DzActiviste.info Publié le dim 25 Août 2013

Procès de deux associations oranaises

Partager

Écrit par Ali Chikhi. Dimanche, 25 Août 2013

oran-waliLe procès des deux associations oranaises, El Bahia de la commune de Bir El Djir et celle des résidents de Canastel, qui ont vu, mi-juillet dernier, leur activité suspendue durant six mois de la part du wali de la capitale de l’Ouest, se tiendra aujourd’hui.

Sans préjuger de l’issue de ce procès, le seul fait qu’une affaire aussi rocambolesque soit portée devant les tribunaux est déjà un coup dur pour tous ceux qui ont à cœur d’assumer jusqu’au bout leur devoir citoyen et de militer pour la préservation du bien public. Car quel crime impardonnable ont vraiment commis ces deux associations pour mériter un gel d’activité durant tout un semestre, et qu’à Dieu ne plaise, une dissolution pure et simple ? Tout bonnement celui de s’être opposées publiquement et d’avoir introduit une action en justice contre le détournement de terrains dans leurs communes. Comble de l’extravagance, les deux associations ont subi les foudres du premier responsable de la wilaya, qui leur reproche… une « ingérence dans les affaires intérieures du pays ».

Du jamais vu ! Depuis quand et dans quelle contrée du monde considère-t-on l’opposition d’une association à un détournement de foncier dans sa commune comme une ingérence étrangère ? Cette trouvaille, aussi risible que ridicule, ne manquera pas de jeter un surcroît de discrédit sur l’Administration algérienne, dont l’image est déjà peu reluisante. Comble du ridicule, la suspension des deux associations militant pour la préservation de l’environnement est intervenue deux semaines à peine après la visite à Oran du grand acteur américain Arnold Schwarzenegger et la signature avec la wilaya d’Oran d’un accord de partenariat pour lancer un programme pilote d’économie verte.

Au vrai, cette affaire met à nu les travers de la très controversée nouvelle loi sur les associations adoptée en 2011. Car le wali d’Oran s’est appuyé sur l’article 39 de ladite loi pour prononcer la suspension des deux associations. C’est dire combien sont fondées les inquiétudes exprimées alors par les militants associatifs, en n’hésitant pas à qualifier le texte de loi de «liberticide». D’aucuns ont vu dans cette loi un outil répressif entre les mains des pouvoirs publics contre tous les militants associatifs ou associations qui n’entrent pas dans le moule officiel, c’est-à-dire qui dérangent. Petite consolation : le gel des activités des deux associations a donné cours à une grande mobilisation à Oran.
Il reste que cette affaire est un vrai test pour les militants associatifs qui doivent se saisir de cette affaire pour sonner la mobilisation autour de la défense des libertés publiques et, pourquoi pas, la nécessité d’une révision de ladite loi pour l’expurger de ses articles controversés.

reporters.dz


Nombre de lectures: 1811 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Displaying 2 Comments
Participer à la discussion
  1. Antar dit :

    Toute une foret a été détruite, par des intouchables et proches du pouvoir. Le Wali semble t-il a fait marche arrière devant ces sangsues qui ont eu le culot de saisir le tribunal. Thaia El Djazair

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>