DzActiviste.info Publié le jeu 11 Avr 2013

Quels paradoxes! Par Slemnia Bendaoud

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   Comment le grenier de Rome est-il devenu la poubelle de l’Europe ? Comment cette terre de grands héros s’est-elle transformée, l’espace d’une génération, en cette misérable terre
d’asile ou de transit de toutes les populations de jeunes harraga(s) algériens ?

Comment la patrie toute indiquée offrant le gite et le couvert à tous les mouvements révolutionnaires du monde est-elle devenue paradoxalement cette terre de l’émeute régulière algérienne ?
Comment le porte-voix de l’Afrique s’est-il soudainement transformé en cette risée continue des peuples de ce même continent ?

Comment la tribune de tous les militants des pays en développement s’est-elle muée ou commuée en cette vieille boite bien muette à l’égard de tous ces mouvements de foules qui éclatent tels de
véritables pétards à la lisière de la Méditerranée et dans les pays du Sahel ?

Qu’y a-t-il de changé depuis lors pour passer si rapidement et bien allègrement d’un extrême à un autre extrême ? D’une position à son contraire ? D’un appui bien conséquent à un renoncement sans
condition ? D’une véritable force de proposition à cette neutralité de l’ambigüité ?

Et comment renonce-t-on si subitement et si maladroitement à toutes ces grandes valeurs et hautes qualités humaines pour faire après dans cette demi-mesure et déni de la nature humaine ?

Comment arrive-t-on à quitter si facilement cette casquette de convenance et de la juste performance pour prêcher par cette absence de résonance et verser intempestivement dans cette pratique de
la déliquescence même du sens de l’état algérien, au vu de ces ratages en série et ces abattages et matraquages inconvenants et bien inconséquents, puisque n’ayant plus aucune incidence ou
emprise sur la scène politique internationale ?

Pourquoi tout ce gâchis au mépris de ce grand peuple, autrefois qualifié par cet ancien ministre, s’étant alors agrippé de force ou à l’usure au système, de véritable ‘’Ghachi » ? Pourquoi donc
toute cette dérive vers l’autre rive ? Cette obstination en faveur de l’abstention ou de la rusée conspiration ? Pourquoi tout le temps vouloir brandir ces faux prétextes dans la perspective de
subtilement dissimuler les véritables causes ?

Pourquoi vouloir faire de cette terre, vivier de grands héros, juste un parterre de girouettes que le moindre mouvement du vent de passage dans la contrée les fouette et les inquiète au point de
leur faire justement changer complètement de raisonnement, de sens et de direction ?

Faire tout ce trajet inverse en si peu de temps démontre à quel point le mal algérien est bien très profond ! Il explique en partie, sinon en filigrane, comment cette grande nation d’antan en est
arrivée par un quelconque malheur ou absence de savoir-faire à perdre l’ensemble de ses repères ainsi que la totalité de ses indéniables valeurs humaines qui en faisait d’elle naguère l’une des
sociétés les plus fécondes et les plus structurées organiquement et mécaniquement.

Le diagnostic est donc beaucoup mieux étoffé que cela. Plus compliqué, je veux dire ! Il mérite un espace plus important, à l’effet d’en connaitre davantage sur ce fond de l’abime dans lequel se
morfond la société algérienne, la gouvernance du pays, tout comme sa politique extérieure.

La question mérite réflexion. Son traitement nous impose une analyse très poussée des principaux indices ayant concouru à la manifestation de ces nouvelles idées qui se situent à l’antipode de
celles naguère liées à ces hautes valeurs humaines.

Seulement, le dépérissement de ces valeurs aura également investi ou touché d’autres domaines de la vie sociétale, contaminant ainsi presque l’ensemble des volets et aspects de notre
quotidien.

Sinon comment expliquer que le mensonge soit ce passepartout (ou passeport diplomatique) politique stratégique qui a tout le temps bien raison de toutes nos prouesses techniques ou scientifiques
pour inviter nos hommes de sciences et de conscience à complètement changer de raisonnement pour se mettre ou se remettre dans l’air du temps ?

Comment donc expliquer qu’un immense, varié, riche, nanti et diversifié territoire pareil ne puisse en contrepartie proposer à ses citoyens et administrés que ces solutions de misère à leurs
nombreux problèmes afin de les faire même douter de leur existence, consacrant dans la foulée ce langage qui les rend fous de rage : » Un pays riche et un peuple pauvre ! » ?

Comment surtout se défaire de cette étiquette qui nous colle encore et toujours à la peau, même nantis de toutes ces richesses naturelles et humaines que l’on néglige sur l’autel de cette
politique de l’autruche qui ne cesse d’instrumentaliser à dessein l’histoire de gloire de toute une grande nation, tout juste pour en confectionner l’habit sur mesure du futur Messie et de son
clan auxquels l’on confie par-dessus le marché notre destin ?

Pourquoi brade-t-on toutes ces richesses inestimables et gaspille-t-on tout ce gros pognon juste pour rendre caduques ces initiatives encourageantes, œuvres somptueuses de ces jeunes générations
soucieuses de se porter avec au devant de la scène internationale afin de s’accrocher bec et ongle à cette locomotive du progrès qui n’attendra jamais les retardataires ?

Pourquoi fait-on ou privilégie-t-on cette longévité des carrières de nos ministres et hauts cadres de l’état et de la nation qui bloque fondamentalement toute initiative salvatrice au profit des
toutes jeunes populations jusqu’à laisser en poste un ministre de l’éducation qui aura réussi à faire passer le même virus de la médiocrité, lequel aura, de fait, déjà contaminé plusieurs
générations d’écoliers au sein du même arbre généalogique familial?

Comment est-on donc parvenu, en l’absence prolongée de textes de loi se rapportant à l’audiovisuel sur l’autel du seul monopole de l’état sur les médias lourds et l’information de manière
générale, à considérer des algériens au même titre que des étrangers dans le cadre de l’accréditation de leur chaine de télévision, faisant fi de ce progrès technologique qui nous les impose de
droit au même titre d’ailleurs que toutes les autres chaines satellitaires du monde, discréditant toute la procédure engagée sur le terrain des médias ?

Comment explique-t-on cette très forte représentation parlementaire féminine mettant dans le vent des pays comme les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Suisse au moment où même –à plus forte
raison- la femme-juge algérienne n’est même pas éligible à la parité avec le sexe opposé quant à la succession en matière d’héritage, ou même dans le cadre d’un simple témoignage dans une banale
étude notariale ou procès judiciaire ?

Comment loue-t-on toutes ces qualités techniques indéniables à une sélection nationale qui ne gagne plus, arrivant par-dessus le marché à lui trouver une grande marge de progression, dans
l’optique de prendre nos désirs pour des réalités tangibles, à la seule condition d’avoir été séduit par un quelconque dribble, oubliant totalement que le beau football est celui que nous
répercute fondamentalement le tableau d’affichage de la rencontre?

Pourquoi continue-t-on à toujours vivre du produit de l’exportation de notre brut sans jamais nous soucier des sources de son tarissement pour ne jamais lui envisager de sérieux substituts, et
lui adjoindre depuis une bonne décennie déjà bien maladroitement ces caravanes de harraga(s) qui fuient à contrecœur la mauvaise gouvernance algérienne au moment où la lisière de nos frontières
restent encore totalement ouvertes aux quatre vents, faute de population intéressée à son peuplement ?

Pourquoi cherche-t-on toujours à obstruer ces voies légales afin d’emprunter celles étant jugées plutôt détournées ou carrément parallèles, tout juste dans la perspective de maintenir ce
statut-quo contre vent et marée qui ne profite qu’à une poignée de gens prenant en otage tout le peuple algérien ?

Pourquoi sommes-nous si enclins à n’accepter que l’émeute comme moyen de revendication des masses populaire au moment où toutes les institutions élues de l’état désertent la scène politique
nationale ou observent désespérément ce désintéressement qui en dit long sur la manière du déroulement de leur élection, crédibilité et légale représentation ?

Pourquoi avoir promu à coup de pompes et grandes fanfares ces ministres carriéristes ayant pourtant échoué dans leurs fonctions techniques respectives à ces hautes fonctions symboliques
sénatoriales au travers de cette seule passerelle du tiers présidentiel réservé de droit aux sommités intellectuelles et scientifiques, reléguées en définitive aux calendres grecques ?

Pourquoi avoir ignoré ce grand Sud et son immense Sahara durant toute cette longue période de temps jusqu’à faire habiter ses habitants, bien modestes et très hospitaliers, de ce sentiment de
mépris manifesté ou ostensiblement affiché à leur égard par les gens du Nord aux commandes du pays, bien qu’il soit ce seul pourvoyeur de fonds grâce à ses grandes énergies fossiles dont les
dividendes ne sont en contrepartie que peu injectés dans la région ?

Disposer de tout ce gros pognon qui dort dans des banques à l’étranger à l’heure où la basse-population exprime au travers de l’émeute ce besoin fort pressant de travailler ne démontre-t-il pas à
quel point l’argent que produit le brut du Sahara ne profitera plus jamais à ce peuple de chômeurs par défaut.

Les nombreux scandales financiers que révèle avec fracas chaque jour la presse indépendante nationale ne suscitent-ils pas la nécessité d’ériger des centres d’incarcération pour ces ‘’nouveaux
délinquants au col blanc » encore plus spacieux que ceux habituellement réservés à ces malheureux voleurs à la tire, conditionnés par ce reflexe afin de subvenir à leurs nombreux besoins, faute
justement de mécanismes propres à leur réinsertion dans la vie active après avoir purgé leur peine d’emprisonnement ?

Tenter de répondre à la fois à tous ces questionnements et préoccupations citoyennes ne relève-t-il pas de la faculté ou de la disponibilité de la société algérienne à s’impliquer et surtout
accepter le jeu démocratique transparent et cohérent ?

Et où en sommes-nous, à présent, de tout ceci ou de tout cela ? Sinon avions-trouvé notre compte à l’intérieur de tous ces nombreux paradoxes et difficiles labyrinthes? Sont-ils devenus le propre
de notre culture ?

L’Algérie restera-t-elle pour longtemps encore ce seul pays au monde qui se nourrit de ses propres contradictions pour toujours intempestivement verser dans la confection de ces paradoxes de la
vie qui la font trainer en queue du dernier peloton des nations de la planète ?

Tout porte à croire que son mal est trop complexe pour être élucidé au bout d’une seule génération. L’attente d’une délivrance risque-t-elle d’être trop longue encore ? Les prochaines
présidentielles pourront-elles apporter ce début de solution ?

Rien n’est moins sûr ! Parce que tout est bien confus à présent !

   Remarque du bloggueur: article intéressant même s’il y a beaucoup de question qui en rendent la lecture ennuyeuse


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