DzActiviste.info Publié le lun 10 Juin 2013

Pourquoi la camarilla veut la peau d’Ahmed Benbitour ?

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Pourquoi la camarilla, qui est agglutinée autour de la rente, redouble-t-elle de férocité pour avoir la peau du candidat du peuple Ahmed Benbitour ? Mohamed Benchicou, qui en est un fin connaisseur, l’avait déjà prédit,(1) et les soutiens d’Ahmed Benbitour s’y sont préparés à leur tour bien avant pour faire face à cette farouche adversité. Le combat ne fait que commencer…

 

Panique au cœur de la Camarilla

La camarilla, – ce groupe de conseillers et serviteurs sans autorité légitime ni même officielle qui gravitaient autour d’Abdelaziz Bouteflika depuis 1999, et dont la plupart étaient déjà présents dans les antichambres du système du pouvoir, bien avant que le processus de saccage et de ravage du pays n’a été entrepris systématiquement – se retrouve dans un état de panique chaotique, dans cette période très trouble marquée par la vacation de la représentation démocratique de façade, qui lui assurait autrefois toutes sortes de rapines dans l’impunité totale, et la plonge dans l’incertitude de lendemains où la Loi risque de recouvrer son droit, c’est-à-dire d’être suivie de son application et venir ainsi anéantir la capitalisation de leurs pouvoirs éphémères et leurs fortunes mal acquises.

Depuis les premiers pas du candidat du peuple, Ahmed Benbitour, lorsqu’il a déclaré sa candidature à la présidentielle de 2014, en décembre 2013 déjà, et s’est mis par la suite à sillonner le pays pour expliquer le danger qui pèse sur notre avenir si l’on ne change pas le système de pouvoir au plus vite, en prenant à témoin les personnalités qui jouissent d’une assise morale locale, les appelant à sensibiliser la population pour une mobilisation citoyenne afin de neutraliser cette dangereuse et nuisible camarilla antipatriotique et de remettre le destin du pays entre des mains saines, les coups bas n’ont pas cessé de pleuvoir, dans le but de porter atteinte à son initiative. Ils se sont particulièrement accélérés avec une grossièreté des plus insolentes depuis que cette Camarilla a été amené à la conviction que Janus, son prince protecteur Abdelaziz Bouteflika, était déclaré hors d’état de nuire par son impuissance à briguer un quatrième mandat, et que sa succession était ouverte et risquait de déboucher sur une transition politique qui pouvait lui être fatale.

La calomnie de Louisa Hanoune

Bien avant cette prise de conscience macabre déjà ! Louisa Hanoune avait déployé tout son art de la calomnie, en criant au loup à l’adresse du candidat du peuple Ahmed Benbitour pour parer à la menace qu’il représente contre la maison protectrice et nourricière, qu’est la rente pétrolière. À cette occasion, Louisa Hanoune, suffocante, s’en est prise à l’intrus d’avoir ameuté les chômeurs et d’en être l’instigateur de leur mouvement contestataire pour venir à bout de ses protecteurs. Elle l’a accusé toute honte bue d’avoir travaillé au pourrissement de la contestation à leurs malheurs, à Ghardaïa et ailleurs, sur le seul fait qu’Ahmed Benbitour ait tenté de se rapprocher de ces indus citoyens pour les inciter à accomplir leur droit au suffrage et mettre fin au naufrage annoncé de leurs pâturages : la République pour laquelle leurs parents sont morts dans l’abnégation et l’espoir pendant le combat libérateur de l’emprise coloniale. Pourtant Ahmed Benbitour ne cesse de clamer le changement pacifique et par les urnes en s’opposant à toute forme de violence, tout compte fait contreproductive à son initiative. Depuis, sa calomnie s’est perdue dans un écho lointain tel un braillement de désespoir accompagnant l’agonie de son éphémère pouvoir, qui s’enfonce de jour en jour dans l’abîme de la ruine et la culpabilisation du jugement de l’histoire.(2)

La passivité complice des médias…

Il ne fallait pas s’attendre non plus de la part des médias publics ainsi que de ceux qui se prétendent indépendants de venir transgresser les lois de la censure, qui consistent à enfouir tout ce qui vient menacer la pérennité du système du pouvoir, en échange d’une rétribution prélevée sur une part de la rente. Ainsi ! la pré-campagne électorale de la candidature d’Ahmed Benbitour  fut recouverte d’une chape de plomb, qu’il fallait à tout prix dissimuler au peuple. C’est la loi de l’omerta médiatique qui règne depuis l’annonce de sa candidature.

Et leur complicité active

À ce jour, ces médias sont tenus de faire une campagne populiste aux candidats désignés par le système du pouvoir, en contribuant à renforcer leur popularité auprès de leurs clientèles respectives. Toutefois et dans une certaine mesure, par opportunisme, la presse dite indépendante, dubitative, un pas en avant, deux pas en arrière, passant de porte-voix de la maison nourricière à gouales sans voix, marmonne depuis un certain temps des incohérences, en tenant le pavé à la main et attendant que la cible à abattre se déterminera pour déclarer son allégeance intéressée sur le tas. Tantôt jetant son dévolu sur le rescapé Ali Benflis, candidat malheureux des présidentielles antérieures, éternel lièvre de circonstance, encore présent dans la mémoire collective, qui fait de lui une pièce de rechange potentielle, par sa prédisposition à servir de réceptacle à l’image d’une candidature populaire, malgré le déficit d’un programme conséquent à la situation de dérive que connaît le pays. Tantôt, c’est l’investissement massif, par la promotion populiste du candidat très populaire, Liamine Zeroual, que "l’ancien" colonel du DRS Mohamed Chafik Mesbah, (3) ne cesse de faire la réclame au profit du système du pouvoir et qui est reprise en chœur par les canaux des médias toute catégorie confondue, pour noyer la pré-campagne électorale d’Ahmed Benbitour et tenter de l’effacer de la conscience politique collective. Toujours avec la même stratégie, en privilégiant la promotion d’une image populaire au détriment de la confrontation de programmes politiques, pour évaluer celui qui pourrait venir à bout de la crise qui menace le pays d’une faillite certaine pouvant provoquer son effondrement.

Le paroxysme dans la calomnie, la contre-offensive du journal Echorouk

Les coups bas contre le candidat du peuple Ahmed Benbitour ne se contentent pas de s’arrêter à ces tours de passe-passe, entre des candidats épouvantails au profit du système de pouvoir, ni de se contenter de la calomnie à caractère subversive déployée par Luisa Hanoune. Il fallait passer à un degré supérieur et imaginer une calomnie des plus répugnantes pour la conscience collective : la traîtrise. Ainsi le journal Echorouk dans son édition du 5 mai s’en est allé jusqu'à accuser Ahmed Benbitour d’être le candidat des Américains, (4) dans une confusion totale sur la présentation de l’auteur de ces propos. Attribués à Abdelali Rezaki, celui-ci fut présenté comme docteur en sciences politiques, ayant envoyé un communiqué au quotidien Echorouk, ensuite, présenté en tant que porte-parole de… sans préciser de qui il est le porte parole ! pour enfin le présenter en tant qu'analyste politique. C’est tout l’article qui se présente comme un galimatias sans queue ni tête, dont le seul objectif apparent et sur lequel cet article va chuter : c’est de propager la calomnie qu’Ahmed Benbitour est le candidat des Américains. Alors qu’Ahmed Benbitour n’a cessé de prévenir le long de sa campagne pré-électorale, que le pays est menacé de recolonisation et que le seul moyen de nous prémunir de ce danger était porté par son programme, c’est-à-dire de créer les conditions pour l’émergence d’un état de droit sous un régime démocratique, qui rétablira la souveraineté populaire, seul rempart aux visées hégémoniques des puissances internationales et leurs convoitises de nos richesses nationales. Car, c’est le sous-développement politique des pays autoritaires et centralisés qui constitue le lit idéal pour les convoitises impérialistes, par la position de faiblesse de leurs dirigeants dans les pourparlers géostratégiques, qui est amputable à leurs illégitimités politiques.  

Le mobile qui terrifie la Camarilla : la stratégie de lutte contre la corruption d’Ahmed Benbitour

La stratégie de lutte contre la corruption qu’Ahmed Benbitour prévoie de déployer pour assainir la gouvernance et la société entière, s’il venait à être élu à la présidence de la République en 2014, constitue une véritable menace pour les intérêts de la Camarilla et la soumet à une pression terrifiante, de peur de tout perdre, ses biens et la liberté physique de ses membres à la fois. C’est cette vulnérabilité qui provoque chez elle toutes ces calomnies gratuites à vouloir à tout prix la peau d’Ahmed Benbitour.

Parce que celui-ci a dévoilé ses intentions prématurément dans son programme (5) au moindre détail, contrairement aux autres candidats déclarés ou potentiels, qui en sont dépourvus. En définissant son engagement politique, comme nulle part, plus important et nécessaire que dans la mise en œuvre des réformes de lutte contre la corruption. Plus que dans toute autre réforme du secteur public. En insistant sur le fait qu’il y a un besoin urgent d’une initiative pour passer de la dénonciation de la corruption à la mise en place des remèdes. La voie qu’il a choisie consiste à mettre l’accent sur les réformes des institutions  et les politiques publiques, avec un engagement et un leadership explicite du premier responsable de l’État. En partant du constat que la corruption en Algérie est tellement répandue et systématique et qu’elle ne peut être traitée en individualisant le problème au cas par cas, il considère que le véritable remède doit s’appuyer sur un processus politique qui consacre des réformes du système de régulation, de la fonction publique et de l’administration, des finances publiques, du système judiciaire et du système bancaire. Par opposition à la tentation naturelle d’un leader politique, qui serait de lancer un programme par un appel aux démissions des cadres supérieurs qui gèrent les organisations où il y a le plus de corruption.

Conscient que la lutte contre la corruption menace les coalitions politiques et gouvernementales, de même que la survie politique des chefs les plus déterminés, Ahmed Benbitour prévient que le premier risque que la réforme anti-corruption crée pour les décideurs est la possibilité de miner leur position politique. Il ne faut pas se faire d’illusions, dit-il : les décideurs qui profitent de leurs positions vont s’opposer aux réformes. C’est en ce sens qu’il définit deux méthodes pour évaluer l’engagement politique. La première réside dans la volonté à identifier les décideurs clés, leurs soutiens et alliés ainsi que les pertes potentielles qu’ils peuvent encourir au double plan politique et financier. La deuxième approche met l’accent sur les événements tels que les déclarations d’opposition à la corruption ou le soutien au limogeage des ministres corrompus qui peuvent donner un signal fort quant à l’engagement dans la lutte contre la corruption. En dernier ressort, il considère qu’un effort doit être fourni pour promouvoir la participation active de la société civile dans ce processus de lutte contre la corruption. En suggérant la collecte d’informations anecdotiques qui sont usuellement abondantes et utiles et que l’on trouve chez les responsables politiques, les fonctionnaires, les acteurs du secteur privé et les journalistes. Elles peuvent fournir des indications utiles pour concevoir et mettre en œuvre des programmes efficaces.

Pour parachever sa stratégie de lutte contre la corruption, il s’appuie sur deux aspects complémentaires. D’abord, la mise en place d’un ensemble de règles et de normes de bonne conduite, en amont, qui militent vers une société libérée du drame de la corruption. Il s’agit de codes de bonne conduite, de manifestes et de déclarations qui préviennent contre les abus de la corruption. C’est l’approche préventive. Ensuite, une approche curative qui se manifeste par des lois spécifiques de lutte contre la corruption. Dans ce deuxième aspect, l’objectif est d’apporter des remèdes appropriés aux fauteurs par des sanctions criminelles et pénales, s’appuyant sur des règles de procédures claires et des mécanismes institutionnels destinés spécifiquement à combattre la corruption.

Par ailleurs, il considère que ni le pouvoir exécutif, ni le pouvoir législatif tels qu’ils sont configurés aujourd’hui ne peuvent recueillir la crédibilité pour mener avec succès un programme anti-corruption. C’est pour cela qu’il demande le changement du système de gouvernance dans son intégralité, en cherchant à trouver une solution à l’état rentier, identifié comme étant la source de tous les blocages et de tous les maux qui affectent la société. Il s’agit en fait d’implanter une qualité de gouvernance qui permette d’effacer les privations économiques et sociopolitiques associées à l’abondance des ressources et de mobiliser ces ressources pour accomplir une croissance économique forte et durable. Pour cela, il préconise d’abord de mettre fin à l’effet de « l’état rentier » pour abolir l’autoritarisme qu’il nourrit à travers « le patronage » tiré de la rente, de même que la répression à travers des institutions coercitives. Car en plus de l’état rentier, il y a l’état répressif auquel il l’associe. C’est en s’appuyant sur le modèle de l’état rentier, que le pouvoir utilise les revenus pétroliers pour alléger les pressions sociales et éviter l’impératif d’imputabilité. Il identifie en fait la provenance de l’allégement de la pression sociale à travers trois canaux, essentiellement. Le premier canal, c’est l’effet taxation, à savoir le fait que l’essentiel des recettes budgétaires viennent des hydrocarbures (près de 75%) ; le gouvernement est moins enclin à taxer les populations. De ce fait, le gouvernement n’est pas obligé de développer des liens organiques avec les citoyens. Le deuxième canal est le patronage tiré de la rente. La richesse pétrolière permet des dépenses plus importantes en patronage, ce qui réduit les pressions pour les réformes. Dans un tel cas les institutions deviennent des canaux pour les finalités distributives. Le troisième canal est ce que l’on appelle l’effet de formation de groupes. La rente est utilisée en largesses pour prévenir toute formation de groupes sociaux indépendants du gouvernement. De ce fait, il considère, que le gouvernement puise abusivement dans la rente pour dépenser plus dans la sécurité intérieure et avoir des appareils armés plus importants. Dans ce cas, la richesse pétrolière et l’autoritarisme deviennent liés par la répression. Pour conclure, il pose comme condition impérative à la lutte contre la corruption le changement radical du système de gouvernance. Ce qui n’est pas près de plaire à la Camarilla, qui voit en lui l’ennemi à abattre pour préserver ses intérêts et ses privilèges, voir d’être l’objet de poursuites judiciaires pour corruption et pour toutes autres formes de malversations.

Youcef  Benzatat

(1). Mohamed Benchicou : "L’illusion Benbitour", Le Matindz, 16 avril 2013

(2). Voir mon article : "En prélude à la chute du système", Le Matindz, 28 mars 2013

(3). Mohamed Chafik Mesbah : "Quand on fera l'audit des dépenses sous Bouteflika, on sera surpris"

(4). "Lutte franco-américaine pour déterminer le successeur de Bouteflika !" Echorouk (français), du 5 mai 2013

(5). Programme politique pour une Algérie de paix, de justice et de prospérité. Site officiel d’Ahmed Benbitour, Jazair Alizdihar.


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