DzActiviste.info Publié le mar 29 Oct 2013

Le Collectif des familles de disparus charge maître Ksentini

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532967_4064179774927_1251907923_nLe Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) réagit aux propos tenus par maître Farouk Ksentini dans un entretien publié dans Reporters du 16 septembre dernier, dans lequel il reconnaît la mort de toutes les personnes disparues durant la décennie noire. L’organisation s’indigne de ces propos tenus par le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’Homme (CNCPPDH) et affirme sa conviction que tous les disparus ne sont pas morts et s’interroge sur le fait qu’aucun corps n’a jamais été retrouvé. « Le Collectif des familles de disparus en Algérie (Cfde) tient à rappeler le rôle d’une Commission nationale pour la promotion et la protection des droits de l’Homme.
En effet, un organe national pour la promotion et la protection des droits de l’Homme telle que la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’Homme (Cncppdh), qui se prétend défendre et promouvoir les droits de l’Homme, ne peut en aucun cas justifier des crimes aussi graves que la disparition forcée de milliers de personnes », lit-on dans le communiqué. « La Cncppdh a l’obligation de rappeler aux autorités algériennes de faire la lumière sur tous les crimes commis pendant la décennie 1990, de faire respecter le droit à la vérité et à la justice, d’enquêter, de poursuivre et de juger les responsables, d’indemniser les victimes en leur apportant une réparation pleine et entière », ajoute-t-il. L’organisation s’interroge, en outre, sur la vraie mission de la commission que préside maître Ksentini. « Contrairement à la mission initiale qui lui a été attribuée, la Cncppdh, par la voix de son président, Farouk Ksentini, justifie les crimes commis par les agents de l’Etat durant les années 1990.

Dans cette interview, il reconnaît que les agents de l’Etat ont commis des exécutions extrajudiciaires, mais fait abstraction totale de la justice, condition pourtant essentielle dans le fondement d’un Etat de droit », rétorque le Collectif des familles de disparus en Algérie, qui est allé jusqu’à donner des leçons à maître Ksentini. « En tant que président de la Cncppdh et de surcroît avocat, Me Ksentini devrait savoir que la disparition forcée constitue un crime contre l’humanité et n’est ni amnistiable ni justifiable, surtout lorsqu’elle touche plus de 7 200 personnes. Par conséquent, la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et ses textes d’application n’ont aucune valeur juridique au regard du droit international. Le dossier des disparus est donc loin d’être clos.»

Pour appuyer ses propos durs à l’égard de l’avocat, l’organisation a rappelé que le Comité des droits de l’Homme des Nations unies a déjà condamné l’Etat algérien pour 19 affaires de disparition forcée, constatant des violations de plusieurs dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le comité recommande à l’Etat de mener des enquêtes approfondies et rigoureuses, de fournir aux familles des indications détaillées quant aux résultats de ces enquêtes, de poursuivre, juger et punir les responsables et d’indemniser les familles de manière appropriée. En outre, le Comité des droits de l’Homme et le Comité contre la torture considèrent que les textes d’application de la charte dite « pour la paix et la réconciliation nationale» ne sont pas conformes aux standards internationaux.

http://www.reporters.dz/ 29/10/2013


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