DzActiviste.info Publié le dim 20 Oct 2013

Sur les réseaux sociaux Blogueur incarcéré et probables poursuites contre un journaliste : retour de la dictature ?

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Lilia Oufella
TSA 20 octobre 2013

1377117_10200565642684216_379113443_nAprès le jeune blogueur algérien incarcéré pour avoir publié des photomontages sur Facebook brocardant le Président et le Premier ministre, c’est le chroniqueur d’El Khabar, Saad Bouokba, qui risque d’être poursuivi en justice par le ministère de la Défense après avoir publié un article sous le titre « Avons-nous besoin d’une expertise internationale pour organiser des funérailles ? ».

Sur les réseaux sociaux, un bon nombre d’internautes dénoncent ces deux actes qui portent atteinte à la liberté d’expression en Algérie.

Mobilisation pour libérer Abdelghani Aloui.

L’affaire du jeune blogueur de 24 ans continue de susciter une forte mobilisation sur les réseaux sociaux. Deux pétitions ayant pour objectif de libérer Abdelghani Aloui circulent sur Facebook et Twitter. La première, initiée par la militante des droits de l’Homme Amel Chekkat, sous le titre « Libérez le blogueur Abdelghani Aloui !!! », a rassemblé 428 signatures. « Au nom de la liberté d’expression, un droit censé être inaliénable, nous citoyens indépendants, demandons la libération immédiate d’Abdelghani, comme nous demandons aux autorités algériennes, de respecter les principes et les valeurs démocratiques », lit-on sur la pétition.

La deuxième a été lancée par le bloggueur Samir Hchicha sous le titre « Pétition contre l’incarcération arbitraire du blogueur Abdelghani Aloui » et compte actuellement 49 signatures. Il a également lancé une action pour mobiliser les avocats algériens afin de défendre le jeune blogueur. Samir Hchicha a déjà réussi à rassembler 8 avocats autour de cette action.

Le journaliste Fayçal Métaoui trouve l’incarcération de Aloui « scandaleuse ». Il écrit sur Twitter : « L’incarcération du blogueur algérien Abdelghani Aloui est scandaleuse. Le silence qui l’entoure est honteux ! ». Sidibé ne comprend pas pourquoi on ne peut pas critiquer un président dans un pays démocratique. « Qu’on le libère. Elle se situe où la démocratie si on ne peut pas critiquer le Président ? Même Obama, Hollande et Poutine sont critiqués », a-t-il déploré sur Twitter. Pour Abu Calypse, « Abdelghani Aloui n’est pas un blogueur mais un gars de 24 ans qui a des positions pas très pertinentes sur internet, comme des milliers d’autres ».

Dalila demande, sur Facebook, l’acquittement immédiat du jeune blogueur. « Que ce jeune soit acquitté le plus vite possible ! Sinon ils devront tous nous emprisonner ! La prison ou la mort ne fera peur à personne ! », écrit-elle. Ana se demande également sur Facebook comment des terroristes et des violeurs ont été amnistiés et pas le jeune blogueur de 24 ans pour avoir publié des caricatures. « Difficile de comprendre l’acharnement que subit ce jeune homme. Souhaitons que justice lui soit rendue proportionnellement aux faits qui ne sont finalement pas si graves », espère Leila.

Un retour aux années 1990 ?

Après le communiqué publié par le ministère de la défense dans lequel il indique qu’il « se réserve le droit de poursuites judiciaires » contre le journaliste d’El Khabar, les internautes dénoncent une atteinte à la liberté de la presse et affichent leur inquiétude quant au retour de la censure. « Et la liberté d’expression ? » s’interroge Ali sur Facebook.

« Le chapitre liberté d’expression est à ses dernières heures de gloire dans ce pays ! » déplore Zed. Pour Franck un tel acte signifierait le retour à la dictature. « Pourquoi déposer plainte ? Il n’y a rien de plus stupide que cela. On revient à l’ère Boumediene et à la dictature, non et non ! » a-t-il souligné sur Facebook. Hich Em se demande si El Khabar sera censuré comme « Le Matin » et « Mon Journal ». « On est dans une pays démocratique non ? Liberté d’Expression ça vous dit quelque chose ? » s’indigne Mounir. Pour Toufi, « 1990 c’est pour bientôt ».

Pour Brahim la réaction du ministère de la défense traduit sa faiblesse. « Malheureusement c’est une grande faiblesse du ministère de réagir ainsi », regrette-t-il sur Facebook. Baki 7our Mansour pense sur Twitter que « le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major et vice ministre de la défense nationale… est très susceptible ».

« Un bloggeur en prison, un journal qui subit des pressions et on dit que la DRS a été démantelée et que l’état d’urgence n’est plus d’actualité », souligne Amn sur Facebook.


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