DzActiviste.info Publié le ven 23 Nov 2012

Sellal : le gaz de schiste pour 2040 ?

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Algérie – Sellal : On ne va pas pomper aujourd’hui le gaz de schiste… mais vers 2040 !

En Tunisie aussi, le gaz de schiste fait polémique (dr)

L’exploitation du gaz de schiste n’aura lieu que sur le « très long terme », à l’horizon 2040, a affirmé le Premier Ministre Algérien, Abdelmalek Sellal, en réponse à ceux qui s’alarment de l’impact environnemental et économique d’un tel choix.

La polémique sur l’exploitation du gaz de schiste est-elle fondée sur une vision erronée du timing de sa mise en œuvre ? Des spécialistes avaient déjà souligné qu’il faudra du temps avant que le gaz de schiste puisse être exploité. Et que d’ici-là, les techniques employées et notamment la très controversée fracturation hydraulique, auront évolué. Ce discours, rassurant, émanant d’experts et même d’anciens dirigeants de la Sonatrach, comme Abdelmadjid Attar et Nordine Aït Laoussine, n’a pas convaincu les opposants au gaz de schiste. Dans un entretien à Maghreb Emergent, Abdelmadjid Attar avait déjà souligné qu’il s’agissait d’un « choix à long terme ». « L’Algérie doit assurer son indépendance énergétique dans 20 ou 30 ans. Si jamais ces gaz de schiste existent réellement, c’est un choix stratégique à long terme à faire….. En cas de disponibilité, c’est un choix stratégique qui est en mesure d’assurer l’indépendance énergétique de l’Algérie dans 30 ans ». C’est la même analyse qu’a faite l’ancien ministre algérien de l’Energie et consultant international Nordine Ait Laoussine. « Reproduire actuellement le succès américain dans l’industrie des gaz de schiste est possible en Algérie mais cela doit être considéré comme un objectif à long terme », lorsque les conditions techniques et économiques seront réunies. Même s’il parait plus réservé que les deux autres ex-PDG de Sonatrach, M. Nazim Zouiouèche, n’est pas radicalement contre cette option en appelant à être « en veille » et à évaluer les ressources en gaz de schiste pour être prêt « le moment venu ». L’économiste américain, ancien banquier international et spécialiste des marchés énergétiques, William C. Byrd avait souligné dans un entretien à Maghreb Emergent que « même s’il existe un potentiel significatif, l’Algérie est à un stade très précoce du processus. Il  faudra des années avant que soit évaluée l’efficacité économique de l’exploitation des gaz de schiste et plus encore avant qu’une entrée en production soit envisagée ».

Une option pour le « très long terme »

A l’opposé, certains experts qui se sont exprimés dans le cadre d’action organisée par le CNCL (Collectif National pour les Libertés Citoyennes) ont accusé les autorités algériennes de céder à des multinationales interdites de polluer en Europe. Des économistes, à l’instar de Salah Mouhoubi, se sont également inquiétés de voir l’option en faveur du gaz de schiste affecter les investissements en faveur de l’énergie solaire. Cette polémique n’a pas été inutile puisqu’elle a amené le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a précisér que l’exploitation du gaz de schiste n’allait pas se faire de manière immédiate. Il a même donné un horizon plus éloigné que les experts qui tablait sur cinq ou dix ans suivant la nature et l’ampleur de l’investissement consenti. C’est une « une option pour le très long terme’’ qui peut aller à l’horizon 2040, a-t-il déclaré jeudi à Alger lors de la réunion avec les représentants du patronat et de la centrale syndicale UGTA. « On ne va pas le pomper aujourd’hui (gaz de schiste) mais à échéance très lointaine allant à l’horizon 2040″, a-t-il insisté. Pour le Premier ministre, les hydrocarbures restent un levier essentiel pour le développement économique du pays, ce qui justifie également l’option de l’exploitation, à terme, du gaz de schiste. « Le développement se fait aussi avec le pétrole et nous devons utiliser toutes nos capacités pour développer encore un peu plus notre économie ».

Oussama Nadjib 


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