DzActiviste.info Publié le dim 18 Août 2013

Qu’est ce qu’il a de moins l’Islam de mes parents ?

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Said Radjef

bougie-bejaia-algerie-grande-priere-sebha-ou-achrine-27Nous savons tous que l’Algérie n’a pas de traditions militaires. Jusqu’à la conquête française, l’Algérie n’avait pas d’armée. Le marabout (chevalier d’honneur) dont le sens a été altéré et modifié par la colonisation pour les besoins d’une certaine cause, faisait office de garde frontière en assurant la sécurité du village ou de sa région. Après 1830, alors que le pays était pacifié, les berbères du Maroc jusqu’à la Tunisie, de la mer jusqu’au Mali, notamment la noblesse, considéraient l’acte de s’engager dans l’armée comme un acte de haute trahison. « Celui qui rejoint l’armée de l’ennemi ou croise le regard avec le roumi est un mécréant. ». Cette tradition ne date pas de l’arrivée des français sur le sol algérien, elle remonte à si loin dans le temps. Seuls les esclaves, les proscrits, les brigands et les métayers pouvaient s’engager dans l’armée sans se faire réprimer par la société. Les algériens préféraient devenir caïd que de s’engager dans les rangs de l’armée française. L’armée que nous connaissons aujourd’hui est née en 1954. Ce sont des militants indépendantistes qui ignoraient tout de la science de la guerre qui l’ont crée. Pour ainsi dire, ce sont Ali Mellah, Krim Belkacem, Abbas Laghrour, Benboulaid, A Fadhel, Ouamrane, Si Salah …qui sont les géniteurs de l’armée que nous connaissons aujourd’hui. Depuis 1954 à ce jour, les mentalités n’ont pas changé et notre armée n’a guerre évoluée. Le peuple porte toujours le même regard comme à l’époque ou les généraux De Bourmont, St Arnaud, Clausel…inspiraient la plus grande terreur parmi les populations autochtones. Ce qui ne déplait pas aux généraux actuels et autres descendants de zouaves et de tirailleurs.

La zaouïa qui a joué un rôle majeur dans l’éveil des consciences, ne s’est jamais appuyée sur l’Islam politique pour accomplir ses missions. Nos parents, en dépit des conditions inhumaines dans lesquelles ils vivaient, étaient des gens conscients de leurs responsabilités civiques et morales, tolérants, travailleurs et des patriotes profondément attachés à leurs valeurs. Malgré les exigences de la colonisation, ils ont réussi a garder leur mode social, leurs propres lois et leurs traditions.Ils passaient plus de temps à labourer et à tracer de longs sillons dans la terre qu’à se rassembler à longueur de journée et à s’ériger en fakihs et substituts de Dieu. Qu’ils s’appellent Si El Hadj Cherif, Cheikh Mohand El Mokhtar ou qu’ils soient disciples de Sid Ali Moussa et de Cheikh Ben Abderrahmane Kechtouli, ils étaient les premiers a donner l’exemple en travaillant et en répandant les valeurs de la tolérance, de la solidarité, du savoir et du savoir vivre. Ils n’imbibaient pas la société de haine, de peur et d’interdits. Et n’était leur sagesse et leur intelligence, jamais Fanon, Alleg, Verges, J Mine, Genet, des catholiques et des juifs n’auraient rejoint la cause indépendantiste et donné une dimension internationale au combat du peuple algérien.


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Displaying 3 Comments
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  1. Algérien.. dit :

    Quant le colonel Chaabani a dit haut et fort devant Benbella à la salle Majestic ; »L’Armée dans les casernes » il a fini fusillé à Canastel , à la dernière minute Benbella lui a refusé la grace.

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