DzActiviste.info Publié le ven 7 Juin 2013

Souvenir de la terre…et des temps passés

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C’était vers la fin du printemps. Il ne faisait pas encore très chaud. Il y avait de l’air frais. Ces journées d’avant les chaleurs suffocantes sont toujours, par ici si appréciées. On aidait à construire la maison de mon frère. Feu mon père aimait tenir compagnie aux ouvriers. Les deux journaliers creusaient des trous, armés des pioches et pelles ; j’aidais à déblayer, avec des seaux usagés. On ne parlait presque pas. Qu’utilement, à demander quelque chose. On n’était pas éreinté, les ouvriers bossaient à leurs rythmes. Parfois des perles de sueur sur leurs fronts. Qu’ils essuyaient, de temps à autre, avec les pans de leurs vestes.

Midi venait. Ils s’asseyaient au bord des trous, après juste avoir rincé leurs mains. Ils sortaient de leurs sacs des bouts de pain et des portions de fromages. Ils mangeaient, leurs maigres repas. A un rythme lent, leurs mains portaient le bout de pain à leurs bouches, tantôt un bout de fromage, en le sortant de son enveloppe.

Je tirais sur ma cigarette. Sans sentir vraiment ce que je fumais. J’enviais leur gourmandise, d’apprécier vraiment leur moment de repos. Quel amputé du cœur et de la raison, ne leur envierait pas tous ces moments ?
Je savais aussi vaguement, que les journées seraient à l’avenir de beaux souvenirs et que les moments d’aujourd’hui seront encore regrettés demain. C’est presque toujours comme cela…
Il m’arrive aussi de me souvenir, encore avec beaucoup d’émerveillement, beaucoup de nostalgie, de tout ce que l’on faisait, inconsciemment, durant notre enfance, comme le faisaient sûrement tous les algériens retrouvés, aux lendemains de la guerre. Toujours avec des pointes de regrets, en répétant avec des pointes au cœur, un sourire timide : « c’était oui ! Oui ! c’était le bon temps… te rappelles tu ?… »
Oui ! Oui ! c’était la même chose chez nous…

« __ Dis, te souviens tu de notre maison, l’été venu on se réunissait tous ensemble, à remplir dans la cour des bassines. On s’amusait dans le vacarme de nos cris d’enfants. C’était ainsi chez beaucoup de famille d’Algérie, même lorsque on habitait si prés de la mer et même … il y avait toujours ces jeux à se lancer de l’eau..

S’il n’y avait pas de moyens, on ne s’en souciait pas. On avait beaucoup de temps, tout le temps pour nous durant de longues, très longues journées, dans les joies innocentes et les convivialités…Il y avait beaucoup d’espaces et, l’on voyait toujours le ciel…

Boghni le 7/06/2013
Amokrane Nourdine


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