DzActiviste.info Publié le mar 2 Oct 2012

Pourquoi les « disparus » et toutes les victimes ne peuvent être assumés par le régime ?

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A. By

Une question de fond: peut-on fonder un État sans le devoir de sépulture pour les siens ? Non. La question des disparus en Algérie sera encore là dans des décennies, dixit Kamel Daoud dans son article : Les disparus: vaut mieux les assumer.

 

Cependant, il n’y a pas juste la question des disparus, ces derniers ainsi que toutes les victimes sont la résultante d’un dommage « collatéral » issu de la plus grande question algérienne du siècle passé : peut-on fonder un État sans le devoir de toutes les vérités entières et absolues ? C’est la question principale qui ricoche dès l’origine de cet État factice imposé aux algériens depuis 1962, lequel a été « couché sur papier » depuis fin 1957 et plus précisément depuis le crime fondateur d’Abane Ramdane.

 

La question des disparus est compliquée, puisque les auteurs de ces disparitions, mis à part le DRS et ses escadrons de la mort, l’unité 192 et le GIA (groupe islamique de l’armée), n’étaient pas les seuls exécutants d’actes criminels durant la décennie obscure, puisque également, il y avait sans aucun doute des mains expertes étrangères dans le processus des assassinats collectifs de masse.

 

Un motif parmi tant d’autres qui a poussé Zeroual à la démission. Un exemple : le massacre collectif de trois villages à Ramka en 1998 du côté de Relizane, où il y avait plus de 1000 morts décimés à l’arme blanche en moins de 4 heures de temps dans l’obscurité totale. Ce qui donne cyniquement 250 morts par heure et 4 morts égorgés à chaque minute près. Ce qui laisse supposer que ces villageois sont passés par une « usine sophistiquée » en haute cadence du meurtre en chaine. Un constat incroyable et insensé.

 

Soyons sérieux, est ce que le DRS et tous ses groupes assassins ont réellement cette expertise de la capacité d’une liquidation éclaire et rapide de masse au couteau et à l’erminette? Sans les dissocier loin de là de la majorité des crimes imprescriptibles, il est impensable que les « services » algériens et leurs milices locales sont compétents à ce point.

 

Non désolé. Il n’existe rien que des experts en la matière munis de lunettes infrarouges qui puissent réaliser cet exploit macabre à la vitesse de la lumière avec des couteaux de « Rambo ». Le lâche DRS et son GIS étaient là en assistance pour faire le cordon du zonage à sacrifier et sécuriser le travail des bourreaux étrangers sans foi, ni cœur, ni loi.

 

Une comparaison insolente à relever : déjà en tant qu’algérien et musulman, et suivant l’expérience vécue rituelle du mouton aux pattes attachées de l’aïd adha, il faut se mettre à deux et dès fois à trois personnes pour accomplir le sacrifice du devoir religieux, et cela prend quelques longues minutes en pleine clarté. Alors imaginez la scène d’un être humain affolé et gesticulant « électriquement » dans la noirceur sachant qu’il va mourir ?

 

Un jour ou l’autre, il faut que la vérité fasse surface sur nos morts et nos disparus et comment et par qui et pourquoi réellement ils ont été liquidés. La honteuse loi de la réconciliation nationale avait non seulement couvert les sbires nationaux et ses chefs, mais aussi les mercenaires étrangers et leurs patrons qui pensent que l’Algérie est toujours leur chasse gardée. Là est le nœud gordien du problème que le régime d’Alger fait tout pour l’escamoter et ne pas l’assumer quelque soit le prix humain à payer.

 

A.By


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