DzActiviste.info Publié le lun 16 Jan 2012

Production agricole en 2011 : Ce que le bilan officiel ne dit pas

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Amorcée en 2008, la politique de Renouveau agricole et rural, principale action qu’a connue le secteur de l’agriculture depuis 2000 (après le PNDA), vient de clôturer 4 ans de mise en œuvre.
Le ministère de tutelle, à cette occasion, a rendu publics ce 15 janvier 2012 une pléthore de bilans reflétant les résultats enregistrés dans différents volets et filières du secteur.
Outre les résultats de la production agricole durant la saison 2010/2011 qui demeurent difficile à authentifier, faute d’un système statistique efficient, plusieurs points de ces bilans nécessitent des éclairages.

Le nord perd sa vocation agricole

D’emblée c’est la tendance à l’amenuisement des productions agricoles le long du nord du pays qu’il y a lieu de relever. Ni la vallée de la Mitidja, ni les plaines d’Annaba ou le massif du Chélif ne figurent parmi les régions à fortes production agricole.
Pourtant, ces régions sont les mieux dotées en ressources (pluviométrie et foncier) et, du coup, renferment le plus haut potentiel agricole du pays.
Pour les céréales, c’est donc des régions comme Khenchela, Oum El Bouaghi ou Constantine qui s’y distinguent.
C’est le même schéma pour les productions maraichères, fruitières ou l’élevage. Sauf, pour les agrumes, les wilayas de Chélif et Blida parviennent à se positionner en haut du classement.
Dans l’ensemble, l’agriculture algérienne s’oriente de plus en plus vers le sud du pays et se concentre davantage dans les régions sahariennes.
Chose qui s’explique évidemment par la disparition de la SAU (surface agricole utile) du pays dans les régions telliennes et plaines du nord.
Il ne faut surtout pas s’enorgueillir du développement que connaît la production agricole dans le sud saharien, tenant compte des coûts excessifs que nécessitent les différentes cultures dans ces régions, (besoins en irrigation, produits phytosanitaires, cultures sous serres, etc.) sans ignorer l’effet contreproductif de l’exploitation excessive et incontrôlée des eaux souterraines sur les sols à long terme.

Zoom sur la production laitière

L’autre point qui mérite d’être souligné à travers le bilan du MADR concerne la production laitière.
Une production totale de 2,92 milliards de litres de lait cru est soulignée dans le document en question mais la collecte n’est qu’à 572 millions de litres, (moins de 20%).
Autrement dit, 1/5ème seulement de la production nationale est intégré dans l’industrie de transformation. Le reste est, soit écoulé dans les circuits informels ou destiné à l’autoconsommation des familles des éleveurs, selon la version officielle.
Donc, le marché parallèle absorbe plus de 2,3 milliards de litres par année.
Une situation qui reste toutefois paradoxale, car, avec le barème des subventions en vigueur, l’éleveur a intérêt à intégrer le système de collecte qui lui garantit un prix de vente minimum de 42 DA/litre (le prix de vente à la ferme entre 30 et 34 DA/litre plus une subvention de 12 DA/l) plutôt que d’aller vers l’informel où les prix sont à 40 DA/l en moyenne sans compter les risques et autres incertitudes qui en découlent.
Deux interprétations sont possibles : Soit le système des subventions ne fonctionne pas comme il est défini ou défaillant, soit les résultats annoncés ne reflètent pas le niveau réel de la production laitière.

Classé dans:Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales, Ressources naturelles Tagged: bilan de la saison agricole 2010-2011, renouveau agricole et rural


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