DzActiviste.info Publié le dim 13 Jan 2013

Survol du territoire national par des avions militaires français. L’étrange silence du gouvernement algérien

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Merouane Mokdad
TSA 13 01 2013

survolLes Algériens viennent d’apprendre que les avions militaires français qui bombardent les bastions islamistes au Mali ont survolé le territoire national. « L’Algérie a autorisé sans limite le survol de son territoire aux avions français », a annoncé ce dimanche 13 janvier en fin de journée, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. L’information n’a donc pas été donnée à Alger par le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci, ou par le Premier ministre Abdelmalek Sellal ou encore par le ministre délégué à la Défense nationale Abdelmalek Guenaïzia.

Pourquoi le gouvernement algérien, si attaché habituellement à la souveraineté nationale, n’a‑t‑il pas pris soin de communiquer cette information stratégique à la population ? Et pourquoi aucun responsable n’explique‑t‑il la nouvelle position algérienne sur le dossier malien ? Le mépris est total !

Alger était pourtant hostile à l’intervention de l’Otan en Libye pour déloger les milices d’El Kadhafi en 2011, partant de sa position doctrinaire de refuser l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures des autres pays. Et c’est au nom de cette doctrine qu’Alger a donné l’impression de défendre l’idée d’une solution politique négociée à la crise malienne pour éviter l’intervention militaire non africaine.

Autoriser le survol d’avions militaires pour bombarder un autre pays signifie que l’Algérie a complètement abandonné sa doctrine de base et qu’elle cautionne désormais l’intervention militaire étrangère au Mali, ou même ailleurs. Ce brusque et important changement de position est curieusement entouré d’un lourd silence de la classe politique algérienne. Les partis tels que le FLN, le RND ou le PT, qui avaient pourtant prévenu contre « la présence de troupes étrangères à nos frontières sud », sombrent dans un profond mutisme. Idem pour les partis de l’opposition. Le traitement militaire de la crise malienne imposé par la France, ancienne puissance coloniale, État membre de l’Otan, fait‑il à ce point consensus à l’intérieur du pays ? Le ministère des affaires étrangères, qui a qualifié la France de « puissance amie », s’est contenté d’une seule déclaration, par la voix de son porte‑parole.

Pourtant, l’évolution rapide de la situation sur le terrain opérationnel impose aux responsables algériens une présence permanente sur le terrain de la communication pour au moins expliquer les positions officielles à la population et tenter de convaincre les Algériens. Mais visiblement, pour la crise malienne comme auparavant pour les révoltes des peuples tunisien, libyen et égyptien contre les dictatures, les autorités algériennes reconduisent les mêmes erreurs. Et bien entendu, il ne faut pas compter sur la chambre basse du Parlement, avec la composante que l’on sait, pour provoquer un débat national sur la gestion catastrophique du dossier malien par la diplomatie algérienne.


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