DzActiviste.info Publié le ven 19 Avr 2013

Printemps arabe.

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En ce moment même, si nous avons l’intelligence de regarder vers l’Amérique du Sud et plus précisément vers le Venezuela, il nous sera donné de comprendre qu’il ne faut surtout pas trop compter
sur une sanction démocratique des pouvoirs issus des révoltes « dégage ».

 

La raison pour laquelle il ne faudrait pas avoir peur des Frères musulmans, selon les chantres du printemps arabe, est la suivante : à l’épreuve des urnes, les islamistes connaitront la
sanction qui correspond à leur exercice concret du pouvoir ! Soit ! Mais voilà, ce pari suppose d’un côté la soumission des frères musulmans – qui ne sont soumis qu’à
« Dieu », dixit Ali Belhadj — à la souveraineté populaire, et d’un autre côté la sincérité de l’attachement des mentors du « printemps arabe » — pétromonarchies du Golf et
puissances occidentales – à l’exercice effectif de cette souveraineté. Autant dire que ce pari est perdu d’avance, une double illusion à l’évidence doublement mortelle pour les espoirs
démocratiques.

 

Les frères musulmans s’emploient, en Égypte et en Tunisie, au noyautage de l’État. Au Maroc, l’État y est un Mekhzen Royal qu’il serait fou d’attendre d’eux de changer en une république. La
Libye, tout le monde aura constaté à quel point elle est hors du temps, plus proche des temps de Médine que de ceux qui nous occupent dans leur contemporanéité. La Syrie est chaque jour un peu
plus dévastée. Une destruction qui résulte de la collusion objective entre un régime tyrannique et des « forces du changement » obscurantistes pour une confrontation militaire qui
disqualifie une mobilisation populaire nationale et démocratique qui était grosse d’un changement authentiquement démocratique.

 

Les monarchies arabes sont exclues du champ d’action du printemps « dégage », une régression qui ne concerne que les États nés des processus de libérations nationales. Ces États qui ont
dégénéré en ce que l’écrivain Waciny Laredj appelle des « Djoumloukiyates » (contraction de Djamhouria et de Malakiya). Mais en qui ces « Djoumloukiyates » vont-elles
être muées ? Probablement en quelque chose qui servira de fondement à ce que devient sous nos yeux la « Ligue des pays arabes », des Émirats d’un Califat sous la botte des pays du
Conseil de coopération du Golf.

 

L’Algérie peut-elle rester en dehors de ce « changement » ? Oui à la condition d’un véritable sursaut patriotique. Parce qu’exposée pour exposée autant l’être avec honneur et
courage. J’y reviendrai…


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