DzActiviste.info Publié le ven 19 Oct 2012

Sétif : scandales à la faculté de médecine

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El Watan

le 19.10.12 | 10h00

Deux affaires éclaboussent le département de pharmacie de la faculté de médecine de l’université Sétif I. Les dossiers sont sur le bureau du ministre de l’Enseignement supérieur, qui a été interpellé (correspondance du 14 octobre 2012) par les étudiants et des enseignants qui ne veulent plus cautionner certaines pratiques.

Le cas ainsi d’une étudiante, admise en 5e année de pharmacie avec une moyenne de 8,27 et deux notes éliminatoires 2,5/20 en biochimie et 4/20 en parasitologie, révolte les enseignants qui n’ont pas admis le fait que le procès-verbal (PV) portant les résultats de 142 étudiants parmi lesquels quatre étaient ajournés, a été modifié à leur insu. Mieux encore, le nom et la signature d’une enseignante qui n’a pas pris part à cette délibération effectuée par le chef de département et une autre enseignante, figurent sur le deuxième PV, où l’étudiante est gratifiée d’une moyenne de 10. Pour dénoncer ce fait, une des deux enseignantes a adressé un rapport au recteur, qui aurait instruit verbalement le vice-doyen de la faculté afin de bloquer l’étudiante à l’origine de la polémique. L’instruction du recteur qui a convoqué, le 16 septembre dernier, les deux enseignantes qui ont remis sur le tapis cette affaire, reste lettre morte. La balle est désormais dans le camp de Rachid Harraoubia interpellé par bon nombre d’enseignants de la faculté. Ces derniers désavouent l’administration qui veut également «injustement ajourner 13 étudiants de 4e année de pharmacie».
Injustice
Pour rétablir la vérité et attester que ces 13 étudiants font l’objet d’une grave injustice, une deuxième correspondance a été adressée le 14 du mois courant au ministre. Ce document démonte les faux arguments de la faculté et du rectorat de l’université. «Nous nous sommes réunis le 17 septembre 2012 pour la séance de délibération des étudiants de 4e année pharmacie. Durant ce conclave nous avons été induits en erreur par le chef de département, faisant croire que le règlement de l’université stipule qu’en cas d’une note éliminatoire, seul le responsable du module a le droit de décider du sort de l’étudiant. A l’issue de ces délibérations, les 13 étudiants ayant une moyenne supérieure à 10/20 avec une note éliminatoire ont été déclaré ajournés. La responsable du module d’immunologie concernée par la note éliminatoire refuse tout rachat», attestent les contestataires.
Et d’ajouter : «Suite à l’instruction du doyen de la faculté, on s’est réunis une seconde fois le 19 septembre dernier. Le chef de département a déclaré qu’une deuxième délibération était nécessaire et qu’on devrait revenir à l’article 66 du règlement universitaire, selon lequel les décisions du jury sont prises à la majorité simple de ses membres, car aucun article n’a traité le cas de la note éliminatoire. L’absence non justifiée de la responsable du module d’immunologie, nous oblige à reporter cette réunion au 20 septembre.» «Lors de la 2e délibération tenue toujours en l’absence de cette même enseignante, nous avons étudié le cas de chaque étudiant tout en respectant les articles 66 et 72 du règlement. Cette réunion est sanctionnée par un deuxième procès-verbal annulant celui du 17 septembre. Sur les 13 étudiants ajournés, 10 ont étés rachetés. Le jury a jugé que la note éliminatoire attribuée aux 10 étudiants par l’enseignante du module d’immunologie était abusive et ne reflétait ni le niveau ni le profil de ces étudiants», expliquent les enseignants.
«Toujours sur instruction du doyen, le chef de département nous interpelle une nouvelle fois, le 23 septembre. Une liste comportant les noms de 6 étudiants nous a été remise pour les faire passer au lieu des 10. Etant souverain dans ses décisions, le jury refuse ce fait du prince. Faisant fi de la réglementation universitaire, le chef de département remet à l’eau les décisions du jury, et va tout simplement afficher le premier procès-verbal qui a été pourtant annulé. Pour exprimer notre refus, en date du 3 octobre 2012, nous avons adressé une réclamation au chef de département qui refuse de la recevoir. Informés à propos de cet énième dépassement, le recteur et le doyen affichent un silence radio», s’indignent les enseignants.  
Kamel Beniaiche


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