DzActiviste.info Publié le ven 22 Mar 2013

Quêtes, luttes éternelles de Survie …

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Par Amokrane Nourdine

l-espoir-dans-nos-luttesEn essayant d’écrire sur les relations entre les gens, dans ces mondes différents du Maghreb et d’Occident, j’ai fini par comprendre, que c’était moi, lorsque j’avais flanché, qui est tombé à la merci des autres. Ailleurs et ici.

Si dans les forces de ma jeunesse, je m’étais « préoccupé » plutôt de me construire, que des interactions entre les uns et les autres, aujourd’hui je me demande tout de même, si un milieu aurait favorisé plus qu’un autre, ma formation et la réussite ?

Si j’étais « seul » en exil, à la découverte de ce « nouveau monde », j’avais par contre tant étouffé en mon milieu natal, incapable de ce masque nécessaire, à tenir à distance les élans des autres, dans leur spontanéité. Et, même si on m’avait taxé de misanthrope, j’avais considéré, que des compagnies « d’intrus », me dérangeaient encore fortement. Qui me tenait dans mon jeune âge, méfiant des malices des uns et des méchancetés des plus vils, qui s’étaient toujours érigés en défenseurs absolus et acharnés des tabous dans la société ? Mes occupations restaient, en mon adolescence, la lecture, car il n’y avait pas beaucoup de loisirs, en ces temps d’après guerre d’Algérie. Et lire m’éveillait-il déjà à la critique de notre mode de vie ? Si, en notre société, l’amour n’est pas une valeur cardinale, j’avais toujours considéré, que le respect et la courtoisie, devraient toujours primer sur la force physique ou la violence des mots, de ceux, qui n’aiment s’imposer qu’en tabassant ou en criant plus fort que les autres.

En exil, je m’étais « bagarré » mal pour l’amour et une « place au soleil ». « J’étudiais » et le travail salarié n’était pas encore dans mes préoccupations. En mon pays, je souffrais beaucoup des paroles des malappris. Au lieu d’ignorer, je tombais dans leurs jeux, piquant des colères usantes et aveuglantes. Pourquoi seul doit compter sa position sociale et l’argent qu’on possède dans les poches ? Pourquoi le respect des puissants et constamment l’écrasement de son égal, de son frère dans la misère ?

Je souffre encore aujourd’hui, de ne pas avoir acquis mon indépendance matérielle, celle que procure un travail alimentaire, celui qui reste le seul à importer à la majorité des plus démunis, la plupart toujours à la merci de travaux précaires. Dieu sait combien dans cette Algérie pourtant si riche, combien nous importe, de louer la force de ses bras, pour déjà juste quelques considérations et tranquillités ! « Va travailler ne manqueraient pas de lancer les rares paresseux nantis, heureux de l’aubaine d’employer une main d’œuvre corvéable à merci », alors que tout le monde sait, que certains d’entre eux s’engraissaient, pendant que le peuple guerroyait à bouter « l’ennemi » français hors du pays.

Je ne vis pas, à l’instar de beaucoup d’auteurs de mes gribouillis. Je végète avec mes maigres économies. J’y vis la routine sans beaucoup d’imagination. J’y suis sans libertés contraint à une vie subie. Sans initiatives par manque de savoir-faire. Sans oser confier tant de choses qui me tiennent à cœur, comme incompris au milieu des miens. Sevré de paroles aussi, comme les érudits de ce pays, mais pour des raisons différentes, pour mon échec, d’avoir gaspillé l’unique chance que m’avait offert cette bourse d’études en un pays étranger… « Un luxe » pensent toujours, encore beaucoup et beaucoup d’algériens, avides d’évasions, de fuir cette « prison » d’un pays de tiers-monde, qu’aussi des forces obscures empêchent d’émerger. « Pourquoi encore et toujours se sacrifier pour un pays dont dispose à sa guise une minorité non méritante » ? clament beaucoup exaspérés.

Et si un poste de correspondant de presse, reste à ma portée, les patrons préféreraient un plus jeune, certainement recommandé et pistonné ou un frais émoulu sortant de l’université ; se réinsérer, une fois hors du circuit du travail, pour maladie par exemple ou inadaptation, reste une tâche des plus ardues. Si beaucoup galèrent pour décrocher un maigre salaire, dans l’Algérie de papa, les préoccupations des intouchables et de leur clientèle restent toujours : comment fêter ? Comment dépenser son immense avoir, quelques parts sans soucis dans une capitale occidentale, le temps même d’un week end ? Comment tomber la plus belle fille du moment ? Quel nouveau Boeing s’offrir l’année en cours ? C’est ce que sous entendent de plus en plus les algériens.

A suivre…

Boghni le 22/03/2013
Amokrane Nourdine


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