DzActiviste.info Publié le lun 13 Oct 2014

Selon le ministre de l’Energie : L’Algérie produira du gaz de schiste en 2022

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LOGO-stop-gaz-de-schistes300-300x220par K. Assia, Le Quotidien d’Oran, 13 octobre 2014

Bien que le potentiel en gaz conventionnel soit considérable, le développement des ressources non conventionnelles, et du gaz de schiste en particulier, constituera ces prochaines années l’un des grands challenges pour l’Algérie et Sonatrach.

Le défi est grand et Sonatrach s’y prépare activement, prévoyant une véritable révolution technologique pour laquelle des efforts sont consentis. La compagnie nationale a déjà lancé plusieurs études et procédé à des opérations d’évaluation au niveau de cinq bassins sur les sept prévus, a noté M. Saïd Sahnoun, président-directeur général de Sonatrach lors d’une conférence de presse animée, hier, à l’occasion de la conférence internationale sur l’industrie de gaz de schiste organisée pendant deux jours au Centre des conventions (CCO) d’Oran. L’Algérie dispose d’un potentiel national récupérable de 21.000 milliards de m3 de gaz de Schiste, soit 740 tonnes mètres cubes, de quoi valoriser ces ressources futures et permettre au pays de capitaliser un autre savoir-faire en matière de leur exploitation et de leur production. N’étant plus au stade de l’hésitation, l‘Algérie entre dans la phase de mise en oeuvre de la feuille de route, dira le PDG de Sonatrach. Et d’ajouter que ces ressources nécessitent des moyens. En termes de création d’emplois, il faut multiplier le potentiel par 4 voire 5 dans les prochaines années. Une discipline d’économie, pour que les prix soient raisonnables, s’impose également dans les prévisions des décideurs de ce projet d’envergure. Autant d’éléments qui ont nécessité de se pencher sur l’autre volet lié aux ressources humaines. Des actions sont donc menées, notera le responsable pour prendre en charge ces ressources à travers un plan de recrutement et de formation que la direction exécutive de Sonatrach a mis en place. Quelque 1.000 à 1.500 agents seront donc formés par an, afin d’adhérer aux perspectives tracées par le gouvernement. Sonatrach prévoit aussi, dans le cadre de son plan, le recrutement de milliers d’ingénieurs et de techniciens. En effet, la volonté affiché par les pouvoirs publics quant au développement de ce secteur met en exergue les premières prévisions de la production qui, selon le PDG, sera lancée à partie de 2022 et pourra atteindre d’ici 2025 les 10 milliards de m3 de gaz de schiste. Quant au coût, celui-ci sera inférieur à la production. Le gouvernement veillera à la stabilité de cette équation afin de réduire le coût de ces ressources et la question qui se pose à présent est comment se préparer à cette production, dira M. Youcef Yousfi, ministre de l’Energie et des Mines. En matière d’environnement, l’une des principales préoccupations de l’heure, le ministre a été formel quant à l’utilisation de nouvelles technologies pour le traitement des eaux après fracturation de la roche. Il existe des lois que le gouvernement va mettre en place pour protéger les ressources en eau. Avec un forage de plus 10.000 puits dans le sud, la compagnie a acquis une expérience avérée dans le domaine de l’exploration et de la recherche et un savoir-faire, a-t-il ajouté. Par ailleurs, cinq sociétés étrangères ont été retenues après l’avis d’appel d’offres lancé dans le cadre de projets de partenariat avec Sonatrach pour les 31 périmètres délimités pour prospection et mise en exploitation. Considérant le partenariat comme axe fondamental de la politique algérienne afin d’augmenter l’attractivité, le ministre a souhaité l’adhésion de nouveaux partenaires pour la concrétisation davantage de ces projets. A une question relative à la baisse du prix du pétrole, M. Yousfi a déclaré que l’Algérie est très sereine puisque l’évolution du prix obéit à certains facteurs dont certains sont connus alors que d’autres sont appelés fondamentaux et sont liés à l’offre et à la demande, les stocks, la situation géopolitique dans le monde, les fluctuations de la production et les jeux spéculatifs des investisseurs.

La première journée de cette conférence inaugurée par le ministre de l’Energie a été une occasion pour de nombreux experts nationaux et étrangers, dont le sous-secrétaire d’Etat américain à l’Energie, M. Christopher Smith qui a mis en relief l’expérience algérienne dans le développement de l’énergie et particulièrement le gaz. Le responsable s’est dit heureux de travailler en collaboration avec le gouvernement algérien et de recevoir des chercheurs du laboratoire de l’énergie en Amérique. L’expérience américaine en matière de production et d’exportation du gaz de schiste a été également évoquée à l’occasion. Les projets pilotes d’Ahnet de Gaz de Schiste et le potentiel de l’Algérie en gaz de schistes, ont constitué les thèmes de deux communications présentées par MM. Youcef Khefar et Mohamed Kaced, cadres centraux à la Sonatrach.
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SA PRODUCTION EST ÉCONOMIQUEMENT ET ÉCOLOGIQUEMENT COÛTEUSE

Le gaz de schiste pour faire perdurer la rente

El Watan, 12 octobre 2014

Si les experts considèrent que le temps des énergies fossiles est loin d’être révolu, il n’en demeure pas moins que l’exploitation des énergies non conventionnelles et précisément le gaz de schiste semble incontournable dans le futur mix énergétique.

Ce sera notamment une solution face au tarissement inévitable des ressources conventionnelles, estimée notamment entre 20 et 25 ans pour le gaz. Le ministre algérien de l’Energie, Youcef Yousfi, a indiqué que les réserves de gaz de schiste permettraient de «doubler dans les 10 prochaines années la production de gaz». Elles représenteraient jusqu’à 4 fois les réserves prouvées de gaz naturel.
Pour Anis Terai, ancien cadre de Sonatrach et expert en énergie, le développement du gaz de schiste est «un impératif au vu, d’une part, de nos engagements contractuels pour la fourniture de gaz naturel et l’intérêt stratégique de préserver nos parts de marchés, et d’autre part, la croissance de notre consommation interne de gaz naturel en nature et pour la production d’électricité».

Si les chiffres autour des réserves réelles de l’Algérie en matière de gaz de schiste sont souvent sujets à polémique, tout le monde s’accorde cependant à reconnaître le potentiel important du pays en la matière.Pour autant, Nazim Zouioueche, ancien PDG de Sonatrach, estime qu’avant de se lancer dans le gaz de schiste, «il faut d’abord préciser quelles sont les quantités qu’on a réellement, car on travaille sur des chiffres qui n’ont pas été vérifiés sur le terrain».

D’ailleurs, les résultats du dernier appel d’offres pour la recherche et l’exploration ne plaide pas pour la précipitation.
Il y avait en plus «11 parcelles qui concernaient le gaz de schiste, on a même modifié la loi pour permettre qu’elles soient exploitées, mais aucune sollicitation», observe M. Zouioueche.

Selon le ministre, les réserves de gaz de schiste récupérables se situent entre 25 000 et 30 000 mds de m3. Il s’agira d’abord de déterminer «comment l’exploiter et dans quelles conditions. Le faire tout de suite risque de donner un prix de revient du gaz produit plus cher que le prix de vente», prévient l’ancien responsable. D’autant que l’Algérie n’a pas «les moyens techniques et matériels» dont disposent les Etats-Unis.
La situation plaide pour l’attente, d’autant que «la production de cette ressource doit répondre à des normes environnementales strictes», précise M. Terai. Le problème majeur reste celui de l’eau nécessaire à la fracturation hydraulique, d’où la nécessité «d’étudier au cas par cas, gisement par gisement, la question de l’approvisionnement en eau».

Quant à la technique, l’Algérie dispose «de compétences maîtrisant les différents métiers de l’amont» et encourager le privé national en matière d’offres de service pétrolier constitue «la seule voie durable pour développer les ressources non-conventionnelle», souligne-t-il.
Nazim Zouioueche estime cependant que temporiser pourrait permettre de bénéficier de l’avancée technologique qui réduirait dans les années à venir les coûts de production de cette ressource, qui ne devrait pas intervenir en Algérie «avant 15-20 ans.»
Selon l’Alnaft, l’Algérie a besoin d’investir 300 milliards de dollars pour pouvoir produire 60 milliards de mètres cubes par an de gaz de schiste.

Safia Berkouk


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