DzActiviste.info Publié le dim 8 Jan 2012

Productions animales : Une filière déstructurée et des prix hors de portée

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Bien que l’économie d’élevage occupe une place prépondérante dans la pratique agricole et absorbe d’importants financements sous forme de subventions, les viandes constituent une part insignifiante dans le système alimentaire de l’Algérien.
Avec un cheptel ovin dépassant les 22 millions de têtes, selon les statistiques officielles, soit une tête par 1,6 habitant, la viande de mouton atteint, (ou dépasse même), les 1000 dinars/kg, sans surprise.
Le poulet, lui aussi, prend son envol, dépassant les 400 DA/kg par endroit. C’est le même constat qui se dégage pour les autres types de produits carnés. Autant de paradoxes qui caractérisent le marché des viandes.
Le président du directoire de la SGP Proda (productions animales) semble trouver des éléments de réponse à ces contrastes estimant que la hausse des prix des viandes est due à des insuffisances en termes de capacités de stockage sous froid qui sont actuellement de 140 000 m3 seulement, alors que les besoins en la matière dépasseraient les 10 millions de m3, selon le responsable en question.

Des filières déstructurées

Le président de l’association de la filière avicole, de son côté, explique la flambée des prix de poulet par ce qu’il qualifie de « désorganisation totale du marché de la volaille ».
L’instabilité du marché des viandes peut être imputée en partie à cette hypothèse mais assurément pas dans le sens soutenu par le président de l’ANAF. Sinon, comment parler de « désorganisation » d’un marché qui n’existe pas réellement.
Autrement dit, l’élevage avicole, avec son fonctionnement actuel, est loin de constituer une filière agricole structurée.
Dominée par l’informel à tous les niveaux, l’activité d’élevage de poulet évolue dans une anarchie à tel point que même les pouvoirs publics ne sont pas en mesure de cerner l’état réel de cette filière, (le nombre d’éleveurs de volaille, la production réelle, les besoins en intrants, en alimentation, en produits vétérinaires, etc.).

Traiter le mal en amont

En tout cas, les deux acteurs de la filière ne font que donner des explications à un problème conjoncturel.
Or, la problématique nécessite un traitement à la base avec des réponses à des contraintes qui se posent plutôt en amont, avant de se pencher sur la défaillance des circuits de commercialisation.
En effet, tant que la filière demeure étroitement dépendante du marché international pour l’approvisionnement en matières premières pour la fabrication d’aliments et en produits vétérinaires, les prix de viandes demeureront hors de portée des bourses moyennes.
Le problème se pose avec plus d’acuité pour l’élevage bovin et ovin, dès lors, que les cultures fourragères continuent à être marginalisées, voire exclues, des objectifs tracés au terme des politiques agricoles mises en œuvre.

Classé dans:Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales Tagged: alimentation animale, élevage, cultures fourragères, viandes blanches et rouges


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