DzActiviste.info Publié le jeu 28 Fév 2013

Sonatrach, Khalifa Bank, Autoroute est-ouest,Tounsi.La justice algérienne et les connivences criminelles.

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justice du téléphoneDjamel BARA

Paris, mercredi 27 février. Des perquisitions sont signalées dans l’appartement et le bureau de Claude Guéant débarqué de son fauteuil de ministre de l’intérieur en mai 2012 juste après les élections présidentielles.

Est-il possible, diriez-vous? Oui, un ministre ou un président sont justiciables comme tout autre individu lambda.

Que reproche la justice française à l’ex premier flic de France? Les juges veulent en savoir plus sur les ramifications supposées dans le dossier de la décision prise par excusez du peu par l’actuèlle patronne du FMI, Christine Lagarde de recourir à un arbitrage afin de solder le contentieux opposant depuis 1993 le crédit lyonnais au sulfureux homme d’affaire et ex ministre de la ville sous Mitterrand, Bernard Tapie. La justice française enquête sur le bien fondé du recours à l’arbitrage décidé par Christine Lagarde, ministre des finances lors des faits.

Des histoires du genre, il y’en a par dizaines à travers tous les continents. Dans les pays où la justice est respectée et fait force de loi.

On a assisté stupéfait à l’affaire de l’ex patron du FMI, menotté et malmené par la suite par la justice américaine. On avait déjà contemplé la gêne de Bill Clinton sommé par un procureur indépendant d’avouer son parjure devant les caméras de télevision.

Revenons sur nôtre terre. L’avocat de Chouaîb Oultache, assassin présumé de Ali Tounsi ex patron de la DGSN, balance la semaine passée un scood judiciaire en pointant ses accusations sur Noureddine Yazid Zerhouni, ex ministre de l’intérieur et taxé de membre du « clan présidentiel ». Effet? Aucun chez la classe politique.

Une affaire banale? Sûrement pas. Le défenseur d’Oultache ne peut s’aventurer à pointer du doigt l’ex homme fort de la troupe à Boutef. Les accusations sont gravissimes. L’ex ministre de l’intérieur se trouvait au bureau de Ali Tounsi avant l’arrivée du procureur le jour du drame. Pis encore, il serait sorti du bureau selon l’avocat avec un dossier sous le bras. Et pour clore ce festival de faits bizarres, il révèle que des sacs d’argent ont « été sortis du bureau du bureau de Ali Tounsi en présence de Zerhouni sur les lieux ». Qui dit mieux?

Sous d’autres cieux, le parquet déclenche une information judiciaire complémentaire et distincte du dossier du meurtre.

En Algérie, personne ne réagit, ni l’actuel ministre de la justice, ni le premier ministre, et il ne faut pas s’attendre à voir le président de la république prendre une quelconque décision. Un pouvoir dénaturé par les compromis occultes et les connivences criminelles ne peut agir dans le sens de la loi et de la justice.

Les déclarations de l’avocat portent une orientation mafieuse vers Zerhouni et nul n’est prié de s’expliquer, ni de donner des clarifications sur cette accusation. C’est l’illustration même d’une Algérie pays sans vérité où les actes criminels liés au politique demeurent enrobés dans le l’opacité et le mensonge.

On nous sort alors le dossier Khalifa Bank, en pleine tempête médiatique sur l’affaire Sonatrach II, affaire qui risque de mener Chakib Khelil, ex ministre affilié lui aussi au « clan Bouteflika » droit chez un juge suisse, canadien ou italien, ou chez les trois même. De la poudre aux yeux. Que le dossier Khalifa soit revu au tribunal dès le 02 avril ou qu’il soit enterré, rien n’éclabousera les vrais tenants du scandale. Sauf si le régime décidé à lutter pour sa survie,sacrifiera quelques jetons de plus pour laisser croire que la politique judiciaire a changé vers le mieux. Verra-ton Sidi Said patron de l’UGTA sous les verrous par exemple? Le temps nous le dira. On avait bien vu la fin de l’ex sécrétaire général du MDN sous Chadli, Mostefa Belloucif, non? Devant des juges militaires.

A propos du clan présidentiel justement, l’ex ministre de l’énergie cité dans l’affaire Saipem Sonatrach dans le volumineux dossier du parquet de Milan, est invisible ces dernières semaines, injoignable même.

Le dernier rapport annuel de Sonatrach pour l’année 2011, bien qu’il comporte des incohérences significatives aurait dû pousser nôtre justice à ouvrir une enquête approfondie sur le cas Sonatrach.

Khelil gérait en main de fer Sonatrach et avait failli ruiner le pays en proposant sa « fameuse loi sur les hydrocarbures » si ce n’est l’intervention personnelle d’Hugo Chavez, président du Vénezuela qui avait alerté sur le danger attendu si la dite loi serait mise en application.

Khelil et Sonatrach avaient même spéculé avec l’argent du pétrole en plaçant des sommes considérables dans les Hedge Funds. Du jeu de poker dans l’industrie pétrolière, du jamais vu dans la gestion d’une entreprise qui s’autoproclamait au dessus de tout soupçon.

Pire encore, ce même Khelil et Sonatrach, attendront le déclenchement de la crise des Suprimes aux USA pour revendre ces « célèbres Hedge Funds ». Selon bon nombre d’économistes à Wall Street, au moment de la crise 2008, les Hedge Funds détenaient plus de 80 % des tranches les plus risquées. Mieux, ils se sont trouvés au coeur de la crise avec plus de 1400 milliards de dollars de détention de tranches. Pourquoi Khelil a-t-il attendu 2008 pour revendre ces Hedge Funds pourtant touchés par la crise dès mai 2007 avec la faillite d’UBS Dillon Reed Capital Management, Bear Stearms High Gride et autres?

Et surtout, pourquoi Khelil et Sonatrach n’ont pas détaillé ce dossier. A combien ont-ils acheté ces hedge funds et à combien les ont-ils revendu? Combien ont-il perdu et qui les a acheté?

Avec sa posture de ministre de César, Khelil avait oublié qu’il n’était qu’un pion parmi les pions du décor.

Aujourd’hui, son premier allié, à savoir Bouteflika, le lâche et s’en lave les mains bien qu’il a laissé faire malgré les sons d’alertes lancés par ci par là par des économistes, des journalistes et des spécialistes du secteur de l’énergie. Bouteflika ne peut dire aujourd’hui qu’il n’était pas au courant que le navire Sonatrach chavirait sous l’ère Khelil.

Comme il ne peut dire que l’affaire de l’autoroute est-ouest (classée parmi les 5 plus coûteuses au monde) est passée sous ses yeux.

Pour seulement deux affaires, Saipem et Autoroute est-ouest, plus de 500 millions de dollars de pots de vin ont été versés aux véreux responsables algériens impliqués dans ces dossiers. Un demi milliard de dollars. Record à battre.


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