DzActiviste.info Publié le ven 25 Avr 2014

Revue de Presse (Liberté) | Dix ans après son application dans toutes les facultés de l’USTHB: Benzaghou critique le LMD

Partager
Fervent défenseur du système LMD depuis des années, du moins face à la presse, le recteur de l’université de BEZ a fini par lâcher ses premières critiques. Il ira jusqu’à dire que des pays qui l’ont adopté sont en train de l’abandonner, à l’image de la France. 
Peu prolixe au sujet de l’évaluation du LMD, voire même fervent défendeur de ce système face à la presse, le recteur de l’USTHB a finalement beaucoup à dire sur le même sujet quand il en débat devant un parterre d’enseignants universitaires. Benali Benzaghou qui, depuis la mise en place graduelle du système des trois cycles à l’USTHB au début des années 2000, n’a jamais osé une critique ouverte, a fini par révéler ce qu’il en pense réellement à ses enseignants. 
C’est lors de la cérémonie, en l’honneur des enseignants promus au rang magistral, que la langue du recteur s’est déliée. Le traditionnel plaidoyer pour le système LMD n’est plus de mise. Il a laissé place à une série de critiques qui démontrent que pour le recteur de l’USTHB, le système a montré ses limites et que des changements s’imposent. Il aura donc fallu dix longues années d’application graduelle du système anglosaxon version algérienne, pour que le recteur de l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene découvre ses lacunes. Qu’est-ce qui justifie ce changement de position ? En fait, même s’il a été opéré avec un long retard, le virage à 180 degré de Benali Benzaghou n’a pas été pris par hasard.
C’est l’inévitable issue à une évaluation négative du système dont l’application est désormais généralisée à toutes les facultés et aux trois cycles. Comme pour justifier son application et s’en laver les mains, le premier recteur de l’USTHB (1974-1979) ne manquera pas de préciser que cette formule de formation est consacrée par la loi algérienne et “sa remise en cause impliquerait révision de cette loi”. Une révision qui, semble-t-il, s’impose, au vu des imperfections recensées et collectionnées tout au long de la mise en œuvre du LMD. “10 ans après son application et la sortie de 6 promotions, le système LMD mérite d’être évalué. L’évaluation est en cours, mais les premières remarques sont déjà livrées”, révèle Benzaghou, qui n’affiche plus son grand enthousiasme à ce mode d’enseignement supérieur.
Il expliquera aux enseignants, qui ne semblaient pas du tout surpris par le nouveau discours de leur premier responsable, que l’évaluation s’est basée sur plusieurs paramètres.
Le premier, et qui a trait aux chiffres et autres statistiques, concerne la durée des études. En combien d’années les étudiants décrochent-ils leur licence ? Conformément à la réglementation, la licence est décrochée au bout de trois années de formation. Mais ceci est loin d’être le cas sur le terrain. “Seulement 50% de nos étudiants obtiennent leur licence au bout de trois ans d’études ! 80% l’obtiennent après 4 ans ou plus”, révèle Benzaghou. Et d’analyser : “3 ans pour une licence, c’est l’idéal. 4 ans n’est pas catastrophique, mais plus que cela … !” Le recteur est allé jusqu’à soutenir que “le système, dans son concept professionnel (licence professionnelle-master professionnel), n’est pas opérationnel et les étudiants n’en veulent pas. Même la qualification professionnelle n’est pas appropriée et est répulsive pour les étudiants”. Et comme pour mieux convaincre, Benzaghou précise que “des pays qui ont adopté le système LMD sont en train de l’abandonner, à l’image de la France”.
Convaincu que le temps n’est plus aux licences et aux masters académiques et professionnels, le recteur et son staff comptent corriger les lacunes recensées par le lancement de la nouvelle génération de licence et de master. Espérons, enfin, que le département de tutelle finisse lui aussi par reconnaître qu’il est temps d’ouvrir le dossier du LMD.


Nombre de lectures: 221 Views
Embed This