DzActiviste.info Publié le mer 30 Juil 2014

Que Sont Devenus les Diplomates Otages Algériens !?

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unnamed (4)Après 2 Années et Demie de Captivité Que Sont Devenus les Diplomates Otages Algériens !?

Ibn Khaldoun

Plusieurs mois après la prise d’otage des diplomates algériens membres du consulat de Gao au nord du Mali, Le Consul algérien et ses collaborateurs ont été enlevés le 5 avril 2012 du siège du Consulat algérien à Gao (nord du Mali. les algériens demeurent sans nouvelles de leur sort. Si le ministre des Affaires étrangères Algérien à déclaré il ya plusieurs semaines qu’ils sont en vie, cela ne suffisait pas pour un pays comme l’Algérie qui c’est imposé parmi les occidentaux comme ‘’chasseur de terroriste’’, alors que ses fonctionnaires sont toujours pris en otage, dans un sahel où le serpent minuscule est rapidement visible. ! «La libération de ces otages revêt une importance capitale et constitue, de ce fait, une priorité de l’Action algérienne», a indiqué M. Lamamra lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue malien, Zahabi Ould Sidi Mohamed.

Par ailleurs, Un groupe armé Malien du nom d’ « Al Mourabitoune » a diffusé une vidéo d’un des diplomates algériens retenu en otage dans le nord du pays, appelant le gouvernement algérien à « œuvrer sérieusement » à leur libération. Lamamra revient à la charge pour déclarer que Les diplomates algériens retenus en otages au Mali «sont toujours en vie», formant le vœu de les voir «libérés dans les plus brefs délais». «Les concertations se poursuivent avec des frères aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Mali », a poursuivi M. Lamamra exprimant son vœu de voir ces efforts «couronnés de succès dans les plus brefs délais».

Dans la vidéo citée par l’Agence mauritanienne, le diplomate algérien enlevé dans le nord du Mali en 2012, lance un appel au gouvernement à œuvrer « sérieusement » pour obtenir sa remise en liberté en même temps que ses deux collègues. Dans la vidéo parvenue à l’ANI, le diplomate Mourad Ghassas qui se présente comme un employé du consulat algérien à Gao (Mali), a mentionné que l’enregistrement a été fait le 9 avril. L’otage algérien a assuré que ses deux collègues sont « en bonne santé et dans de bonnes conditions », avant de reprocher au gouvernement algérien de n’avoir pas « cherché réellement à trouver une solution à (leur) problème ».

L’otage algérien a enfin lancé un appel à sa famille et au peuple algérien « afin qu’ils puissent contribuer d’une façon ou d’une autre à apporter une solution à ce problème, dont la solution reste abordable, notamment à travers le changement de l’attitude du gouvernement algérien dans sa façon de négocier ». Par ailleurs, le groupe jihadiste Al Mourabitoune a rendu publique une déclaration, citée par l’ANI, dans laquelle il souligne que « le gouvernement algérien demeure responsable du retard de la solution du problème de la prise en otage des diplomates algériens ».

En avril 2012, le mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) avait enlevé sept diplomates algériens à Gao (nord du Mali) au moment où cette ville était sous le contrôle des islamistes armés. Il procédera plus tard à la libération de trois des sept otages, avant d’annoncer en août 2013, l’exécution du diplomate algérien Taher Touati identifié comme « un militaire », alors que trois autres diplomates continuent à être en captivité.

Les faits de cet événement remontent au 31 mars 2012, après plusieurs heures de combats avec les troupes maliennes, Gao, dernière garnison du nord du Mali, tombe entre les mains des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) appuyés par les salafistes d’Ansar Eddine. Le consul d’Algérie à Gao, Boualem Sias, envoie des alertes à sa hiérarchie pour l’informer des derniers développements survenus dans ce vaste territoire surveillé par les Algériens comme le lait sur le feu. Le dimanche 1er avril, il reçoit l’ordre d’évacuer les membres du consulat pour raisons de sécurité. On prépare donc l’évacuation, notamment en détruisant ou en mettant à l’abri documents, passeports vierges, cachets humides… Maîtres de la ville pour quelques jours, les Touaregs du MNLA proposent au consul, comme ils l’avaient fait peu de temps auparavant avec certaines organisations humanitaires, d’exfiltrer les membres du consulat vers l’Algérie, Boualem Sias consulte Alger, qui lui adresse un contrordre mercredi : restez à Gao. Le lendemain, il est trop tard pour faire machine arrière. Les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), une dissidence d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et ceux d’Ansar Eddine ont déjà conquis la ville où ils paradent à bord de pick-up.

Dans la matinée du jeudi 5 avril, des hommes armés font irruption au siège du consulat, embarquent Boualem Sias et six de ses collaborateurs, et quittent tranquillement les lieux à bord de 4×4 après avoir brûlé le drapeau algérien qu’ils remplacent par l’étendard noir frappé du sigle du Mujao et d’un sabre tranchant. Au même moment, les épouses de cinq diplomates – dont l’une est enceinte de quatre mois – fuient la résidence consulaire, située dans un autre quartier de la ville, pour se réfugier chez une famille touarègue. Toutes seront escortées le lendemain vers la ville frontalière de Bordj Badji Mokhtar, dans l’extrême Sud algérien, grâce à un trafiquant algérien qui aurait déboursé quelque 5 millions de dinars (51 000 euros) pour rémunérer les passeurs. La seconde prise d’otages de diplomates algériens à l’étranger – deux avaient été enlevés et exécutés en juillet 2005 par Al-Qaïda à Bagdad.

Les auteurs de cet enlèvement avaient revendiqués une rançon de 15 millions d’euros et la libération d’islamistes qui se trouvaient dans les prisons en Algérie, contre la libération des diplomates. Les kidnappeurs avaient séparés les otages en petits groupes. Sachant que les kidnappeurs sont de diverses nationalités : Libyens, Mauritaniens, Maliens et Nigériens ajoutant à cela le groupe de Mokhtar Belmokhtar (le borgne) qui sembleit être le maître de la région. Les kidnappings sont le fonds de commerce du Mujao. Composé de Mauritaniens, de Maliens, de Nigériens et de Libyens, ce groupe, né des entrailles d’Aqmi et qui alterne guerre sainte et divers trafics (cigarettes, carburants…), s’était déjà illustré en enlevant deux Espagnols et une Italienne en octobre 2011, dans la région de Tindouf. Avec les sept Algériens de Gao, leur prise s’élève alors à dix prisonniers. Presque aussi bien qu’Aqmi. Pour parlementer avec les kidnappeurs, Alger sollicite nombre d’intermédiaires, majoritairement des Touaregs du MNLA et d’Ansar Eddine, dont le chef, Iyad Ag Ghaly, est une vieille connaissance. Ancien membre du groupe Tinariwen, plutôt porté sur les femmes et l’alcool avant de virer intégriste, Iyad a longtemps vécu dans le Sud algérien (sa femme s’y trouve toujours) et négocia un cessez-le-feu à deux reprises, en 1991 et en 2006, avec le gouvernement malien sous l’égide des autorités algériennes. « Nous avions confiance dans ces intermédiaires, nous a déclaré un haut responsable algérien. Nous les avions mandatés pour négocier en traçant une ligne jaune : pas question de payer. »

La confiance, elle, paie. Après plusieurs semaines de discussions, le MUJAO accepte de libérer une partie des otages.. Contre une rançon ? « Jamais ! jure un membre du gouvernement sous le sceau de l’anonymat. Nous n’avons pas déboursé 1 dollar. Comment le pourrions-nous alors que l’Algérie dénonce systématiquement les rançons qui servent à acheter des armes pour tuer des Algériens ? D’ailleurs, le président Hollande a adopté notre ligne en excluant le versement de rançons pour les otages français. » Mais alors pourquoi le Mujao consent-il à relâcher les trois Algériens sans contrepartie financière alors qu’ils avaient soutiré aux Espagnols et aux Italiens plusieurs millions de dollars (30 millions, soit 24,5 millions d’euros, avaient été initialement exigés), à la même période, en échange de leurs trois ressortissants ? Un gage de bonne volonté de la part du Mujao, avance l’ex-ambassadeur Abdelaziz Rahabi, qui ne croit pas non plus au versement d’une rançon. « Les ravisseurs pensaient amadouer les Algériens en relâchant trois ressortissants, dit-il. Ils espéraient vraiment marchander la libération du reste des otages. » Sauf que les négociations se compliquent selon J.A, dès le 15 août, quand les services de sécurité algériens interpellent trois terroristes à Ghardaïa (600 km au sud d’Alger).

Parmi eux, un gros poisson recherché depuis 1995 : Necib Tayeb, chef de la commission juridique d’Aqmi, cueilli alors qu’il était en route vers le Sahel pour une mission de réconciliation de différentes factions d’Al-Qaïda. Aussitôt, le Mujao propose un deal : échanger les quatre diplomates contre les trois activistes. « Les Algériens ne voulaient même pas en entendre parler », indique un diplomate à Alger. « Nous avions dit niet à cette transaction, révèleun membre du gouvernement. Nous tenons à la vie de nos ressortissants, mais l’État ne peut pas verser les rançons et subir le chantage des terroristes. » Furieux, les ravisseurs menacent de tuer tous les otages, de commettre des attentats sanglants en Algérie, comme ceux perpétrés au printemps 2012 à Tamanrasset et à Laghouat, et diffusent une vidéo du vice-consul, Tahar Touati, implorant les responsables de son pays de les sauver de la mort. Mais les Algériens ne cèdent pas. Le 1er septembre, Le MUJAO annonce qu’il a exécuté le vice-consul à l’aube . Selon nos informations, son corps serait enterré à quelques kilomètres de Gao.

Les Algériens, qui n’auront pas le moindre début de preuve de cette exécution, ne couperont pas pour autant les contacts avec les ravisseurs. Mais l’offensive militaire française déclenchée début janvier 2013 contre les bastions islamistes dans le nord du Mali brouille les pistes, voire grille les canaux de négociations. Les éléments d’Ansar Eddine qui servaient d’intermédiaires se sont évanouis dans la nature ou sont morts sous les bombardements. Que sont devenus les trois otages depuis leur enlèvement ? « Nous n’avons pas de preuves formelles, mais nous pensons que le Mujao les cache dans le massif des Ifoghas, confie un dirigeant algérien. L’hypothèse qu’ils aient été déplacés vers le sud de la Libye n’est pas exclue. Nous savons que les terroristes d’Aqmi et du Mujao s’y rendent pour se planquer, faire du commerce ou acheter armes et munitions. » Les familles des otages, refusent touts commentaires ni parler à la presse. Un black-out est instauré depuis. Les Algériens ne comprennent plus rien aucun contact avec les journalistes. Les rares responsables qui acceptent d’évoquer le sujet se confient sans dévoiler leur identité. C’est peu dire que le sort de ces Algériens, libérés ou encore en captivité, est frappé d’omerta. Même la libération des trois otages n’a pas fait l’objet d’une communication a minima. Aucune image, aucun témoignage, au point que les Algériens doutent de cette libération. Il existe certes une cellule de crise au ministère des Affaires étrangères, mais elle ne communique guère avec la presse. Sujet trop sensible, admet un responsable : les informations sont susceptibles de parasiter les négociations, voire de les compromettre cite J.A.


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