DzActiviste.info Publié le mer 4 Sep 2013

Quelle attitude adopter face aux évènements tragiques de Syrie ?

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Un pays géré, pendant plus de cinquante ans, comme une exploiation féodale, sans plus de règle que celle du plus fort, par le seul moyen de la force brutale. Celle d'une minorité érigée en meute, au coeur d'une bergerie.

 

Plus de deux années d'insurrection populaire contre le régime syrien, sous des formes diverses, depuis la protestation pacifique, durement réprimée, jusqu'à un engagement massif et violent d'une partie importante du peuple syrien, largement majoritaire selon de nombreux observateurs objectifs. 

Ce qui s'est passé en Syrie, et qui continue de s'y perpétrer, n'a besoin que de se documenter, pour découvrir l'atroce et inimaginable oppression. 

 

La question qui se pose aujourd'hui, et qui mériterait d'être appréhendée par de vraies questions, et de savoir comment tout un peuple a pu subir, pendant si longtemps, une telle sauvagerie, sans secouer le joug atroce. Mais il survint ce qui devait survenir. Après des décennies. A l'occasion d'un vent de jasmin.

 

Après un si timide balbutiement, d'une protestation ô combien timorée, ce fut d'abord une montée en cadence de la violence, venant d'un régime qui ne comprenait pas que des dechets de la terre osent le contester. Il déploya contre eux des moyens hurlants de violence pour dissuader toute contestation de sa mainmise sur la société syrienne. Il usa de moyens énormes, qu'il pensait décisifs, dissuasifs, jusqu'à ses bombardiers, ses lance-missiles, son artillerie, en plus de ses terrifiantes milices des chebbihas. Ces meutes de fauves qui déchirent les chairs des enfants, pour épouvanter les masses et les troupeaux. C’est au pied du mur des exécutions, sommaires, que le régime voulut perfectionner sa vocation de bourreau, sa réputation de Dieu tout puissant. Une répression massive, d'une violence indicible, que personne ne pourra décrire, s'abbatît sur les populations désarmées. 

 

Le peuple syrien a longtemps attendu que la communauté internationale lui vienne en aide, ces pays frères qu'on chante en boucle, ces pays dits Arabes, dits musulmans, qui se gargarisent de slogans désertés. Le peuple syrien a hurlé, il a pleuré, il a exposé sa souffrance, en sang et en dévastation. Il a gémi, il a offert en spectacle les scènes horrifiantes de ses propres enfants, en sang et en pleurs…En vain !

 

Finalement, les seuls pays étrangers qui lui prêtèrent une relative assistance, du bout des doigts, et par dessus la jambe, entre deux siestes, entre le café et le ghoulem, le mignon au ongles nacrés, entre le bourbon de l'ami Sam, et l'entêtante circonvolution autour d'un cube noir, le meilleur fond de commerce qui soit, il y eut cette foutue assistance de ces foutues monarchies moyenâgeuses, aussi chafouine qu'elle fut compromettante, merdique, et hypocrite, puisqu'elle émanait des forces les plus réactionnaires du monde arabe, les plus repoussantes, qui donnent envie de vomir, celles des wahhabites du Golfe, toutes gammes confondues, qui en arrivèrent à se livrer à une sorte de surenchère, entre l'odieuse Saoudie, et l'ambitieux petit pétaradant Qatar, qui pète par tous ses orifices, chacun des deux opportunistes cherchant à empocher les gains de la sanglante baccara. 

L'une et l'autre monstruosité pornographique continuent à se livrer à un duel à mouchoirs mouchetés, en glapissant des sourates. 

 

La situation se compliqua. Jusqu’à devenir tout à fait illisible, scabreuse, déboussolée, surtout pour les analphabètes politiques qui infestent les espaces médiatiques, à coup de twitters, où la résistance d'un peuple qui n'aspirait qu'à la libération et à la dignité, après des décennies d'une atroce tyrannie, fut récupérée par les forces les plus rétrogrades, même si elles sont plus humaines que celles du régime qu'elles disent combattre, même si elles sont l’opportunisme lui-même et en personne. Elles sont ce qu’elles sont, ces forces parasites, mais comparées au monstruex régime, elles restent acceptables, tolérables, puisque la force contre laquelle elles se sont engagées est insurpassable en terme de violence et d'oppression, cette horreur qui a appris à habiller ses griffes de dehors policés, d'ongles nacrés, et de sourires bienveillants, qui a appris à faire siennes ces valeurs occidentales, celles qui sont vendables, au marché des dupes, qui savent si bien se transformer en merdes de luxe, et se cacher derrière des atours courtois.

 

La résistance et la révolution du peuple syrien fut malheureusement prise en otage, par une OPA islamiste qui avait su se placer à l'avant-garde du combat. Ce fut le plus sale coup perpétré contre le peuple syrien, que cet engagement islamiste ô combien malencontreux. Ce djihad des minables, le combat d'arrière-garde par excellence, si je peux dire, parce qu'il fut celui qui produit l'inverse de ce qu'il revendique, celui qui permet aux dictatures de s'en sortir, puisqu'il n'offre d'alternative aux foulés hébétés que le choix entre l'oppression en complet veston, et celle en djellaba, de potentants qui aiment les fillettes, les garçons, et les lapidations charitables. Cet islamisme qui n'en finit pas de se suicider, par populations interposées. Cet islamisme qui est le meilleur allié de ceux qu'il prétend combattre. Marre, à la fin, d'un tel allié ! Marre !

Ces salafistes contreproductifs, ô combien, auraient vraiment pu se choisir un autre contexte pour faire leur numéro. Pourquoi venir, en un tel moment, prêter une telle main forte aux Assad ? Pourquoi venir sauver le pire régime policier, les pires bâtards arabes dont l'histoire ait accouché. Un hasard . Ben voyons ! Les Assad ont finalement touché le Jackpot. Puisqu'ils ont été sauvés par ces islamistes miraculeux. 

 

Aujourd’hui, nous pouvons dire que les méthodes et jusqu’à la façon d'être de ces curieux salafistes, qui combattent aux côtés du peuple syrien, ou qui disent combattre aux côtés du peuple syrien, parce qu'il ne suffit pas de le dire, sont devenues les meilleurs outils de propagande du régime syrien. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Au point où tout le monde en est arrivé à considérer que ceux qui les combattent sont donc des progressistes, le bon camp. Celui de l'humain, contre le barbare. CQFD !

 

Ces islamistes, largement dépendants de la Saoudie et de ceux qui la commandent elle-même, qu'il n'est même pas nécessaire de désigner en termes clairs, allaient se comporter de façon tellement odieuse que nous en arrivons, en toute logique, à nous demander si elles ne sont pas sous les ordres de ce régime qu'ils disent vouloir chasser. Puisque personne n'autant aidé ce dernier, ni l' aura autant remis en selle.

Il n'y a pas pratiquement plus de jours où ne voyons pas de scènes atroces, laborieusement filmées, avec un professionnalisme qui nous étonne, qui nous montrent des exactions d'une rare sauvagerie, commises contre des enfants, des femmes, des prisonniers, par des barbus hilares, par des vociférateurs de la grandeur d'Allah.

On a même vu un islamiste arracher le cœur d'un cadavre, celui d'un Chebbiha dit-on, et faire comme s'il le mangeait tout cru, avec du sang dégoulinant aux commissures de ses lèvres. Une telle scène aurait voulu dégrader l'image des révolutionnaires syriens, et montrer Bachar el Assad sous le jour du guerrier de lumière qu’il dit être, le Zorro sidéral qui combat des monstres hirsutes, qu'elle ne se serait pas prise autrement. C’est du grand art propagandiste. Ou plutôt du primaire dans la propagande à quat'sous. 

 

Nous en sommes là aujourd'hui.

Nous assistons à la lente déchéance d'une révolution que le régime syrien a su faire dégénérer en guerre civile, puisqu'il a su instrumenter un très savant terrorisme pédagogique, où des minorités n'avaient plus d'autre choix que de se positionner du côté du régime, plutôt que de finir entre les mains d'intégristes hurleurs. 

 

En Syrie, le régime a su jouer, de façon que j'oserais qualifier de géniale, pour inverser le cours des évènements. Ce régime parmi les plus atroces, les plus fascisants, les plus inhumains que l'histoire de l'humanité ait connu, a pu se fabriquer l'image de la force lumineuse qui résiste à la barbarie salafiste, au complot wahhabite. Il a su rallier à lui deux puissances mondiales, tout naturellement opposées à la pieuvre qui tient le monde entre ses tentacules, deux puissances susceptibles de renverser les équilibres géostratégiques, en moins de temps qu'il ne faudra pour y réfléchir, la Chine et la Russie.

Il a été rallié, tout aussi naturellement, par le pays le plus emblématique de la résistance au sionisme et à l'impérialisme américain, l'Iran. L’Iran chiite, il faut le rappeler, qui s'est engagé très fortement aux côtés d'un régime qui a découvert qu'il était chiite lui-même, après une si longue errance communautaire. Puis ce fut l'apothéose de cette union sacrée, et ô combien opportune, l'arrivée triomphale du Hezbollah libanais, archétype de la lutte contre le sionisme et le wahhabisme, l'épopée révolutionnaire et l'essence de l'axe révolutionnaire, tricotées savamment par un concours de circonstances dont on se demande aujourd'hui s'il a été vraiment aussi hasardeux qu’on le pense.

 

Cette réunion d’initiés, de puissances, de révolutionnaires de pacotille, de frileux islamophobes, et d’opportunistes politiques en tout genre, y compris une grosse masse de gogos qui joue à se faire peur, devint pour presque tous les progressistes du monde, une sorte de sainte alliance, au sens le plus progressiste de l'expression, contre l'impérialisme et le sionisme. Une perception altermondialiste en toc, une farce, une lecture de l'évènement tellement grossière qu'elle en deviendrait comique, si elle n'était sanglante.

 

Mais il n'en reste pas moins que c'est dans cette perception des choses, au travers de ce curieux angle, que nous voyons désormais les choses. Que nous le voulions ou non !

Bachar el Assad est devenu l'héroïque combattant de lumière, contre les immondes agents salafistes des potentats saoudiens.

Le même Assad a littéralement démoli presque toute la Syrie, méthodiquement, immeuble après immeuble, quartier après quartier, ceux des damnés de la terre, cette Syrie qui se trouve être sunnite, comme par hasard, donc rangée dans le kit takfiriste, et qui donc est naturellement opposée aux minorités chrétienne et allaouite, communautés aristocratiques par naissance, qui sont au dessus de la plèbe, depuis Assad père, jusque dans les résultats du Bac, jusque dans les quotas d'attribution de logement, jusque dans les grades d'officiers supérieurs, de gradés dans la police, de cadres du secteur économique, et de tout le dessus du panier, sans aucune exception.

 

Quand on apprend que 90% des officiers supérieurs de l'armée sont alaouites, il n'est plus utile de dérouler toutes les statistiques du fascisme assadien. A moins de vouloir s’enfoncer la tête dans le cul, pour ne rien voir.

 

Nous en sommes donc là !

En Syrie ce n’est pas une guerre civile, mais une guerre contre les civils ! 

Une guerre d’un régime qui éradique les habitants de son pays, en gros et dans le détail, en ne les choisissant que parmi ceux qui n’accptent plus d’être ses victimes, ses serfs, ses choses.

C’est une guerre contre les civils partout où ne vivent pas les communautés alaouite et chrétienne. Partout où ne vivent pas les rares privilégiés sunnites qui ont été conviés à rejoindre le maître, pour donner le change. Pour tromper les gogos qui fonctionnent au reflexe de Pavlov. 

 

C'est une guerre civile où ceux qui meurent et qui se liquéfient sont pilonnés comme autant de racaille, des gens dont le pays est dévasté, que les chebbihas violent et ravagent, sans qu’on en voit les scènes dans les vidéos Youtube. Parce que l’image est sous contrôle. Parce que ceux qui filment savent quand filmer. 

Une guerre contre les civils où le tyran est devenu le champion des Allain Jules, des Thierry Meyssan et autres comiques qui surfent sur des déferlantes de sang.

Une révolution de tout un peuple contre l'oppression, que des salafistes barbares ont su compromettre, qu'ils ont salie, qu'ils ont ravalée au caniveau de l'infamie, qu'ils ont mise au service des ignobles saoudiens. 

 

La fierté de tout un peuple, qui a marqué l'histoire de l'humanité du sceau de son génie, dont le pays fut une source de lumière pour les siècles des siècles, avant même que les gens n'entendent parler de Siècle des Lumières, a été foulée aux pieds des barbares, achetée à vil prix, par des potentats libidineux. 

 

Alors, les question que je voudrais poser sont celles-ci :

Avec qui il faut se ranger ?

 

Avec le despote qui a su si bien manipuler l’évènement, les hommes et les crétins ?

Avec les salafistes qui ne rêvent qu'aux troupeaux de vierges bêlantes, et qui croient vraiment qu'en égorgeant des enfants, ils les libèrent de l'enfer qui les attend inéluctablement ?

Avec un peuple immense, qui se fait massacrer, couper haché menu, dont on rase les villes, qu'on disperse aux quatre vents, dont on achète les fillettes au marché du nikah ?

 

Faites votre choix au marché des propagandes !

Choisissez le meilleur canasson !

Misez sur celui, ou celle qui vous touche, ou qui vous fait bander. Parce qu'en Jordanie, dans les camps de réfugiés syriens, des fillettes syriennes de dix ans se vendent au plus offrant. Il y en a même qui se vendent en lots. En gerbe de pathétiques fleurs des champs. Elles qui rêvent encore de poupées. Et que des vicelards globuleux achètent en botte. 

 

Faites votre choix messieurs dames ! Faites votre choix ! 

Le marché des baggaras est ouvert. Il a lieu en Syrie !

 

DB


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