DzActiviste.info Publié le ven 27 Déc 2013

Pour le boycott de « l’élection » présidentielle

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Par Said Radjef in Le Quotidien d’Algérie

Ya-chaab-Fik-300x225Les algériens ne doivent plus se battre et se haïr entre eux, mais ils doivent s’unir comme un seul homme, comme au 1er novembre 1954, pour mettre un terme à l’un des régimes les plus pervers et despotiques de l’histoire de l’humanité.
Le pays d’un million et demi de martyrs pour la liberté des peuples, pour la démocratie, va-t-il a nouveau replonger dans le chaos ? La question, loin d’être rhétorique, est aujourd’hui, plus d’actualité que jamais.

Plus d’un demi siècle après l’indépendance, le pays est toujours exclu des marchés financiers, pour être à la merci de groupuscules obscurs agissant loin des normes en vigueur pour le compte des maîtres de la haute finance internationale et de la grosse industrie militaire. Les investisseurs le considèrent avec suspicion. L’Algérie est une gargote tenue par une poignée de personnes occultes, un laboratoire ou l’Occident lance toutes ses expériences sur le brave peuple algérien. Les dernières déclarations du président Français, François Hollande, ne laissent aucun doute à ce sujet.

Pis, les Algériens eux-mêmes n’ont toujours pas confiance en leur propre Etat.
Sur fond de spéculation, de violence, de terreur et de pillage, l’histoire édifiante d’un petit régime, d’une oligarchie fermée et imperméable, qui sait si bien monnayer ses faveurs avec les grandes puissances.

Avec les derniers scandales qui ont secoué Sonatrach, l’Algérie apparaît désormais comme le laboratoire universel de la corruption politique. L’un des plus beaux pays de la rive sud de la Méditerranée, si riche par ses ressources naturelles et son potentiel humain, est aujourd’hui confronté à toutes les angoisses sociales et politiques. Fuyant leur passé, ne pouvant plus concevoir et construire ensemble leur présent, les algériens n’ont plus les capacités de comprendre leur avenir.

Dans ce pays si vaste et si varié, les côtes, le grand Sahara, les villes et même les campagnes constituent de véritables joyaux qui suscitent la convoitise de tout le monde. Cependant, la spéculation qui pollue et gangrène la gestion des institutions publiques, et les pots-de-vin qui pleuvent sur des autorités qui ont le pouvoir, en requalifiant la hiérarchie sociale selon les humeurs du moment ou en déplaçant une simple ligne sur un plan, de faire et défaire des fortunes, ou de multiplier par mille les bénéfices d’un projet de construction, ont placé l’Algérie sur le banc des Etats voyous a haut risque.

Pour autant, l’omerta qui protégeait jadis les complicités entre pouvoir militaire, politique et économique vient de se fissurer. Des règlements de comptes ont suivi les arrestations, les procès et les premières condamnations. Puis il y a eu les aveux, les trahisons et la domestication de la justice et la fermeture de tous les espaces d’expression pour éviter la prison. A ce titre, il y a lieu de souligner qu’en dépit de plus de deux millions de bacheliers, le pays compte moins de journaux qu’un pays du Sahel, comme le Tchad. A peine une soixantaine de journaux aux ordres, alors que l’espace audiovisuel réduit à la seule chaîne publique, est des plus médiocres du continent Africain, tant tout ce qu’il diffuse à longueur de journée à la gloire du régime totalitaire, est anachronique avec les réalités culturelles, identitaires, historiques, sociologiques du peuple algérien.

En Algérie, la vague, ou plutôt la cascade de scandales qui précède de quelques semaines l’élection présidentielle, éclaire crûment l’envers d’un décor paradisiaque : Outre le pharmacien Khalifa Moumen extradé dans des conditions obscures et qui risque de purger une longue peine de prison pour corruption sur fond de règlements de comptes entre les nababs inamovibles du régime, de même que des ministres et autres hommes d’affaires issus de milieux politiques obscurs et sombres, mais au rôle décisif, risquent de rebondir sur la scène publique et d’ajouter un peu plus a cette entreprise de corruption qui enserre le pays comme un pieuvre depuis l’indépendance à ce jour . C’est dire que le pillage et la corruption sont les seuls éléments nécessaires dans la construction des rapports de force au sein d’un système dévoré par la gabegie.

L’idéologie de l’oligarchie au pouvoir est si souple en apparence qu’elle incite toutes les maffias d’ici et d’ailleurs à des coalitions et à la solidarité, autour des deux partis au pouvoir (FLN RND) qui ont toujours à l’insu de la majorité écrasante du peuple algérien de la couleur politique du pays.
Depuis bientôt deux ans, les manifestations se succèdent, sans relâche, sans discontinuer. De nombreuses collectivités sont prises en otage par les manifestants Les signes d’une explosion sociale aux conséquences imprévisibles sont de plus en plus perceptibles. Les promesses du régime par des mesures qui ont touché exclusivement l’ANSEJ et le CNAC afin de faciliter les crédits aux jeunes, n’ont pas apaisé outre mesure la colère d’une population lassée de l’inertie et de la corruption politiques. Dans l’un des pays les plus riches au monde, le nombre de ceux qui défilent en demandant du travail, de meilleurs salaires et le respect de l’Etat de droit, ne cesse de s’accroître tragiquement au fil des jours, alors que des mouvements séparatistes au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest du pays se multiplient en faisant planer le spectre de la balkanisation sur le pays

Nul ne sait exactement ce que représente la corruption dans l’économie algérienne. Selon une évaluation de la Banque mondiale, son montant total au cours d’une année serait de 5 milliards de dollars, en dehors des détournements de fonds destinés au développement et de la petite corruption pratiquée notamment sous forme d’impôt supplémentaire prélevé par les policiers, douaniers, fonctionnaires, politiciens et autres, sur leurs concitoyens.

Aujourd’hui, les patriotes sincères et profondément engagés posent en toute légitimité cette question lancinante : dans ce climat de corruption et de pillage généralisés, une élection est-elle possible ? Le citoyen est-il maître de sa voix, peut-il accomplir son devoir d’électeur sans que son suffrage ne soit détourné ?

De cette tribune, je lance un appel solennel et sincère à toutes les militantes et à tous les militants de mon pays, et je sais qu’ils sont nombreuses et nombreux en dépit des opération de parasitage visant à les mettre en minorité ou a donner une telle impression dans l’imaginaire collectif, au boycott massif et général des prochaines échéances électorales, qu’elles soient locales, régionales ou nationales et présidentielles


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