprendre le problème de l’intellectuel algérien………….

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dabBenyoucef Badreddine

Pour comprendre le problème de l’intellectuel algérien, il faut remonter au lendemain de notre indépendance. Rares étaient les algériens qui possédaient un diplôme universitaire. La France avait bien fait les choses et les indigènes se confinaient dans cet environnement dans des rôles subalternes. Pour l’exemple, il n’y avait pas une dizaine d’ingénieurs agronomes dans tout le pays.

La nature ayant horreur du vide, les autorités, pour le combler, avaient fait avec ce qu’elles avaient sous la main, très souvent des moudjahids fraîchement descendus des maquis, n’ayant pour la plupart aucune formation universitaire. De toute manière, les ordres venaient d’Alger et les cadres installés pour encadrer les différentes structures du pays se comportaient plutôt comme des caporaux de compagnie. Par contre pour prendre des initiatives d’acquisition du patrimoine immobilier vacant, ils ne se gênaient pas de partager le gâteau entre eux. Mais, cela est un autre problème.

Le délitement de l’intelligentsia algérienne a débuté au milieu des années 70. Le produit de la formation de masse avec les différents instituts commençait à occuper le terrain qui était, comme nous venons de vois, déjà occupé par les cadres que l’on croyait transitaires. On pensait que le flambeau allait être transmis sans dommages pour le pays. Que nenni… Les cadres installés n’avaient pas de flambeau à transmettre et ils voulaient surtout conserver leurs privilèges acquis et ce au nom du sacro saint mot de pouvoirrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…

C’est durant cette période que l’on a assisté à une déperdition drastique de la notion de l’intellectuel. Il y a eu différentes réactions à cela. Les cadres serviles, se laissaient mener à la baguette par des dirigeants analphabètes… Ils menaient donc une vie à la limite du végétatif et certains avaient même pris la retraite à… 50 ans. Je connais même des cadres universitaires qui émargeaient au le budget de l’État et qui se rendaient à leurs bureaux uniquement pour prendre l’air du temps. Dès l’instant qu’ils ne perturbaient pas l’ordre établi, ils pouvaient faire ce que bon leur semblait. Pour avoir été serviles, certains ont même conservé leurs salaires alors qu’ils étaient sous les drapeaux !…

Les autres, qui pensaient qu’ils pouvaient avoir leur mot à dire sur le fonctionnement des différentes structures et se rebellaient de temps en temps contre l’ordre établi, ont été carrément marginalisés. On a assisté, durant l’ère de Chadli, à une tentative d’assainissement avec la formule qui avait fait focus : »L’homme qu’il faut à la place qu’il faut !… » Zaamaaaaaaaaaaaaaa…

Il n’en a rien été… Le pouvoir et rien que le pouvoir. L’Algérien ne connaît pas le mot alternance. Je peux vous citer des milliers d’exemples de ce que je viens d’avancer. Deux me viennent à l’esprit : Le frère de Chadli faisait la loi à Sétif en qualité de wali alors qu’il n’avait aucune formation. Benbouzid et ses 20 ans de gabegie au ministère des indigènes et je peux continuer à foison.

Et toujours selon mon habitude, je termine mon intervention par une blague bien de chez nous :

Un ancien compagnon de maquis de Chadli tenait à rencontrer le président. La rencontre avait ému notre président qui n’avait pas vu son compagnon d’armes depuis plus de vingt ans. Le dialogue a été épique :

– Alors, cher ami, pourquoi tu as attendu tout ce temps pour venir me voir. As-tu le moindre problème dans la vie ??? JE suis là.

Le pauvre type ne savait plus où se mettre car il avait justement un « petit » problème à lui soumettre.

– Non, non, mon cher ami, j’ai juste mon fils qui n’arrive pas à trouver du travail, il a 25 ans et je ne sais quoi faire avec.

Alors, notre président rentra dans une sainte colère :

– Comment, mon meilleur ami a ce problème et il n’a pas osé m’en parler. Allez, je nomme ton fils ministre !…

Le pauvre bougre pris de panique répliqua :
– Non, non, mon cher ami, mon fils n’a aucun diplôme.
– Ah bon, lui répondit le président, dans ce cas, je le nomme Wali.
– Non, non, non, mon cher président, il n’a même pas le bac.

– Quoi, il n’a pas le bac, dans ce cas je le nomme Chef de daïra.

– Non, non, non, mon cher président, il n’a même pas le brevet des collèges.

Alors, le Président lui répondit :

– Mon cher ami, pour un poste en dessous de chef de daïra, il faut des diplômes !…

Tout est dit !…


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