DzActiviste.info Publié le ven 14 Juin 2013

Que diraient les émigres algériens en Europe face à cela ?

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A Dély Ibrahim, des Subsahariens qui ont fui la guerre face à la misère et au racisme des Algériens

REPORTAGE.

Les premiers rayons de soleil tirent de leur torpeur les dizaines de migrants subsahariens qui occupent l’une des nombreuses villas de Bouchbouk, à Dély Ibrahim (Alger), dont la construction n’a pas été achevée.

Assise sous des escaliers, à l’entrée de la bâtisse, Gisèle est en train de remuer le lait pour le déjeuner. Agée de 46 ans, cette Ivoirienne a fui les camps de réfugiés du Ghana depuis près d’un mois, pour arriver en Algérie à travers les frontières du sud du pays.

« Nous sommes partis à cause de la guerre qui nous a poursuivis jusque dans les camps », affirme-t-elle. Dernières arrivées, elle et sa fille de cinq ans sont les dernières servies. Dans cette maison, il n’y a plus de place dans les chambres, alors, elles dorment dans un petit coin sous les escaliers, juste à côté de leurs bagages.

Juste en face d’elle, une porte entrouverte donne sur une petite pièce d’à peine 20 m² que se partagent plusieurs familles. La lumière que projettent les ampoules est faible. Pas de fenêtre ni de grille d’aération. L’air y est presque irrespirable. Il est midi passé de quelques minutes et deux personnes somnolent toujours sur les matelas. Les autres occupants sont assis.

« Nous sommes six familles ici », lâche une jeune Congolaise de 24 ans. Elle ne sait pas exactement pourquoi son mari a décidé de quitter son pays pour venir vivre ici. La jeune femme sort de temps à autre de la chambre pour jeter un coup d’œil sur ce que fait son fils. Lui s’amuse avec les enfants. Ces derniers sont nombreux dans cette habitation, devenue, au fil des années, une sorte de centre de transit. Très jeunes, les enfants passent leur temps à jouer entre les briques, le sable et le gravier, laissés devant les maisons en chantier de cette résidence, quand ils ne sont pas à l’école.

lire suite du reportage de Hadjer Guenanfa in ‘tsa’ Tout sur l’Algérie.com

Selon Washington : en Algérie, les migrants subsahariens subissent le travail forcé et l’exploitation sexuelle

jeudi, 20 juin 2013

Selon Washington : en Algérie, les migrants subsahariens subissent le travail forcé et l’exploitation sexuelle

Farouk Djouadi ( TSA )

« Des migrants subsahariens subissent en Algérie le travail forcé et l’exploitation sexuelle », a indiqué le département d’Etat américain dans son rapport 2013 sur la traite des humains. « Des hommes, généralement en provenance du Mali, sont forcés à faire des travaux domestiques

après qu’on leur a confisqué leurs papiers, alors que des femmes sont contraintes à se prostituer », lit-on dans ce rapport rendu public hier, mercredi 19 juin.

Ces dépassements sont le plus souvent l’œuvre « des chefs de villages » implantés aux alentours de la ville de Tamanrasset, tandis que le trafic des humains est dirigé par des réseaux de passeurs ayant des ramifications s’étendant de l’Afrique subsaharienne à l’Europe, explique-t-on.

Le département d’Etat américain impute la responsabilité entière de cette situation au gouvernement algérien. Ce dernier « ne respecte pas les règles minimales de la lutte contre la traite des humains et n’a pas fait des efforts significatifs pour y parvenir », selon le rapport. Le gouvernement algérien, qui continue à « confondre » la traite des êtres humains et la contrebande, est accusé, en outre, de laxisme puisqu’il « n’a pas jugé les auteurs de la traite sexuelle et du travail forcé ».

En Algérie, selon ce rapport, des victimes de la traite ont même été « arrêtées et expulsées ». Cela au moment où le pays dispose d’un comité anti-traite qui se réunit chaque mois depuis juillet 2012, mais qui n’a rendu public aucun rapport sur ses activités. Le département d’Etat recommande au gouvernement algérien d’appliquer des peines d’emprisonnement contre les responsables des agissements et d’offrir aux victimes l’assistance nécessaire (logement, aide médicale, psychologique et juridique).

L’Algérie est classée dans la catégorie des pays qui font le moins d’effort pour éliminer la traite des humains, au côté de la Russie, de la Chine, de l’Ouzbékistan, de la Corée du Nord, de la RDC, de l’Arabie saoudite, etc. La Russie et la Chine ont vite réagi pour dénoncer les conclusions de ce rapport.

« Au lieu de mener une étude profonde et objective sur la traite d’êtres humains, y compris sur le territoire des Etats-Unis, les auteurs du rapport utilisent une méthodologie inacceptable, selon laquelle les gouvernements sont classés en fonction de la sympathie politique ou de l’antipathie du département d’Etat américain », a dénoncé, ce jeudi, 20 juin, le ministère des Affaires étrangères russe. Du côté de Pékin, on a estimé que « la partie américaine devrait adopter une vue objective et impartiale et cesser d’émettre des jugements unilatéraux et arbitraires ». __________________


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