DzActiviste.info Publié le sam 24 Nov 2012

Sellal et les Gaz de schiste : Duplicité ou soumission ?

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Les déclarations se succèdent et ne cessent d’épaissir le brouillard qui entoure la démarche du gouvernement.

Une chose et son contraire.

Après avoir déclaré que l’Algérie possède la maitrise des technologies d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, voilà qu’Abdelmalek Sellal, devant les représentants du Forum des Chefs d’Entreprises (FCE)[1], annonce que les gaz de schistes « on les pompera » dans 40 ou 50 ans ! A bien résumer tout cela, l’Algérie possèderait une technologie mature qu’elle ne mettrait en œuvre dans un demi-siècle ?! Quelle avance technologique !! Entendez tous ces you-yous qui fusent en ce demi-siècle d’indépendance !! Rendus à ce point, il faut se demander de qui le pouvoir a une piètre idée ; de lui-même ou de la société algérienne ? Des deux peut-être me diriez-vous !

Quel peut-être le sens de la déclaration du chef du gouvernement devant la seule organisation à se questionner sur les voies de sortie de la dépendance pétrolière ? S’aligne-t-il sur la démarche du FCE ? Ou, au contraire, lui annonce-t-il une fin de non-recevoir puisque dans un demi-siècle l’Algérie y sera encore dans la pétro-dépendance ? La sérénité de l’appareil de l’UGTA, gavé de rente pétrolière, peut s’avérer un bon indice pour décoder le sens des dernières déclarations.

Chasse gardée.

Faut-il se laisser aller à conclure que la révision de la loi sur les hydrocarbures ne vise plus la rentabilisation des hydrocarbures non conventionnels ? Probablement pas. D’où viendrait une telle rectification ? Au mieux sera-t-elle le reflet de la communication brouillonne du gouvernement, floue et imprécise. Et, ce mieux, faut-il le préciser, sera le pire.

Au vu de la liste des experts[2] consultés par la commission des affaires économiques de l’APN la définition de la politique pétrolière du pays reste l’apanage d’une très fine couche de l’oligarchie bureaucratique au pouvoir. Occulte et opaque,  la gestion du secteur des hydrocarbures reste soumise aux fluctuations des luttes de clans. Mais opacité présente autour de cette question ne peut exprimer que l’une de ces deux possibilités : soit le pouvoir est dans l’improvisation la plus totale, soit il est dans la sous-traitance de décisions qui lui sont extérieures (imposées). Dans les deux il est disqualifié pour ce qui est d’engager des décisions de long terme qui concernent le devenir même de la Nation.

Les principes contre les manigances.

Plus tôt que de s’attacher à comprendre les secrets d’alcôves de nos bureaucrates oligarches,  la démarche patriotique est de la battre en brèche dans ses fondements même. Un large front devrait porter deux exigences complémentaires :

  • l’activation du Conseil National de l’Energie, dont la mise en place a toujours été différée.
  • la réalisation d’un livre blanc sur la politique et la stratégie énergétique du pays.

 La première exigence, en encrant dans un cadre institutionnel la définition de la politique énergétique du pays sera un pas vers la transparence sur cette question stratégique. La seconde, compte à elle, est de nature à permettre la mobilisation de tout le potentiel d’intelligence du pays, qu’il soit dans les appareil d’Etat, dans le secteur économique ou dans les milieux politiques. L’objectif doit être  de créer un sursaut vers un consensus sur cette question vitale.


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