DzActiviste.info Publié le lun 3 Sep 2012

Président, expliquez maintenant aux Algériens pourquoi le diplomate a été exécuté au Mali !

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L’annonce de l’exécution du vice-consul algérien par le Mujao rend désormais la marge de manouvre des Algériens extrêmement étroite dans les négociations entreprises autour du sort des trois otages encore détenus par cette organisation. Elle est d’autant plus étroite que cette exécution provoque un choc dans l’opinion publique et braque les regards sur les autorités algériennes accusées d’atermoiements, d’inertie, d’incompétence et de manque de transparence. Un homme est mort, expliquez nous pourquoi.


L’information est contenue dans le communiqué du Mujao qui revendiquait la mise à mort de Tahar Touati, vice-consul d’Algérie à Gao : les autorités algériennes ont mis un véto définitif aux demandes des ravisseurs.
« L’Algérie avait le temps pour faire avancer les négociations, mais elle n’a pas voulu. Nous avons exécuté l’otage samedi », indiquait le communiqué du Mujao.
Pourquoi le diplomate a-t-il été exécuté ? Les ravisseurs expliquent avoir reçu samedi 1er septembre, « la réponse définitive » d’Alger par l’intermédiaire d’un responsable militaire algérien indiquant que le président Bouteflika refusait un accord avec le Mujao.
Samedi 1er septembre ? N’est-ce pas ce jour-là que les familles des otages ont été reçues au ministère des Affaires étrangères pour leur signifier « que les contacts avec les ravisseurs n’étaient pas rompus » ?
Quelle est la nature de cet accord ? Pourquoi le président algérien a-t-il opposé une « réponse définitive » ? Y avait une chance pour que la vie de l’otage soit épargnée ? Quid de la sécurité des trois otages algériens encore détenus par le Mujao ?
Depuis l’enlèvement des sept ressortissants algériens le 5 avril dernier pour lesquels l’organisation réclame une rançon de 15 millions d’euros et la libération de prisonniers détenus en Algérie, le gouvernement a alterné entre le profil bas et optimisme tempéré.
On peut légitiment lui accorder le devoir de réserve et de confidentialité qui entourent toute négociation autour de prise d’otages, mais au-delà de ces réserves, les responsables algériens doivent maintenant des explications à leurs compatriotes.
Un algérien a été assassiné alors qu’il était en service et l’on ne peut plus faire comme si rien de dramatique ne c’était passé.
Et c’est d’autant plus vrai que certains dirigeants– à l’image du ministre de l’Intérieur et du chef de la diplomatie-, n’ont eu de cesse d’affirmer que les négociations avançaient bien, que le fil n’était pas rompu, que les otages allaient bientôt rentrer en Algérie. Si les ressortissants étaient donc sur le point de revenir au bercail, pourquoi le vice-consul a-t-il été mis à mort ?
Certes trois otages ont été remis en liberté en juillet dernier, mais là encore l’opinion n’a jamais su comment ils ont été libérés et en échange de quoi.
Elle n’a jamais su si les Algériens avaient versé ou non une rançon, s’ils avaient libéré des prisonniers ou non, ou bien si cette remise en liberté était une faveur accordée par les terroristes.
Mieux, leur retour en Algérie s’est fait dans une totale discrétion comme si le gouvernement avait peur de communiquer sur le sujet.
La diplomatie algérienne est à ce point ligotée, discréditée, qu’elle ne pouvait même pas rentabiliser médiatiquement ce « succès ».
Si les autorités pouvaient encore s’abriter derrière le secret des négociations pour expliquer  ce manque de transparence, cet argument ne tient plus dès lors qu’un homme a été froidement exécuté.
Il ne tient plus dans la mesure où cette organisation menace de frapper en Algérie et elle a déjà prouvé qu’elle était capable commettre des attentats-suicides à Tamanrasset et à Ouargla.
Il ne tient plus encore dans la mesure où les ravisseurs avaient déjà averti, à maintes reprises, que la vie des otages était en danger.
A la vérité, dans cette affaire comme sur d’autres dossiers concernant la gestion du pays, nos dirigeants s’estiment dans leur droit de ne pas s’acquitter du devoir de transparence.
Dans n’importe quel autre pays, l’enlèvement de diplomates, et surtout l’assassinat de l’un d’eux, constituerait une affaire nationale. En Algérie, le pouvoir n’a qu’une seule attitude à l’égard de son opinion publique : circulez, cela ne vous regarde pas.


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