DzActiviste.info Publié le mer 6 Nov 2013

S’estimant menacées; Des associations demandent l’abrogation de la nouvelle loi

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Vendredi 01 novembre 2013
25 associations nationales se sont constituées en collectif afin de dénoncer «les abus et les entraves auxquels elles doivent faire face dans l’exercice de leurs activités ainsi que dans les démarches de renouvellement de leurs agréments».
Cette initiative a  pour vocation à travers une pétition ouverte à tous les citoyens de demander l’abrogation de la loi n°12/06 du 12 janvier 2012, une loi qui régit les associations mais que ces dernières qualifient de «liberticide».
Ce collectif qui germait depuis des années s’est créé après que l’ex-wali d’Oran qui occupe actuellement le poste de ministre de la Santé ait suspendu deux associations à vocation environnementale en s’appuyant sur l’article 39 de cette loi qui stipule que «toute association peut faire l’objet d’une suspension d’activité ou d’une dissolution en cas d’ingérence dans les affaires internes du pays ou d’atteinte à la souveraineté nationale».
M. Taoujl Abdeloumène, vice-président de l’Association des résidents du Canastel (ARC), touchée par ce gel, a expliqué lors d’une conférence de presse tenue au siège du Rassemblement Algérie Jeunesse (RAJ) que ses militants ont tenté à plusieurs reprises de mettre un terme aux opérations de saccage des forêts du littoral oranais.
«Nous avons voulu faire obstruction à un projet de promotion immobilière privée sur un site forestier. Nous avons intenté une procédure judiciaire mais sous motif de l’article 39 de cette nouvelle loi, la Drag a gelé nos activités du jour au lendemain sans respecter la procédure qui exige un délai de 3 mois avant toute suspension. Il est à souligner qu’il y a une énorme spéculation sur le domaine foncier du Canastel qui est un site touristique et pour cause, le mètre carré y est vendu à 200 000 DA. Les responsables sont de connivence avec les promoteurs. Est-ce que préserver notre environnement signifie s’ingérer dans les affaires internes du pays ? Heureusement, il y a une justice et c’est grâce à notre mobilisation que nous avons pu obtenir gain de cause puisque l’ex-wali, le P/APC ainsi que les promoteurs immobiliers ont été déboutés le 13 octobre et que nous avons pu récupérer notre agrément», a-t-il déclaré, ajoutant que cette loi pousse les citoyens à s’autonomiser en dehors de tout cadre légal, ce que refuse le tissu associatif qui plaide pour la fin des agréments et le retour au système déclaratif qui exonère les militants de faire face à la bureaucratie.
En outre, il suggère que les autorités les encouragent à s’intéresser aux affaires publiques, à contribuer dans le cadre de la démocratie participative à l’évaluation des décisions et projets des institutions élues et des pouvoirs publics.
M. Abdelouhab Fersaoui, président de l’association RAJ, a déploré que «cette loi qui a été élaborée dans le sillage des évènements de janvier 2011 consacre davantage la répression que la démocratie». «Nous sommes conscients que cette loi empêche la libre expression des citoyens, du tissu associatif et syndical. Cette pétition n’est pas une fin en soi et nous ouvre de nouvelles perspectives».

La Fondation Friedrich Ebert risque de fermer son bureau
 

M. Fersaoui a indiqué que ce collectif n’était pas uniquement circonscrit aux associations mais qu’il était ouvert à toute la société civile. En outre, il a fait savoir qu’il comptait initier de nombreux débats avec les acteurs politiques, de la société civile et des institutions.
«Nous  envisageons de renforcer le travail de vulgarisation sur ce texte à travers les réseaux sociaux. Nous allons effectuer une campagne de sensibilisation sur le terrain au niveau national en organisant des rencontres de proximité. Nous souhaitons obtenir un maximum de signatures de toutes les composantes de la société y compris des acteurs politiques.» 
On veut pousser les associations à œuvrer dans la clandestinité. Je tiens à dire qu’avec cette loi,  les autorités tolèrent que les associations étrangères résident sans garanties puisqu’elles n’ont pas clarifié leurs statuts alors que ce n’est pas le cas pour nous et il faut savoir que la Fondation Friedrich Ebert va fermer cette année car elle ne veut pas travailler dans le flou. Il en est de même pour Amnesty International qui a, d’ores et déjà fermé son siège», a-t-il indiqué. 
Sabrina Benaoudia

 


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