DzActiviste.info Publié le dim 30 Mar 2014

Quand les prophètes désertent leurs sociétés.

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Intellectuels2Khaled Boulaziz

Le développement humain d’une nation est toujours tributaire de sa capacité à fédérer une masse critique d’individus dont les idées permettent de venir à bout de la dialectique entre la théorie et la pratique à l’approche de l’édification du pays.

Aucune nation ne peut négliger le rôle incontestable joué par le capital intellectuel dans son développement et même de sa survie.

Ces individus sont les intellectuels de la société.

Les intellectuels sont une partie prenante de toute vie publique. Ils créent un espace alternatif qui offre la possibilité non seulement d’exposer les échecs de la société dans tous les domaines, mais aussi de réfléchir sur les solutions à même d’amener un changement notable aux issues sociales, économiques et politiques.

En d’autres termes, être un intellectuel ne se traduit pas simplement à lever le bâton radical de la critique contre le pouvoir mais à émettre des avis qui pourraient résoudre les problèmes identifiés.

L’intellectuel doit dire la vérité, toute la vérité, ne craignant que sa conscience.

Il doit exposer, critiquer, analyser, et juger les situations socio-économiques dans lesquels il vit.

Mais il ne doit s’arrêter là. Il doit aussi rêver, envisager, imaginer, innover et construire des analyses à même d’éclairer l’opinion nationale et à éveiller la conscience collective.

Il ne se contente pas d’argumenter, de se quereller et de se plainer sur les comment et pourquoi des choses.

Pour l’intellectuel, la beauté de son art ne se situe pas seulement dans la satisfaction de la curiosité humaine, mais dans sa capacité à stimuler et générer des idées qui aident au progrès et la justice sociale.

Quand la réflexion, et la critique ne parvienne pas à combler le fossé entre la théorie et la pratique, c’est l’échec de l’intellectuel dans son devoir envers la société.

Cela signifie que, après avoir dit la vérité, l’intellectuel doit reprendre encore une fois et sans lassitude sa seule et unique responsabilité sociale, celle d’ouvrir les horizons de réflexion quelque soit le contexte.

S’il est vrai que l’intellectuel dans monde occidental, son pouvoir de réflexion et d’action découle de la liberté politique, de l’accès à l’information et de la liberté d’expression à agir au nom de la société ; il n’est pas de même dans les sociétés rigides où ce même intellectuel souffre le martyr.

La vérité est la révélation de ce qui rend un peuple certain dans son destin, clair dans sa vision et fort des ses attributs.

C’est seulement au nom de cette vérité que l’intellectuel doit s’exprimer.

Sans cette vérité, l’intellectuel n’est qu’un spectateur coupable devant l’oppression collective de son peuple.

L’intellectuel refuse d’être souillé par la corruption et englouti par les ténèbres de la médiocrité et de la myopie collective. Il possède la vision de la vie comme elle devrait l’être.

Et c’est cette vision qui le propulse dans sa difficile tâche.

L’intellectuel est le dépositaire des espoirs et des potentialités de sa nation. Il vit dans l’angoisse constante, et souffre aux disjonctions et fissures de sa société.

De ces faits, l’intellectuel est le prophète de sa société. Et la désertion d’intellectuel à sa société est la désertion d’un prophète à son peuple.

 


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